Semis de maïs : Quand deux variétés font la paire

Emeline Bignon

Semis bi-variétés. Si elles sont bien assorties, deux variétés de maïs semées côte à côte font parfois mieux qu'une. À la fois en rendement et en qualité.

Depuis 2007, la coopérative Terrena mène des essais pour semer des associations de deux variétés de maïs au lieu d'une seule. Ces travaux, qui s'inscrivent dans la démarche de l'agriculture écologiquement intensive, ont notamment été présentés lors des Terrenales 2010. « L'idée est partie d'une demande d'éleveurs qui cherchaient davantage d'homogénéité et de régularité dans la qualité du maïs fourrage tout au long de l'avancement du silo, indique Éric Sauvage, du service agronomie de la coopérative. Les variétés présentent des caractéristiques alimentaires différentes et le passage d'une variété à l'autre dans le silo, sans transition, peut entraîner des soucis d'ordre métabolique sur le troupeau. « En semant un couple de variétés complémentaires sur le plan nutritionnel, ce risque se montre plus limité », poursuit le technicien.
La technique assure aussi aux éleveurs une régularité de rendement. « On vise une complémentarité agronomique en associant par exemple une variété résistante aux conditions climatiques difficiles (stress hydrique, froid) à une autre plus productive. » Les deux variétés sont semées en alternance rang par rang. « Nos essais pluriannuels montrent une légère amélioration du rendement (2 à 3 % en général), surtout en conditions difficiles. Par exemple, l'an dernier, avec le stress hydrique, le gain a pu atteindre 6 à 7 %. »

Associer deux variétés de maïs au semis peut apporter un plus dans la régularité du rendement et de la qualité du fourrage. Mais tous les binômes ne sont pas probants. (DR)

Associer deux variétés de maïs au semis peut apporter un plus dans la régularité du rendement et de la qualité du fourrage. Mais tous les binômes ne sont pas probants. (DR)

Ne surtout pas se lancer à l'aveuglette

C'est avant tout l'objectif de complémentarité nutritionnelle qui guide le choix des bînomes variétaux. « Nous cherchons le meilleur compromis possible entre la digestibilité des fibres et la vitesse de dégradabilité de l'amidon, avant de valider le comportement de l'association d'un point de vue agronomique », note Éric Sauvage. Parmi les couples variétaux testés, un sur deux répond positivement en rendement. Pour certains, l'expérience ne se révèle pas concluante et la perte de productivité peut s'élever à 15 % ! La prudence est donc de mise. « Sur le terrain, on rencontre couramment des exploitants qui testent eux-mêmes grandeur nature l'association de deux ou trois variétés de maïs, témoigne Anthony Langlois de la chambre d'agriculture du Calvados. Il peut y avoir de mauvaises surprises. Je déconseille de se lancer dans cette technique sans essais préalables. »

Maintenir des indices de précocité compatibles

D'autre part, les indices de précocité doivent rester assez proches pour maintenir des stades de maturité cohérents à la récolte. « Dans les conditions propres aux Pays de la Loire, mieux vaut se limiter à 10-15 points d'écart maximum », préconise Terrena. La technique nécessite aussi une compatibilité agronomique afin de limiter la concurrence entre les variétés associées, vis-à-vis du sol et de l'exposition solaire. Le type de port (dressé ou retombant), la taille, la dynamique de montaison, la dynamique d'enracinement et d'assimilation de l'azote, etc. sont autant de critères à prendre en compte pour un mariage réussi.

Source Réussir Vigne Avril 2011

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