[Vidéo] Avis d'expert : "le prix du lait va continuer de baisser"

Anne Sophie LESAGE

[Vidéo] Avis d'expert : "le prix du lait va continuer de baisser"

Comment se porte la filière laitière en ce début 2016 ? Dans cette dynamique d'accroissement de la production laitière en Europe, comment se comporte la France ? Quelles sont les perspectives d'amélioration pour les éleveurs ? Eléments de réponse avec Baptiste Lelyon, Expert filières Elevage, Crédit Agricole SA.

 

Comment se porte la filière laitière en ce début 2016 ? 

Baptiste Lelyon : " En ce début d’année 2016, la conjoncture laitière est dégradée. Depuis plusieurs mois déjà, le marché mondial des produits laitier est confronté à un déséquilibre important entre l’offre et la demande.

La collecte laitière des principaux bassins exportateurs sur ce marché mondial a fortement augmenté. Au total, sur l’ensemble de l’année 2015, l’Union Européenne, les Etats Unis, la Nouvelle Zélande et l’Australie ont augmenté leur production de 4,2 millions de tonnes par rapport à 2014.

L’élément le plus important à noter est que, dans cette forte hausse des volumes, l’Europe est le principal contributeur avec 3,2 millions de tonnes de lait supplémentaire en 1 an. Compte tenu de la demande intérieure sur le marché européen, qui est stable, la très grande majorité de ces volumes supplémentaires ont été exporté.

Du fait de la fermeture du marché russe, suite à l’embargo, un débouché important s’est fermé engendrant une forte compétition vers les débouchés de la zone asiatique. Si la demande reste quand même assez dynamique en Asie pour les produits laitiers, cela ne suffit pas pour absorber tous les volumes supplémentaires et des stocks importants de produits laitiers se sont constitués.

En conséquence, les cotations des produits industriels sur le marché mondial ont chuté tout au long de l’année 2015. Elles ont opéré un léger rebond en décembre, qui a été interrompu par les fêtes de fin d’année. Les premières semaines de 2016 vont donc déterminer si ce rebond va se concrétiser.

A ce jour, sur le marché mondial, la poudre maigre se négocie à 1 700 $ par tonne, en recul de 22 % par rapport à janvier 2015."

Dans cette dynamique d’accroissement de la production laitière en Europe, comment se comporte la France ? 

"La plupart des pays du Nord de l’Europe ont augmenté leur collecte laitière en 2015 : +11 % en Irlande, +5 % au Pays-Bas, +1,5 % en Allemagne et +2 % en Pologne.

Dans cette dynamique globale européenne, la France affiche une collecte stable. Si la production avait diminué assez fortement au 1ertrimestre, les éleveurs voulant éviter des payer des pénalités de dépassement de quota, la collecte s’est stabilisé par la suite et a même augmenté à partir de septembre. Sur les 4 derniers mois de l’année, la production laitière française progresse de 2% par rapport à 2014.

Cela veut donc dire que, malgré un prix du lait en repli de 15 % en 2015, les éleveurs ont produit la même quantité de lait en 2015 qu’en 2014."

Justement concernant le prix du lait, quel est l’impact des marchés sur son évolution ? 

B.L. : " Le prix du lait standard en France est resté au-dessus de la barre des 300 €/1000 litres tout au long de 2015 et il termine l’année à ce même niveau, en baisse de 8% par rapport à décembre 2014.

Les autres pays Européens ont connus une évolution du prix du lait plus défavorable, notamment en Irlande et en Allemagne où celui-ci est descendu sous les 270 €/tonne dès le mois de septembre.

Compte tenu du niveau de prix déprimé sur le marché mondial et de l’évolution du prix du lait en Allemagne, sur lequel le prix du lait Français est partiellement indexé, le premier trimestre 2016 s’annonce comme difficile pour les éleveurs. Selon les laiteries le prix du lait va continuer de baisser pour s’établir entre 260 et 280 €/1000 litres."

Quelles sont les perspectives d’amélioration pour les éleveurs ? 

B.L. : "On constate un léger frémissement sur le marché mondial et les cotations des produits industriels semblent se ressaisir, du fait d’une réduction de la collecte laitière en Nouvelle-Zélande et d’achats de la part des importateurs qui repartent de l’avant. De plus, le niveau de parité actuel entre l’euro et le dollar néo-zélandais permet aux produits européens de gagner en compétitivité à l’exportation.

Toutefois, même si ce rebond des cotations se confirmait et s’amplifiait, l’impact sur le prix du lait payé aux éleveurs français ne se ferait pas sentir avant, au mieux, la deuxième moitié de l’année 2016. La situation des producteurs va donc rester tendue pour les prochains mois.

Seul signe positif, les coûts de production sont eux aussi en repli, que ce soit l’alimentation du bétail du fait de la baisse des prix des matières premières végétales, céréales et tourteaux, mais également de la chute du prix de l’énergie."

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Commentaires 9

CLOCHE215

politique voulue par les syndicats type FNSEA...avec un résultat qualifiable de criminel....

szut

je crois que l on poste toujours les memes commentaires depuis au moins 6 mois,ça prouve au moins une chose c est que nous sommes encore vivant;et tant qu il y a de la vie y a...........................

elcor

TOUT A FAIT DACCORD POMPOM BLANCHISSON LA FRANCE,SA, ON C FAIRE,10Litres au fond du tank pour le contrat et le reste qu'il viennent nous prier pour que ont le leur vende a un prix correct. On a plus rien a perdre on va tout droit au fond du trou.

59

ok pompom a part de monter tous ensemble des ptites coop pour vendre en direct je vois pas trop ce qu'on peut faire. couper les vivres au industries ok comment en jetant le lait

AGRI

Bien dit POMPOM, arretons de toujours compter sur ceux qui nous dirige. prenont nous en mains et fermont les robinets!!! Je pefere perde 15 jours de paye que continuer à mourrir à petit feu!!!

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