Saint-Brieuc : Les salariés de Néolait dans la rue

Environ 160 salariés de l'entreprise Néolait (alimentation animale) ont manifesté mercredi matin à Saint-Brieuc pour réclamer une rencontre avec le propriétaire néerlandais de leur entreprise, qu'ils veulent racheter pour sauver son identité.

« La situation est bloquée, nous manifestons aujourd'hui pour demander au propriétaire de revenir autour de la table des discussions », a expliqué Loïc Jauneau, du syndicat CGC-CFE Agro, alors que les salariés coiffés de casquettes bleues ou rouges scandaient « Néolait aux salariés ».

En novembre 2009, la direction avait proposé aux salariés de faire une offre de rachat de Néolait via un RES (Rachat d'entreprise par les salariés) a expliqué à l'AFP l'un des manifestants, Bernard Humbert, directeur exploitation. Mais les deux offres de rachat faites par les salariés ont été depuis rejetées par le propriétaire de Néolait, le groupe néerlandais Provimi appartenant au fonds d'investissement Promira.


388 salariés prêts à entrer dans le capital

Le directeur général de Néolait Paul (BIEN: Paul) Cuenca a estimé de son côté que la proposition des salariés restait « inférieure de 40 à 50% aux attentes de l'actionnaire ». « Provimi n'a jamais envisagé et n'envisage pas davantage aujourd'hui, ni de céder Néolait, ni de délocaliser quelque site de production que ce soit, ni de supprimer un seul emploi », a ajouté Néolait dans un communiqué.

M. Cuenca a indiqué que Néolait était une entreprise « en forte croissance », « leader en France sur son marché », et dont le chiffre d'affaires (70 millions d'euros) avait augmenté de 50% depuis le rachat par Provimi il y a six ans.

Selon les salariés, dont une partie était en grève mercredi, 374 d'entre eux, sur les 388 que compte l'entreprise, sont prêts à entrer dans le capital en achetant des actions à 100 euros la part. Suffisamment pour réunir 5,6 millions d'euros leur permettant d'être majoritaires dans le cadre du RES et pour racheter l'entreprise dont la valeur est évaluée à plus de 40 millions d'euros.

Mais selon la direction de Néolait, « l'éventuelle structure capitalistique présentée » par les salariés « démontre que c'est un pool de banques et d'investisseurs non identifiés qui détiendrait l'écrasante majorité du capital » de l'entreprise. « Un tel montage mettrait en péril l'avenir de l'entreprise, ses investissements et ses emplois », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Néolait compte aujourd'hui trois sites: son siège à Trégueux
(Côtes-d'Armor) et deux unités de production à Yffiniac (Côtes-d'Armor) et Baudrières (Saône-et-Loire).

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