Actualités fièvre catarrhale : Une reprise de l'activité vectorielle, une surveillance étroite de son cheptel

Dr Didier GUERIN

Avec le retour du printemps, les vecteurs de la fièvre catarrhale reprennent leur envol. Cela densifie l'actualité vis à vis de cette maladie. La priorité doit être à une surveillance étroite de ses animaux.

Les pièges à insectes mis en place dans notre département ont montré une reprise de l'activité du vecteur connu de la fièvre catarrhale comme l'a indiqué la DDSV la semaine dernière. Le culicoïde, moucheron, insecte piqueur responsable de la transmission de la fièvre catarrhale ou maladie de la langue bleue a été détecté en Creuse en nombre élevé en semaine 17. Cette actualité attendue présente deux implications directes en matière de gestion de son plan de lutte insecticide et de surveillance accrue de ses animaux pour une détection précoce.

Une désinsectisation collective et entretenue tous les mois

L'objectif de la désinsectisation en matière de prévention de la fièvre catarrhale est de limiter la pression infectieuse au niveau des animaux par la réduction des piqûres de moucherons potentiellement porteurs du virus. Cela implique que si une désinsectisation est mise en place au sein de son cheptel, elle doit être :
Collective, c'est-à-dire intéresser l'ensemble des animaux d'un lot donné. Le seul traitement de quelques animaux ne sera pas suffisant pour limiter la pression infectieuse. En effet, les autres animaux du même lot non-désinsectisés pourront, s'ils sont piqués par des moucherons porteurs du virus, multiplier le virus qui sera ensuite véhiculé par les moucherons sur les autres animaux, même les désinsectisés contaminés à un niveau moindre, évidemment, mais qui pourra être suffisant pour engendrer des signes cliniques.

Entretenue, c'est-à-dire renouveler régulièrement jusqu'à l'obtention de l'immunité conférée par la vaccination. En pratique, hormis les boucles Flectron ND qui permettent une protection de 4 mois, les autres insecticides couramment utilisés sont des pyréthrinoïdes pour on à renouveler toutes les 4 semaines jusqu'à la mise en place complète de la primovaccination (2ème injection pour les bovins).
Etant donnée la capacité de multiplication des insectes, il est primordial d'intégrer qu'une désinsectisation ne présentera une efficacité que si une intervention est effectuée courant mai, l'intervention suivant en juin pourra coïncider, normalement, avec la vaccination (voir ci-dessous). Les interventions réalisées à la mise à l'herbe ne seront d'aucun impact si elles ne sont pas entretenues les mois suivants.

Une surveillance étroite pour une intervention précoce, facteur primordial de meilleur taux de guérison

En raison de cette reprise d'activité vectorielle et de notre situation en limite de la progression de l'épizootie, nous sommes particulièrement exposés par rapport à l'atteinte clinique de notre cheptel. Cela implique qu'une surveillance étroite de nos animaux doit être mise en place (ovins, bovins et caprins). La surveillance rapprochée des animaux, l'identification rapide de la maladie et la mise en place précoce de traitements permettent de limiter les pertes économiques liées à des taux de malades ou de morts élevés.

Une symptomatologie d'abord locale…

Les symptômes locaux s'expliquent par une atteinte vasculaire au niveau des muqueuses les plus sensibles. Après une phase d'hyperthermie qui peut être de courte durée, on observe un faciès de l'animal complètement modifié avec des yeux qui paraissent exorbités et très congestionnés, la 3ème paupière est visible et congestionnée, un larmoiement et des croutes autour des yeux peuvent compléter le tableau clinique. Au niveau du museau, on observe fréquemment des ulcérations. Le nez parait sale, crouteux. Très souvent, une salivation abondante est présente en raison d'érosions cutanées et d'ulcères dans la cavité buccale. Des lésions peuvent être également observées au niveau des trayons et de la mamelle. De même, des oedèmes des boulets et des inflammations des bourrelets coronaires apparaissent.

 

… puis générale avec des conséquences catastrophiques à terme

Parmi les symptômes généraux, un amaigrissement marqué peut apparaître en peu de temps. Chez les ovins, l'action du virus sur le tissus musculaire entraîne boiteries, torticolis avec latérisation de la tête. L'atteinte générale peut être telle que les animaux n'arrivent plus à se relever et ont du mal à assurer une position d'équilibre stable. L'animal se retrouve en décubitus latéral. En raison du tropisme génital de ce virus, arrivent ensuite toutes les conséquences en matière de reproduction : stérilité des mâles, avortements, malformations congénitales, mortinatalités…

Face à ce « tsunami sanitaire », se préparer pour vacciner dès que possible

La fièvre catarrhale a montré en 2007 son vrai visage. Les atteintes sanitaires que ce soit chez les ovins ou les bovins sont conséquentes avec une symptomatologie comparable. La vigilance doit être de mise pour repérer et identifier les premiers cas le plus précocement possible afin de limiter les conséquences à court terme mais aussi à moyen terme. Face à ce « tsunami sanitaire », l'objectif principal doit être la mise en place de la vaccination dès l'arrivée des vaccins prévue au mois de juin pour l'ensemble des bovins et ovins dans notre département. Chaque éleveur est donc invité à se rapprocher de son vétérinaire sanitaire afin de lui indiquer le nombre d'animaux à vacciner et étudier ensemble les modalités pratiques de réalisation. Pour plus de renseignements, n'hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire ou le GDSCC.

 

Echanges franco-italiens de broutards : une avancée qui demande d'autres étapes

Un accord franco-italien vient de réduire le délai entre la 2ème injection du vaccin et l'exportation vers l'Italie des bovins provenant de zones françaises réglementées vis-à-vis du sérotype 8 de la fièvre catarrhale ovine.
Un échange rapide des broutards possible pour ceux dont la vaccination a été réalisée avant le 30 avril 2008
Les bovins vaccinés avec le vaccin BTV PUR ALSAP 8 produit par le laboratoire Merial, pourront désormais être exportés vers l'Italie à partir de trente jours suivant la seconde injection et si le cycle vaccinal entier (deux injections à 30 jours d'intervalle) s'est déroulé avant le 30 avril 2008, date considérée comme terme de la période d'inactivité vectorielle. L'accord permet des échanges de bovins vaccinés en provenance de la grande majorité des départements de la zone réglementée vis-à-vis du sérotype 8. Certains départements du sud-ouest ont été cependant exclus en raison d'une reprise précoce de l'activité vectorielle et de la circulation virale. Il en est de même des départements réglementés vis-à-vis du sérotype 1 ou des deux sérotypes 1 et 8. Les départements exclus de cet accord sont les suivants : Charente (16), Charente-Maritime (17), Dordogne (24), Landes (40), Gers (32), Gironde (33) et du Lot-et-Garonne (47), Pyrénées-Atlantiques (64), Hautes-Pyrénées (65). Les discussions se poursuivent avec l'Italie.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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