Une charte de bon voisinage entre agriculteurs et ruraux

Emeline Bignon - Réussir Lait Décembre 2012

Une charte de bon voisinage  entre agriculteurs et ruraux
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Mieux se connaître pour mieux se comprendre. Tel est l’objectif de la plaquette élaborée par des agricultrices du Nord et des Pays de la Loire. Un moyen de faciliter le dialogue entre les agriculteurs et leurs voisins.

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Les plaquettes élaborées ont été déposées en mairie dans les communes rurales. Elles sont distribuées lors de l’accueil de nouveaux habitants ou à l’occasion de manifestations agricoles tournées vers le grand public.

«Mais d’où viennent ces odeurs ? Ca va durer encore longtemps ce bruit ? Pourquoi salissez-vous les routes ? » Autant de griefs auxquels vous avez sans doute déjà été confrontés… « Avant, tout le monde avait plus ou moins des racines agricoles. Aujourd’hui, les nouveaux arrivants qui viennent habiter à la campagne méconnaissent en général complètement l’agriculture. Certains ignorent même qu’une vache doit faire un veau pour donner du lait… », constate Els Harmsen, éleveuse à Montreuil-Juigné, dans le Maine-et-Loire. Un fossé s’est creusé entre ruraux et agriculteurs, qui partagent pourtant le même espace. « Les relations ont parfois tendance à se détériorer dans les campagnes. Nous avons voulu anticiper les problèmes en créant une charte de bon voisinage », témoigne l’éleveuse. Inspirée d’une démarche similaire menée quelques années auparavant par des agricultrices du Nord, la Commission régionale des agricultrices des Pays de la Loire a conçu une plaquette d’une quinzaine de pages.

« Nos voisins n’ont pas toujours tort, mais nous non plus »

« Nous avons voulu expliquer notre métier et nos pratiques afin de mieux faire comprendre nos contraintes. Ce qui m’a plu dans la démarche, c’est d’ouvrir la discussion. Le dialogue permet souvent d’arranger les choses avant qu’elles s’enveniment. »
« C’est important d’avertir les nouveaux arrivants du milieu dans lequel ils vont habiter, considère Marie-Pierre Petitprez, éleveuse en zone périurbaine à 12 kilomètres de Lille. Les gens qui viennent vivre ici ont soif de tranquillité mais ils font parfois l’apprentissage difficile de la vie à la campagne. »
Si cette charte a vocation à sensibiliser le grand public, elle interpelle également le monde agricole. « La campagne est notre lieu de travail, mais cela ne nous donne pas pour autant tous les droits », reconnaît Els Harmsen. « C’est normal de salir les routes lors des ensilages, mais c’est normal aussi de les nettoyer une fois le chantier achevé ! », poursuit Marie-Pierre Petitprez. La charte propose d’éviter ou de modifier certaines pratiques. Parfois, peu de choses suffisent pour calmer le jeu. « Par exemple, nous avons un champ de six hectares bordé par quatre maisons. Cette parcelle est en pente et lorsqu’il pleut fort, des rigoles se creusent et la terre dévale vers les habitations situées en contrebas. Pour limiter le phénomène, nous ne semons plus le maïs de haut en bas, mais en travers du champ », témoigne Els Harmsen. Éleveur dans le Nord, Amaury Smets est convaincu de l’intérêt d’un dialogue avec ses voisins directs. « J’essaie d’aller à leur rencontre. Je les avertis quand je vais épandre ou traiter, et j’évite au maximum les nuisances le week-end. À force de dialogues, ils prennent conscience de la réalité de notre métier, ce qui les rend plus tolérants quand nous occasionnons quelques gênes. »

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