Zoom sur la valeur alimentaire des prairies permanentes

Emeline Bignon - Réussir Lait Juillet-Août 2012

 La production moyenne annuelle se situe à 6,2 tMS/ha.  Le quart des prairies produisent moins de 4,5 tonnes et le quart  plus de 8,1 tonnes.
Les prairies permanentes couvrent près du tiers de la surface agricole française. © P. Pierre

Fruit d’un vaste travail, une typologie nationale couvrant les principales régions herbagères donne des références nouvelles sur la valorisation fourragère des prairies permanentes.

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Zoom sur la valeur alimentaire des prairies permanentes
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Le livre Prairies permanentes, des références pour valoriser leur diversité est en vente aux éditions Technipel, sur le site de l’Institut de l’élevage (www.idele.fr), au prix de 15 euros. Il peut aussi être téléchargé gratuitement sur le site. Au-delà de l’analyse de la valeur productive des prairies permanentes, l’ouvrage porte aussi sur leur rôle environnemental.

«Les prairies permanentes sont souvent considérées comme un mal nécessaire, peu productives et de valeur alimentaire modeste par rapport aux prairies temporaires, observe Patrice Pierre, de la chambre d’agriculture de la Mayenne. Pourtant, le potentiel fourrager de certaines prairies permanentes peut être équivalent à celui des prairies semées. » Jusqu’alors, les références quant aux valeurs nutritives de ces prairies faisaient cruellement défaut. Mis à part quelques typologies régionales, notamment dans les Alpes, les seules valeurs alimentaires reconnues dans le Grand Ouest, était celles de l’Inra du Pin en Normandie.

Zoom sur la valeur alimentaire des prairies permanentes

Caractériser la valeur fourragère des prairies permanentes

D’où l’intérêt du vaste travail engagé par l’Inra, l’Institut de l’élevage, l’Université de Lorraine ainsi qu’une quarantaine de chambres d’agriculture, pour mieux caractériser les prairies permanentes, et rassembler de nouvelles références grâce au suivi d’un large réseau de parcelles.
 Concrètement, les techniciens ont étudié 1 500 parcelles dans 25 départements avant d’en sélectionner 190 reflétant la diversité des utilisations et des situations agro-climatiques. Après un suivi de deux ans (2009 et 2010), ils les ont classées en 19 types, faciles à identifier à partir de critères simples.
 « Le suivi de ces parcelles a fait ressortir une grande diversité des prairies permanentes, aussi bien en termes de production que de valeur nutritive ou de composition botanique », poursuit le technicien.
 Le travail a abouti à une typologie qui décrit, pour chaque type de prairie, la composition botanique, la quantité d’herbe produite, sa valeur alimentaire et les valorisations possibles (fauche, pâture, types d’animaux, etc.). Les tableaux ci-contre donnent un aperçu du travail réalisé à travers quatre exemples de prairies présentes en Pays de Loire : prairies de côteaux, prairies de fond (pâturées ou fauchées) humides et bien fertilisées, et prairies de « petites terres ». Pour chaque type de prairies, les valeurs alimentaires saisonnières sont détaillées.

Redorer l’image des plantes diverses

Quels sont les principaux enseignements à tirer du travail réalisé ? « Ce n’est pas un scoop : la productivité moyenne des prairies permanentes s’avère globalement inférieure à celles des prairies semées. En termes de valeurs énergétiques, nous nous attendions à des niveaux plus bas que ceux trouvés. Si on compare à un ray-grass anglais, la valeur UFL moyenne des prairies analysées reste inférieure, mais au stade feuillu, un quart des prairies permanentes affiche des valeurs UFL supérieures à celles du RGA. Et sur les repousses d’automne, les valeurs se montrent assez comparables. » La MAT des prairies permanentes se montre plus faible que pour les prairies semées, en lien avec une part de légumineuses plus limitée (5 à 20 %).
Un fait nouveau tient à la présence de plantes diverses, comme les renoncules, pissenlits, plantains, rumex… Souvent considérées comme néfastes à la prairie, celles-ci ne sont peut-être pas une si mauvaise chose ! Leur proportion réduit le potentiel de rendement, mais influence positivement la qualité et à la stabilité de la valeur fourragère de la prairie au cours de la saison.
 
 

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Le caractère multiespèce leur confère une grande robustesse

« La diversité floristique est souvent importante et largement influencée par les contraintes du milieu, indique Patrice Pierre. Ce caractère multiespèce confère à ces prairies une grande robustesse. Elles sont capables « d’encaisser » des aléas climatiques importants que les espèces sélectionnées ont souvent du mal à supporter. »
 Les prairies permanentes sont complémentaires aux prairies semées. Leur diversité offre une souplesse d’exploitation au sein du système fourrager. « Prenez par exemple les prairies de coteaux dont la flore, composées de graminées précoces, agrostis, flouve odorante, trèfle souterrain, pâquerette, erodium, etc., pousse dès le début du printemps. Elles permettent une mise à l’herbe plus précoce qu’avec uniquement des prairies semées, et servent de repli en cas d’excès de pluie, quand la portance n’est pas au rendez-vous. »

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Commentaires 1

nature12

bonjour-possédant plus de 80% de prairie naturelles on a pas attendu 2012 et une etude de nos chers ingénieurs pour se rendre compte de ça. mais en montagne on compte que pour du fromage 'sic'

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