Reproduction : La fertilité perturbée par un contexte défavorable en 2007 et 2008

Franck Mechekour

Malgré des progrès sur la voie génétique, le taux de réussite à l'insémination a été perturbé en 2007 et 2008 en Montbéliarde, Normande et Prim'Holstein par des phénomènes conjoncturels comme la FCO.

Alors que la dégradation de la fertilité s'était stoppée depuis 2004-2005, la tendance est repartie à la baisse lors des campagnes 2007 et 2008. Le constat est d'autant plus surprenant que sur « le plan génétique, les générations de vaches les plus récentes présentent de meilleures aptitudes fertilité que leurs aînées », d'après le Bilan de fertilité des trois principales races laitières. Cette étude réalisée par l'Institut de l'élevage, l'Inra et l'Unceia concerne les races Montbéliarde, Normande et Prim'Holstein et porte sur la période 1999-2008.
Comment expliquer cette contre-performance ? D'abord, l'analyse des données statistiques montre clairement l'impact négatif de la fièvre catarrhale ovine (FCO) en 2007 dans le Nord-Est de la France. Les résultats de reproduction sont généralement moins bons dans ce secteur géographique que dans l'Ouest, mais l'apparition de la FCO a creusé l'écart.

La FCO et les évolutions du prix du lait ont perturbé les résultats de reproduction en 2007 et en 2008, et finalement masqué les progrès réalisés dans ce domaine sur le plan génétique. (F. Mechekour)

La FCO et les évolutions du prix du lait ont perturbé les résultats de reproduction en 2007 et en 2008, et finalement masqué les progrès réalisés dans ce domaine sur le plan génétique. (F. Mechekour)

La FCO a dégradé la fertilité jusqu'à 5 points

« Les différences régionales résultent classiquement d'une combinaison de facteurs tels que la race dominante, la proportion de génisses, la saisonnalité, les systèmes alimentaires… », précise Pascale Le Mézec, du département génétique de l'Institut de l'élevage. Globalement, les résultats sont moins bons « dans les zones à dominante Prim'Holstein où le troupeau se renouvelle moins et où les inséminations sont réparties toute l'année. Les niveaux d'intensification ont aussi leur part de responsabilité dans ces différences. »
En 2007, la FCO a causé une baisse supplémentaire du taux de réussite proche de 5 % dans les régions les plus touchées par rapport aux mêmes périodes de 2006.
En 2008, les écarts de réussite à l'insémination entre les deux régions sont revenus « vers leur niveau de comparaison habituel » sans pour autant atteindre leurs niveaux antérieurs respectifs. La conjoncture (hausse du prix du lait puis baisse sévère, rallonge de quota) qui a conduit à conserver des femelles normalement destinées à la réforme est en effet venue s'ajouter à l'effet FCO pour perturber les résultats de reproduction.

Source Réussir Lait Elevage Janvier 2011

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