Sélection : La génomique au secours de la fertilité

Franck Mechekour

En détectant des morceaux de chromosomes favorables à la fertilité des vaches chez leurs deux parents, la SAM apportera un sérieux coup de pouce à l'amélioration de ce critère.

La sélection assistée par marqueurs génétiques (SAM) offre des perspectives extrêmement intéressantes pour améliorer la fertilité des vaches laitières et tout particulièrement pour la race Prim'Holstein où la dégradation de la fertilité a été la plus forte. Pour les programmes de sélection, la SAM de deuxième génération (SAM 2) mise en oeuvre par l'Inra et l'Unceia, et utilisée en France depuis octobre 2008, permet en effet « d'évaluer la fertilité transmise par les taureaux à leurs filles avec la même précision que le testage sur descendance », indique Patrice Humblot, directeur scientifique de l'Unceia. Avantage non négligeable pour les années à venir, la précision de l'index SAM calculé pour les femelles devrait être « équivalente à celle des taureaux ». Autrement dit, on disposera dans les élevages et pour les schémas de la même qualité d'évaluation génétique chez les mâles et les femelles, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Nouveaux critères de fertilité

Le progrès génétique est d'autant plus important que la SAM réduit l'intervalle de génération. La génomique pourrait donc donner un sérieux coup d'accélérateur aux progrès réalisés sur la fertilité. Pour profiter au mieux du potentiel de la sélection génomique, les recherches doivent cependant se poursuivre. « Afin de mieux connaître les animaux, ou à terme les embryons, qui seront retenus dans les programmes, nous avons besoin de phénotyper les parents plus précisément à partir de nouveaux critères de fertilité », souligne le scientifique. Par exemple, « pour caractériser les femelles en élevage, en cas de non-gestation, nous ne savons pas actuellement faire la différence entre les cas de non-fécondation et les cas de mortalité embryonnaire très précoces soumis à un déterminisme génétique probablement différent ». Des progrès similaires devraient être réalisés dans différentes directions pour d'autres caractères pour mieux caractériser les animaux qui serviront de base de référence à cette sélection. En outre, cette connaissance et les recherches en génomique permettront aux programmes de sélection d'intégrer plus de marqueurs génétiques ayant un rôle sur la fertilité des vaches.

Génotypage des embryons

Enfin, le génotypage des embryons, lorsqu'il sera possible, pourrait permettre selon Patrice Humblot, « d'accélérer les progrès génétiques en augmentant la pression de sélection (par la production d'un plus grand nombre de candidats sélectionnés avant transfert) tout en diminuant l'intervalle de génération ». L'intensité du progrès sera cependant fonction de l'importance accordée à la fertilité dans le tri des embryons, sachant que les critères indexés seront de plus en plus nombreux.

Source Réussir Lait Elevage Avril 2009

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