Vaccination FCO : Le bénéfice est supérieur au risque

Annick Conté

Le faible nombre de foyers de FCO déclarés en 2009 et les données de l'épidémiosurveillance plaident en faveur de la vaccination.

Pas moins de 123 millions de doses de vaccins ont été distribuées depuis le lancement de la campagne de vaccçination contre la FCO en mars 2008 ! Cette campagne de vaccination massive semble porter ses fruits, au vu des chiffres de la DGAL(1): 20 000 foyers en France en 2007, 32 000 en 2008 et seulement 82 depuis le début de l'année 2009 (au 30 novembre). Si la vaccination permet assurément de maîtriser le nombre de foyers, qu'en est-il des effets indésirables potentiels des vaccins ? Le directeur de l'Agence nationale du médicament vétérinaire(2), Patrick Dehaumont, a été catégorique sur ce point lors d'une réunion d'information sur la pharmacovigilance des vaccins FCO le 11 décembre dernier : « les données issues de la pharmacovigilance ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins ». Le taux de déclaration signalant des effets indésirables potentiellement liés au vaccin est très faible : seulement 1406 déclarations ont été recueillies depuis le début de la vaccination. Ces déclarations concernent pour la plupart les bovins (86 %, soit 1220) contre 13 % pour les ovins. Elles font pour plus de la moitié suite à des associations de vaccins sérotype 1 et sérotype 8.

Un animal sur 10 000

Dans la très grande majorité des cas, l'Afssa n'a pas pu conclure. Le lien entre l'effet indésirable et la vaccination est considéré comme « probable » pour seulement 9 déclarations ! Il est considéré « possible » pour 20 % des déclarations (300 dont 258 bovines). Dans près de 80 % des cas, il n'a pas été possible de conclure un lien de causalité directe entre les vaccins et l'effet indésirable déclaré, soit par manque d'information, soit parce que les autres causes possibles n'ont pas été recherchées. Le plus souvent, quand le lien a pu être établi, il y avait mort d'un animal (choc anaphylactique) : cela concerne 147 bovins. Et beaucoup moins souvent un avortement ou d'autres signes comme la fièvre, l'abattement... Établir un lien de causalité entre l'avortement et le vaccin est très délicat. Au final en moyenne, l'Afssa estime qu'environ un animal sur 10 000 est susceptible de réagir suite à l'administration d'un vaccin contre la FCO.

Sous-déclaration

Elle reconnaît être confrontée à un problème de sous-déclaration et de qualité des informations remontées. Mais, malgré le faible taux de déclaration et le nombre important de cas où elle n'a pu conclure, « les bénéfices sanitaires liés à la vaccination sont largement supérieurs aux risques qu'elle est susceptible de présenter ».
« Pour la campagne de vaccination 2010, la pharmacovigilance des vaccins FCO reste une priorité. » L'objectif est d'augmenter le nombre de déclarations et d'améliorer la qualité des informations. La télé-déclaration des cas est désormais possible et un guichet unique pour les demandes d'information a été ouvert. L'agence s'engage également à informer tous les déclarants 2009 du résultat de son expertise. Enfin, elle projette de mettre en place avec la DGAL un réseau de vétérinaires « sentinelles » sensibilisés et formés à la pharmacovigilance.
Il reste que la question de la responsabilité de l'État est ouverte face aux effets indésirables liés à une vaccination obligatoire. Les juristes du ministère planchent sur la question. L'Afssa précise que « la pharmacovigilance n'a ni pour objet ni pour effet de se substituer à une expertise civile ou judiciaire dans les éventuelles procédures d'indemnisation ».

 

(1) Direction générale de l'alimentation du ministère de l'Agriculture.
(2) L'ANMV fait partie de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire et des aliments).

Source Réussir Lait Elevage Janvier 2010

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