Revenus 2007 : Des écarts importants entre systèmes laitiers

Annick Conté

L'Institut de l'élevage a évalué l'impact des conditions de production de 2007 sur le revenu à partir de 27 cas types(1) bâtis à partir des Réseaux d'élevages.

« L'année 2007 a été marquée par l'envolée du prix des céréales qui profite surtout aux
systèmes polyculteurs », souligne l'Institut de l'élevage. Malgré la baisse des rendements,
la flambée des cours a été telle que le produit « cultures » augmente partout de l'ordre de 40
% à 45 %.
À cet effet « prix des céréales », se rajoute un effet volume de lait lié aux allocations
exceptionnelles de fin de campagne. « La hausse du prix du lait permet en général aux
spécialisés de compenser la hausse des charges (concentrés, engrais, énergies),
constate l'Institut. Nos systèmes-types affichent une hausse de l'ordre de 7 % en moyenne
sur l'année 2007, à l'exception des zones AOC de l'Est. »
Au « mieux », le prix du lait s'est maintenu dans cette région (Comté et Beaufort) ; le prix du
lait des IGP Tomme et Emmental a même baissé de 11 euros pour 1000 litres. Par ailleurs,
l'excès de pluviométrie a pénalisé la qualité et l'ingestion des foins qui constituent la quasi-
totalité des stocks des systèmes des montagnes de l'Est. La production au pâturage a
aussi souffert du climat. Les livraisons sont donc en baisse de 1 % en Franche-Comté et
de 3 % dans les avant-pays de Savoie.



Année difficile pour les zones AOC de l'Est

Au final dans les montagnes de l'Est, l'excédent brut d'exploitation (EBE) chute en 2007 de 5
% à 9 % suivant les systèmes. Il est également en baisse dans les systèmes herbagers
double troupeau du Massif central (- 3 %). En Auvergne, la collecte a aussi baissé de 2,4
%.
Par contre, dans les autres régions, l'EBE progresse dans tous les systèmes étudiés à
l'exception des systèmes herbagers des Pays de la Loire (- 3 %) et de Bretagne (- 1 %),
pénalisés eux aussi par des récoltes de fourrages difficiles. La progression de l'EBE varie
de + 3 % jusqu'à + 21 % suivant les cas types. Ceux qui s'en sortent le mieux sont les
polyculteurs ; les spécialisés maïs de l'Ouest se situent dans une fourchette de + 8 % à +
13 %.
Une analyse des revenus disponibles sur la période 2001-2006 montre par ailleurs que
l'écart s'accentue entre la plaine et la montagne. Si les systèmes spécialisés de plaine et les
polyculteurs s'en tirent avec un résultat en hausse de 30 % en six ans, les spécialisés de
montagne et ceux pratiquant l'agriculture biologique voient leur revenu disponible par unité
de main-d'oeuvre non salariée baisser de 5 % à 10 %. Tandis que les systèmes mixtes lait
et viande bovine affichent une évolution intermédiaire.


« Les systèmes bovins laitiers en France - repères techniques et économiques » - mars 2008.

(1) Les « cas-types » ne résultent pas de la moyenne des résultats d'un groupe de fermes,
mais d'une modélisation qui vise un optimum réalisable par la plupart des éleveurs.

Source Réussir Lait Elevage Juin 2008

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