Une OP Massif central en voie de constitution

P. O.

Claude Bonnet.
Claude Bonnet.

Les producteurs s’organisent pour constituer une OP régionale.

Pour les groupements de producteurs livrant à Lactalis c’est une double avancée qui a marqué la fin du mois d’avril : d’une part avec la convention-cadre par laquelle l’industriel a officiellement accepté de négocier avec des organisations de producteurs (OP) dès lors qu’elles seraient reconnues, et, dans la foulée, avec la parution le 20 avril au Journal officiel, du décret fixant les conditions à la reconnaissance de ces OP. Des OP qui permettent aux éleveurs laitiers de se regrouper afin de discuter des prix du lait et des volumes à livrer à leur collecteur dans le marché libéralisé qui sera en place à partir du 1er avril 2015, sans pour autant enfreindre le droit de la concurrence européen, conformément au Paquet lait européen. Reste une dernière étape pour parachever ce schéma : la constitution effective de ces OP. Un projet sur lequel planchent les trois groupements de producteurs auvergnats livrant à Lactalis : le syndicat des producteurs de lait de la Châtaigneraie, la toute récente association de producteurs constituée sur le secteur de Riom-ès-Montagnes et sa consœur du Puy-de-Dôme. “On a trois structures sur le Massif central mais aucune n’a la capacité à se transformer en OP faute de regrouper les 200 producteurs requis”, explique Claude Bonnet, président du syndicat de Châtaigneraie qui représentait les groupements du Massif central dans le collectif de négociation avec l’entreprise de Laval. Aussi les trois structures projettent de se fédérer en une organisation à l’échelle du Massif central avec un potentiel de 400 producteurs, sans pour autant faire disparaître les groupements existants, jugés essentiels pour “faire passer l’information et conserver un contact local avec les représentants de Lactalis”.

Des OP seules habilitées à négocier

Et Claude Bonnet d’insister sur l’intérêt des producteurs à adhérer à cette OP en cours de constitution : “Le décret reconnaît aujourd’hui les OP comme seules structures ayant capacité à négocier avec Lactalis et l’entreprise elle-même a prévenu qu’elle ne discuterait qu’avec des OP  reconnues”. Les futures organisations de producteurs (qui seront actives au 1er octobre prochain) auront droit au chapitre sur les contrats avec, à tout moment, la possibilité d’en discuter les clauses ; dans l’hypothèse d’absence d’accord interprofessionnel, elles pourront également participer à la fixation des règles de répartition des volumes libérés par les cessations laitières et, toujours dans le cas - non souhaité - de tensions interprofessionnelles, de discuter également du prix du lait. Autre atout d’une OP Massif central : être représenté dans les discussions nationales et pouvoir négocier des dispositifs régionaux. “On voit bien que pour avoir le meilleur équilibre possible avec l’entreprise, il faut avoir des OP régionales et une organisation d’OP au niveau national avec un maximum d’adhérents, sinon la convention n’aura aucune valeur.” D’ailleurs le producteur cantalien rappelle que si des avancées ont été obtenues par rapport à la première version du contrat Lactalis, “c’est qu’en face de l’entreprise, il y avait plus de la moitié des groupements de producteurs représentant trois des cinq milliards de litres de lait que collecte Lactalis”. Aussi, comme ses collègues de Riom et puydômois appelle-t-il les producteurs cantaliens à adhérer à cette future OP qui se veut asyndicale. “On a tout intérêt à ne pas disperser les producteurs en plusieurs OP et à avoir une structuration homogène des OP”, conclut Claude Bonnet.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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