[Video] Fin des quotas : "Une nouvelle ère s'ouvre pour la filière laitière française" (Baptiste Lelyon)

Propos recueillis par Anne Sophie LESAGE

[Video] Fin des quotas : "Une nouvelle ère s'ouvre pour la filière laitière française" (Baptiste Lelyon)

Dans deux semaines, les éleveurs laitiers entreront dans une nouvelle ère avec la sortie des quotas. Quels sont les enjeux pour la filière laitière? Quelles perspectives à long terme ? Eléments de réponse avec Baptiste Lelyon, Expert productions animales, Crédit Agricole SA

 

A 2 semaines de la sortie des quotas, comment se porte la filière ? 

Baptiste Lelyon : « Effectivement, dans 15 jours, la filière laitière française, comme l’ensemble des pays de l’Union Européenne, entreront dans une ère nouvelle puisque les quotas laitiers auront disparu.

L’année 2014 a été marquée par une augmentation très importante du volume de lait produit, du fait de prix très attractifs, car le marché mondial avait plié sous des volumes très conséquents. Phénomène aggravé par l’embargo Russe.

Depuis quelques semaines on observe un rebond sur le marché mondial des produits laitiers, ce qui s’explique par plusieurs facteurs : tout d’abord, l’Union Européenne voit sa collecte diminuer, du fait de la baisse des prix. Dans un deuxième temps, une sécheresse importante en Nouvelle-Zélande, qui pénalise la production laitière. Dans le même temps, une demande qui reste forte de la part des acheteurs, notamment en Asie. Cela aboutit donc à une hausse des prix sur le marché mondial.

Cette hausse ne se répercutera pas tout de suite sur le prix payé au producteur, du fait d’un prix du lait qui est lissé et moins réactif que dans d’autres pays. Cette hausse n’interviendra qu’à partir du second trimestre. »

 

Quels sont les enjeux pour la filière laitière ?

B.L. : « La filière laitière française va être confrontée à plusieurs enjeux importants dans les années qui viennent : le premier c’est la volatilité des prix. On peut observer une volatilité de plus en plus importante que ce soit sur le prix du lait, mais aussi sur les intrants comme par exemple l’alimentation du bétail. La volatilité pose des problèmes aux éleveurs pour se projeter, notamment pour investir à long terme.           

Le deuxième enjeu est celui de l’agrandissement et la concentration de la production laitière dans des exploitations de plus grande taille. Cela pose de nouveaux défis pour la production laitière et particulièrement concernant la gestion de la main d’œuvre en élevage. Que ce soit des problématiques de gestion de relation entre associé dans un GAEC à plusieurs personnes, ou des problématiques de gestion et de fidélisation des salariés sur les exploitations.

Enfin, le renouvellement des générations d’éleveurs est également un enjeu important pour la filière laitière. Dans les 10 ans qui viennent, 50 % des éleveurs seront amenés à transmettre leur exploitation et cela nécessite un effort important de l’ensemble des acteurs de la filière, pour installer de nouveaux agriculteurs. »

 

Quelles sont les perspectives à long terme ?

B.L. : « A long terme, les perspectives pour la filière laitière sont globalement très positives, pour plusieurs raisons : tout d’abord parce que la demande à l’échelle de la planète s’annonce très importante, du fait d’une augmentation très forte de la croissance démographique, notamment dans la zone asiatique. Dans cette zone, la consommation de produits laitiers et de protéine animale en général est attendue en très forte augmentation. Cela veut donc dire que des relais de croissances existent pour la production laitière, mais qu’ils sont liés à la dynamique du marché mondial. Cela signifie que la France, si elle souhaite produire plus, va devoir se tourner vers l’export. La filière sera aussi plus connectée au marché mondial et donc plus dépendante de la volatilité. »

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Commentaires 1

lulu

en effet va falloir installer des jeunes mais comment vont il pouvoir avec toutes les contraintes administrative et environnementale et des semaines a plus de 50 heures ils ont aussi envie de vivre un peu comme tout le monde vaut il mieux travailler 35 h ou plus de50 h par semaines

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