A la ferme de Jalogny, en Saône-et-Loire : Le vêlage à 2 ans étudié sur sept campagnes

François d'Alteroche

A la ferme expérimentale de Jalogny, en Saône-et-Loire, le vêlage à 2 ans a été longuement étudié ces dernières années.

Un étude comparative menée sur 6 ans

« Durant sept campagnes (de 2000 à 2006) on a comparé un troupeau dans lequel la plupart des génisses vêlaient à 2 ans et un troupeau témoin avec un premier vêlage à 3 ans. L'objectif était de voir si le vêlage à 2 ans pénalisait ou non la production de l'animal et sa carrière », expliquait Jean-Pierre Farrié de l'Institut l'élevage, à l'occasion des dernières journées Rencontre Recherche sur les Ruminants. Il a réalisé le suivi de ce travail avec plusieurs autres techniciens des chambres d'agriculture du bassin charolais.
En prévision de cette expérimentation, c'est en 1999 que les 110 Charolaises du cheptel souche de la ferme de Jalogny ont été scindées en deux lots de 55 têtes, avec une conduite commune, mais un objectif de premier vêlage à 2 ans pour l'un et 3 ans pour l'autre. Pour chacun des deux troupeaux, l'objectif a été d'avoir plus de 85 % des vêlages entre le premier décembre et le premier mars. Le taux de renouvellement compris entre 30 et 35 % a conduit à conserver la plupart des génisses pour le renouvellement dans chacun des deux troupeaux.

Quel que soit l'âge visé pour le premier vêlage, environ 20 génisses par troupeau étaient inséminées en février après induction et synchronisation des chaleurs, mais sans repérage préalable des premières chaleurs. « Le cas échéant, les retours ont fait l'objet d'une deuxième insémination en bâtiment, voire d'une saillie par monte naturelle au pâturage jusqu'à la date maximale du 31 mai. » Pour les deux troupeaux, les mêmes taureaux ont été utilisés et ceux destinés aux génisses avaient un index facilités de naissance compris entre 105 et 110. Les génisses mises à la reproduction à 14-15 mois et vides à l'issue de la période de reproduction étaient remises à la reproduction l'année suivante à 2 ans.

A la Ferme de Jalogny, les génisses conduites en vêlage 2 ans ont bénéficié d'une alimentation renforcée lors des deux premiers hivers avec une alimentation estivale basée sur le pâturage. (F d'A.)

A la Ferme de Jalogny, les génisses conduites en vêlage 2 ans ont bénéficié d'une alimentation renforcée lors des deux premiers hivers avec une alimentation estivale basée sur le pâturage. (F d'A.)

 

Des rations différentes

Les objectifs de dates de vêlage étaient identiques dans les deux cas de figure, mais le niveau alimentaire des rations hivernales était différent. Les animaux ont été rationnés selon les recommandations de l'Inra et les rations des génisses dont le premier vêlage avait lieu à 2 ans étaient renforcées les deux premiers hivers. Après leur sevrage, les laitonnes avec un objectif vêlage 2 ans ont ainsi bénéficié d'une unité fourragère supplémentaire par jour comparativement à celles vêlant pour la première fois à 3 ans. « L'objectif était que 80 % des génisses conservées pour le renouvellement atteignent le poids seuil de 420 kg à 14-15 mois pour être mises à la reproduction. » De la même façon, lors de l'hiver faisant suite à leur premier vêlage, elles ont aussi bénéficié d'une unité fourragère supplémentaire par jour par rapport aux génisses qui ont vêlé pour la première fois à 3 ans. La complémentation au pré des veaux nés de génisses vêlant à 2 ans était également renforcée avec une à deux UF de plus par jour et par tête dans les quatre-vingts jours qui précédaient le sevrage.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Bovins Viande d'avril 2009. (RBV n°159 p. 16 à 31).

Source Réussir Bovins Viande Avril 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires