Sébastien Duroy, Institut de l'élevage (1) : Faciliter le travail grâce à l'identification électronique

Propos recueillis par Costie Pruilh

L'expérimentation sur l'identification électronique vise à valoriser cette technologie dans le cadre de l'identification officielle, pour faciliter le travail de la filière bovine.

Quels sont les objectifs de l'expérimentation sur l'identification électronique ?

Sébastien Duroy - Plusieurs acteurs de la filière bovine française expérimentent depuis
l'automne 2007 l'identification électronique chez les bovins. Ce vaste programme, co-
financé par le ministère de l'Agriculture, est conduit sous forme de sept projets régionaux(2)
; 250 éleveurs et leurs 63 000 bovins y participent, ainsi que vingt-deux EDE, trois
coopératives d'insémination, trois contrôles laitiers, six contrôles bovin croissance, six
éditeurs de logiciel de gestion de troupeau, douze groupements de producteurs et leurs
centres d'allotement, douze abattoirs, des fabricants d'automatisme (DAC, robot…), etc.
L'objectif de ce programme est non seulement de vérifier que l'outil est adapté aux
contraintes de notre système d'identification, mais aussi de permettre une valorisation de
l'identification électronique officielle, au bénéfice des éleveurs et des autres opérateurs de la
filière.






Sébastien Duroy, de l'Institut de l'élevage. (DR)

Sébastien Duroy, de l'Institut de l'élevage. (DR)

Comment fonctionne l'identification électronique ?

S. D. - Pour l'identification électronique bovine, la France a choisi de travailler à partir d'une
boucle auriculaire. Une puce électronique est intégrée à une boucle. La puce est lue à distance
(jusqu'à 40 à 90 cm), par un appareil de lecture — fixe ou portable. Cet appareil peut être un
simple relais qui envoie les numéros d'identification vers un ordinateur qui exploitera
l'information. Mais il peut aussi utiliser l'information directement pour commander des portes de
tri, distribuer du concentré, déclencher une traite séparée…

Quels sont les bénéfices potentiels pour les éleveurs et le reste de la filière ?

S. D. - Pour l'éleveur, la gestion du troupeau peut être facilitée, avec des transmissions
d'informations directes. Si les automates (DAC, robot…) sont adaptés pour lire la puce
électronique, il n'a plus besoin de système d'identification électronique spécifique, type
collier, pour ses vaches. Les pesées peuvent être automatisées. Les opérations de
contrôle laitier sont facilitées : liaison automatique entre le numéro d'identification et les
informations de traite concernant l'animal. En aval, les contrôles de cohérence animal-
passeport peuvent être automatisés, ainsi que les pesées et opérations de tri.
La valorisation de l'identification électronique permet donc de gagner du temps, et de faire
moins d'erreurs. La traçabilité y gagne.




Où en est l'expérimentation et que reste-t-il à faire ?

S. D. - Il a d'abord fallu intéresser les opérateurs à l'identification électronique et à ses
applications. Puis il a fallu analyser leur organisation du travail pour s'adapter à leurs
besoins, et ainsi démocratiser l'outil. Par exemple, si la lecture des numéros se fait sur des
animaux en mouvement dans un couloir, l'utilisation d'un lecteur fixe peut être
recommandée. En revanche, si l'opérateur est obligé de se déplacer, un lecteur portable
semble plus approprié. Il existe diverses solutions matérielles pour une même
problématique.
Aujourd'hui, tous les opérateurs ont pris conscience des potentialités de cette technologie,
mais ils sont plus ou moins avancés dans sa connaissance. Des lecteurs fixes ont déjà été
posés en abattoir, salle de traite, centre d'allotement, sur des cages de pesée… Certains
fabricants de DAC, DAL, robot, salle de traite adaptent déjà leurs matériels à l'utilisation de
boucles électroniques.
Il reste à adapter les logiciels, les portails internet, les systèmes d'information… Et à tester
la circulation et la valorisation des informations. Les travaux devront être rendus à
l'automne 2009.



(1) Sébastien Duroy, de l'Institut de l'élevage, travaille au service Systèmes d'information,
identification et traçabilité animale. Il est coordinateur et chef de projet Identification
électronique des bovins.

(2) Les Pays-de-la-Loire, la Bretagne et la Lorraine mènent des actions pour la filière laitière.

(2) Les Pays-de-la-Loire, la Bretagne et la Lorraine mènent des actions pour la filière laitière.

Source Réussir Lait Elevage Mai 2008

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