Trésoreries exsangues et cours du lait trop bas: Lactalis dans le collimateur des producteurs

Trésoreries exsangues et cours du lait trop bas: Lactalis dans le collimateur des producteurs

"Etranglés" par les cours très bas du lait, les producteurs de l'Ouest ont décidé de faire entendre leur colère lundi soir à Laval, siège de Lactalis, le numéro un mondial des produits laitiers considéré comme "le plus mauvais payeur" parmi les industriels laitiers.

Les producteurs de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire se sont donné rendez-vous pour cette manifestation interrégionale, une initiative des Fédérations départementales des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA, syndicat majoritaire) et des Jeunes agriculteurs (JA). Mais, dès dimanche soir, des actions pourraient avoir lieu dans différents départements. A Laval, les producteurs de lait ont prévu d'occuper lundi un rond-point proche de l'usine Lactalis et de se relayer chaque jour afin "de tenir dans la durée", selon Franck Guéhennec, de la FDSEA du Morbihan.  

Objectif: "faire plier Lactalis". "Il faut que les négociations reprennent" avec le groupe, pour arriver à "un juste prix", disent les responsables syndicaux. Jeudi, Lactalis a dénoncé dans un communiqué le "discours irresponsable" du "syndicalisme agricole", et mis l'accent sur "une crise de surproduction". "Il n'y a qu'en France où le syndicalisme agricole refuse la réalité du marché et s'en prend à une entreprise en particulier, avec un discours irresponsable", déplore le groupe.  

A une quarantaine de kilomètres du siège de Lactalis, la traite des 55 vaches vient de se terminer chez un couple d'agriculteurs qui tiennent à rester anonymes. En contrat avec Lactalis, le couple estime sa perte à "47.000 euros en deux ans". En juillet 2014, le prix d'achat du lait par le groupe laitier était de 363 euros les 1.000 litres, explique-t-il, factures à l'appui. Aujourd'hui, il est tombé à 256 euros.

"Revenir à la raison"  

"A un moment donné, il manque de l'argent. Ne rien dire, c'est dire qu'on est d'accord", se désole l'exploitant de 47 ans. "Le moral n'a jamais été aussi bas et on n'a jamais autant regardé nos comptes", peste le Mayennais qui produit 470.000 l de lait par an. Cet été, il ne s'est pas versé son "salaire de 1.200 euros". "Les agriculteurs ne veulent pas trop admettre qu'ils ne vont pas bien, qu'ils sont endettés, qu'ils vivent des aides sociales", poursuit sa compagne qui a quitté son emploi en 2010 pour s'impliquer dans l'exploitation. Le quotidien du couple s'est dégradé depuis la fin des quotas laitiers en avril 2015 et la chute du prix mondial du lait qui s'en est suivie. Il éprouve "des difficultés à régler les factures, payées en 2 ou 3 fois", "impensable" il y a quelques années.  

Selon le président de la FDSEA de Mayenne, Philippe Jéhan, il faudrait que le prix du lait atteigne 386 euros les 1.000 litres pour qu'un producteur puisse s'accorder un salaire d'un SMIC et demi. "J'espère que Lactalis va revenir à la raison, installer un dialogue avec les représentants laitiers, qu'il écoute les producteurs qui sont à bout", pointe l'agriculteur mayennais qui craint des débordements dans les prochains jours.  La colère gronde tout autant en Bretagne: les 256 euros versés par Lactalis ne valorisent pas la production alors que les agriculteurs sont obligés de respecter un lourd cahier des charges, estiment des producteurs de la région de Vitré (Ille-et-Vilaine) qui eux aussi réclament l'anonymat, tant ils craignent une rupture de leur contrat s'ils portent atteinte à l'image du groupe.  

"Lactalis met en avant le lait français et son savoir-faire dans ses publicités mais on nous paye au prix du lait indien", s'insurge l'un d'eux.   Agé de 35 ans, il s'est vu dans l'obligation d'arrêter d'investir dans son exploitation car "trop endetté". "Heureusement que ma femme assure un revenu fixe en travaillant à l'extérieur", dit-il. "On est dans une situation dramatique", résume Pascal Clément, président de la section laitière de la FRSEA/Ouest. "Et elle continue de se dégrader", alors que "les groupes laitiers ont fait des résultats en très forte hausse l'an dernier". "Sur le dos des producteurs".

Source AFP

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Commentaires 3

unika

Faire la révolution, ça c'est une idée! Mais pour aller ou? BEULIN nous parle de compétitivité depuis des mois.Eh bien aujourd'hui nous payons le prix de cette compétition! En notre absence,la discussion entre NALET et BEULIN mériterait D’être publier!!!Cherchons la performance abandonnons cette notion de compétitivité sans issue, sinon il ne restera que quelques usines à 1000 ou 5000 vaches et beaucoup moins de paysans.

bouille2

les vendéens producteurs chez terra lacta sont dans la meme galère.
Je vous soutiens ça ne peut plus durer comme ça .
Depuis 18 mois il n 'y a plus de revenu et toujours 70 heures de travail pas semaine sans compter le travail le week-end (à coté de nous les gens sont payés à rien faire; et en plus on fait vivre du monde qui continu de s' engraisser sur le monde agricole
à quand la révolution du monde paysan pour montrer nos juste valeur.
On veut juste vivre dignement de notre métier et dans la durée

pipo

ce n est pas que lactalis qui ne paye pas le lait ce sont toutes les laiteries . PREVAL faisait un fromage (saint paulin )en 1984 et payait ses producteurs de lait 0.30Ela tonne de lait avec un taux cellulaire a 750000 et aujourd hui le taux est a 250000 . CHERCHER L ERREUR....

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