Station expérimentale de Trévarez : Premier bilan du parc stabilisé d'hivernage

Emeline Bignon

Si le parc stabilisé d'hivernage est adapté pour les génisses et les vaches taries, le bilan apparaît plus mitigé pour loger des vaches en lactation.

Après deux années de mise en service, le parc stabilisé d'hivernage de la station expérimentale de Trévarez dans le Finistère livre son premier bilan. Cette technique inspirée des aires d'hivernage irlandaises appelées « stand off pad » n'est autre qu'un couchage sans toit, composé de 40 à 50 cm de copeaux posés sur un gravier (20/40), le tout protégé par un géotextile avec des tuyaux de drainage positionnés tous les cinq mètres.
Les premiers résultats de l'essai affichent un bilan en demi-teinte, notamment pour les vaches en lactation. « Ce type de couchage n'est pas conseillé si les vaches sont présentes jour et nuit sur le couchage, considère Yvon Sèité, des chambres d'agriculture de Bretagne, en charge de l'essai. Les risques se montrent notamment élevés vis-à-vis de la qualité du lait. Si les laitières restent sur le parc en permanence, la propreté des mamelles a tendance à se dégrader au bout de dix jours après curage. Il est toutefois possible d'envisager ce mode de logement si les vaches sortent au pâturage en journée chaque fois que les conditions climatiques le permettent. »

Le parc stabilisé d'hivernage de la station de Trévarez accueille cette année des génisses. (DR)

Le parc stabilisé d'hivernage de la station de Trévarez accueille cette année des génisses. (DR)

Copeaux ou paille

La première année de l'essai, le parc a été testé par des vaches en début et en fin de lactation. Elles restaient dans le parc nuit et jour. Des apports réguliers de copeaux étaient réalisés d'abord une fois toutes les deux semaines puis une fois par semaine. « Les copeaux offrent une litière confortable, mais coûtent plus cher que la paille, observe le technicien. De plus, l'épandage et la dégradation dans le sol apparaissent plus difficiles. » Le couchage s'est colmaté en surface au bout de seulement cinq semaines. « Lorsque les vaches sont en stabulation permanente, la propreté des mamelles se dégrade au bout de dix jours après le curage de la litière. » D'où une augmentation sensible du temps de nettoyage des trayons et une nette dégradation des conditions de travail des vachers.

En deuxième année, le parc a accueilli des vaches taries et des génisses en fin de gestation. La paille a remplacé les copeaux pour l'entretien de surface, avec un apport trois fois par semaine. « Selon les conditions climatiques, il convient d'adapter l'entretien des litières. En période pluvieuse, mieux vaut passer à un paillage quotidien. Et quel que soit le type de litière, il est préférable de viser un curage minimum toutes les cinq semaines. »
Côté lixiviats, des analyses des effluents collectés sous le parc ont été effectuées tous les quinze jours lors des deux hivers. « Ces effluents se sont révélés peu chargés en azote. Ils peuvent intégrer directement une filière de traitement (lagunes, filtres plantés…), sans passer par une filière de décantation. »

Lixiviats collectés

Enfin, au niveau du comportement et du bien-être des animaux, le parc stabilisé n'a pas entraîné de problème particulier. « Au contraire, les vaches présentaient même moins de blessures et de boiteries que dans une stabulation à logettes par exemple. »

Source Réussir Lait Elevage Février 2009

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