Actualités fièvre catarrhale : Fièvre catarrhale : Impacts, indemnisations, commercialisation, vaccins…

Dr Didier GUERIN

Impacts économiques, indemnisations, commercialisation vers l'Italie, vaccins… cet article regroupe des actualités concernant ces différents domaines en relation avec la fièvre catarrhale

La gestion de l'épizootie fièvre catarrhale continue à être difficile. Au delà du caractère exceptionnel de la situation, les approximations et incertitudes dans sa gestion nationale, les amalgames réalisés sur le terrain, le manque de données sur son impact… ne constituent pas des éléments facilitateurs. Cependant, des éléments rationnels existent, certains sont déjà à notre disposition, d'autres arrivent. Il convient de les prendre en compte lors de nos réflexions.

Une 1ère évaluation significative des impacts technico-économiques de la fièvre catarrhale

Devant l'ampleur de l'épizootie de 2007, l'Institut de l'Elevage, en concertation avec la FNGDS, l'APCA, FUS et l'UNCEIA a initié en décembre 2007 une étude d'évaluation des impacts zootechniques et économiques de la fièvre catarrhale dans les 3 principales filières touchées : ovin allaitant, bovin allaitant et laitier. Concernant les filières bovines (retrouver plus en détail cette étude sur notre site : www.gdscc.fr, point 08_9_0_Fièvre catarrhale), les résultats confirment la forte variabilité suivant les élevages. Cependant, quel que soit le niveau d'impact, la simulation des conséquences technico-économiques de la fièvre catarrhale aboutit à des baisses de marge brute de l'atelier variant de 6,1% à 17,7% en élevage bovin allaitant et de 1,1% à 8% en élevage bovin laitier. Cette simulation ne prend pas en compte des effets reportés de la fièvre catarrhale en particulier des impacts attendus sur la reproduction. Des cas critiques sont observés dans toutes les filières, avec des pertes sur la marge brute de l'atelier pouvant atteindre, dans certains élevages, 43% en élevage allaitant et 12% en élevage laitier. Dans ce contexte alarmiste, le suivi de l'épizootie 2008 parait indispensable, notamment dans certains bassins de production avec la présence concomitante de deux sérotypes de la maladie. Notre suivi départemental collectif et individuel (pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, pensez à nous faire parvenir votre questionnaire reçu avec GDSCC Mémo) rentre dans ce schéma. Il va être complété avec les indemnisations des nouveau-nés ayant subi la contamination fièvre catarrhale.

Les indemnisations centrées sur les nouveau-nés, actuelles principales victimes collatérales de la fièvre catarrhale

A compter du 18 décembre (arrêté ministériel du 10 décembre paru le 17 décembre), les mortalités ne sont plus indemnisées sauf lors d'euthanasie des animaux sur ordre de l'administration. Cette mesure s'avère utile pour les nouveau-nés avec des symptômes nerveux dont l'origine peut être liée à une infection maternelle lors de la contamination massive du troupeau creusois cet été. Pour être prise en compte, lors de symptômes évocateurs, le vétérinaire sanitaire de l'exploitation remplira une fiche de suspicion, fera un prélèvement de sang pour analyse virologique fièvre catarrhale avant l'euthanasie. L'animal doit être identifié. La visite de suspicion et l'analyse fièvre catarrhale seront prises en charge dans le cadre de la police sanitaire. En cas de résultat virologique positif, l'euthanasie sera également prise en charge et l'animal indemnisé. Le montant de ces indemnités reste identique à savoir : 100 euros par animal de l'espèce bovine de race laitière et âgé de moins de 8 mois, 228,67 euros par animal pour les autres animaux de l'espèce bovine et 45,73 euros par animal des espèces ovine et caprine euthanasié sur ordre de l'administration. Toutefois, pour les cheptels de sélection, ce plafond peut être porté à 91,47 euros par animal des espèces ovine et caprine euthanasié. Si d'autres animaux du même élevage se trouvent dans une situation identique, l'analyse ne sera plus nécessaire, la prise en charge concernera la visite de suspicion, l'euthanasie et l'indemnisation de l'animal. Les apports de soins à ces animaux rentrent dans le cadre de la CSSA.

Une commercialisation possible d'animaux non-vaccinés ou incomplètement vaccinés vers l'Italie prolongée jusqu'au 31 janvier

En ce début de semaine, la DGAl nous a fait passer le message suivant : « Par courrier en date du 9 janvier 2009, le Ministère de la Santé italien nous a informés que les conditions météorologiques italiennes actuelles associées à des résultats favorables de surveillance entomologique sur leur territoire, leur permettaient de continuer d'accepter, jusqu'au 31 janvier 2009 inclus, des animaux non-vaccinés ou incomplètement vaccinés contre les sérotypes 1 ou 8, cette possibilité n'ayant été initialement autorisée que jusqu'au 31 décembre 2008. Par contre, ce courrier des autorités italiennes ne statue pas directement sur un report de l'inactivité vectorielle italienne au delà du 28 février 2009. Il ne change en rien les conditions de mouvements des animaux ayant reçu leurs deux injections de vaccin contre les sérotypes 1 et 8 : les dates butoir des 5 et 13 février prochains pour les réalisations de la deuxième injection respectivement pour le BTV8 et la BTV1 restent en vigueur jusqu'à nouvel ordre ».

L'innocuité et l'efficacité des vaccins, les conditions de réalisation de la vaccination

La fièvre catarrhale s'avère être une maladie ayant un impact conséquent. Pour notre département, nous n'en avons pas encore mesuré tous les effets, les mises-bas en cours en apportent malheureusement régulièrement la preuve. Les atteintes de la fonction reproduction (mortalités embryonnaires, avortements, nouveau-nés chétifs ou malformés…) que nous observons depuis cet été 2008 ont été enregistrées l'année précédente dans le nord de la France et en Bourgogne (période sans vaccins !). Face à une épizootie, seuls les vaccins peuvent limiter de manière très importante les effets. Les vaccins disponibles disposent d'une ATU, cela implique que l'efficacité et la sécurité ont été confirmées sur l'animal, puis à large échelle pour chaque espèce. Ces vaccins avec des sérotypes différents sont utilisés à grande échelle depuis 4 ans pour certains et ont montré leur innocuité et leur efficacité. La réalisation de la vaccination, pour qu'elle soit efficace et avec un minimum de risques pour les intervenants, demande une contention adéquate des animaux afin que, notamment, l'injection intramusculaire puisse se réaliser à l'encolure. Rappelons que dans le cadre des prophylaxies, de manière réglementaire mais aussi pour une réalisation efficiente, le vétérinaire sanitaire doit pouvoir intervenir sur des animaux dont une contention adéquate est réalisée par l'éleveur.

Une implication continue du GDSCC

Face à cette situation sanitaire exceptionnelle qui nécessite un abord à la mesure de l'enjeu, le GDSCC continue son implication que ce soit pour améliorer les connaissances et recueillir le maximum de données afin d'en avoir l'analyse la plus objective ou pour mettre en place une approche préventive collective les plus rationnelle et efficiente possibles. Cela engendre des difficultés importantes pour les éleveurs en premier lieu, mais aussi pour tous les intervenants et nécessite une mobilisation de tous que ce soit pour l'exécution de la vaccination ou la collecte des informations. C'est la mobilisation rationnelle de tous qui déterminera la réussite collective et un retour le plus important pour chacun. En matière sanitaire, il n'existe pas d'autre alternative. Le GDSCC reste à votre disposition, n'hésitez pas à le contacter pour tout renseignement complémentaire ou faire part de toute difficulté.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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