Alerte maladie des muqueuses ou BVD. Le contrôle des sentinelles au sevrage

Dr Didier GUERIN

Alerte maladie des muqueuses ou BVD. Le contrôle des sentinelles au sevrage

La maladie des muqueuses ou BVD représente une maladie souvent évoquée, parfois source d’implications conséquentes dans un cheptel. En élevage allaitant, les sentinelles, que sont les veaux au sevrage, constituent un outil intéressant à utiliser.

Une prévention basée sur la maîtrise des points à risque

Alerte maladie des muqueuses ou BVD. Le contrôle des sentinelles au sevrage

Notre région est confrontée à une circulation virale BVD avec des implications cliniques variables. L’enquête 2002/2004 avait confirmé l’intérêt d’une prévention basée sur la maîtrise des points à risques qui reste toujours d’actualité. Dans les élevages avec peu d’introductions ou d’autres facteurs de risques de contamination (mélanges d’animaux, participation à des rassemblements…), cela demande :•Un contrôle systématique des animaux introduits avec un isolement strict pendant 15 jours, d’où le dépistage systématique mis en place et pris en charge par GDS Creuse.•Une protection spécifique de la 1ère moitié de gestation des génisses avec une vaccination systématique avant la 1ère mise à la reproduction.•Une protection ciblée pendant la 1ère moitié de gestation des vaches par rapport au contact avec le voisinage.Dans les élevages avec de nombreux facteurs de contamination, cela implique une vaccination annuelle de toutes les gestantes.L’adaptation à son élevage sera déterminée de façon spécifique, avec son vétérinaire, après évaluation des facteurs de risques dans son cheptel.

Depuis 2002 /2003, a été mis en place le plan régional de prévention des symptômes de maladie des muqueuses ou BVD. Il est basé sur la maîtrise de points à risques composée d’un triptyque dans les élevages « fermés ». Les résultats obtenus les trois premières campagnes ont été très encourageants. Cependant, les campagnes 2007/2008 à 2009/2010 ont montré une recrudescence. La synthèse des enquêtes réalisées dans les élevages atteints par GDS Creuse en relation avec les vétérinaires montre un non-respect de maîtrise des points à risques dans plus de 50% des cheptels.

Le virus BVD circule largement dans notre zone. L’enquête conduite régionalement de 2002 à 2004, sur 450 cheptels situés dans une zone limitrophe des départements de la Creuse et de la Haute-Vienne, avait montré que 8% des cheptels se contaminaient par an avec un impact clinique globalement peu conséquent donc économiquement faible. Cependant, lors de contamination en période « favorable », c'est-à-dire entre le 1er et le 4ème mois de gestation, la situation peut alors s’avérer catastrophique. La maîtrise des points à risque en prévention et le diagnostic précoce sont des outils majeurs de limitation des impacts. Le contrôle sérologique des sentinelles au sevrage représente un outil diagnostique particulièrement intéressant en élevage allaitant.

Un diagnostic de la maladie d’abord clinique puis analytique

Les signes d'appel cliniques peuvent être classés en deux catégories :

  • Les signes d'appel majeurs pour lesquels l'action du virus BVD constitue une des hypothèses prioritaires : série d’avortements et de retours en chaleur, malformations congénitales, signes digestifs de maladie des muqueuses (Infecté Permanent Immunotolérant (IPI) en phase maladie).
  • Des signes d’appel mineurs pour lesquels l’hypothèse d’une intervention de virus BVD ne peut être retenue que dans la mesure où d’autres hypothèses prioritaires auront été préalablement levées : diarrhées néonatales, grippes.

Dans tous les cas, la clinique n'est pas suffisamment spécifique et évocatrice pour permettre à elle seule un diagnostic. Pour confirmer ou infirmer l’implication du virus BVD dans ces symptômes observés, il convient de mettre en œuvre une méthodologie raisonnée d'analyses de laboratoire.  

Une méthodologie raisonnée d'analyses de laboratoire

Sont décrites pour chacun des signes d'appel, les approches méthodologiques. Les résultats seront interprétés en fonction du statut individuel de chaque bovin prélevé.

  • En cas de maladie des muqueuses, une recherche directe du virus par PCR sera effectuée sur l’animal malade.
  • En cas de problèmes de reproduction, seront prélevées les vaches ayant avorté encore présentes et une dizaine de vaches appartenant au même lot que les vaches ayant avorté (5 primipares, 5 multipares) en vue de réaliser une sérologie. Ce type d'interprétation sérologique n'est possible que dans des effectifs non-vaccinés.
  • Lors de diarrhées néonatales, parallèlement à la recherche d'autres germes, la meilleure solution consiste à essayer de mettre en évidence le virus. Une sérologie positive sur le couple mère/veau ne constitue en aucun cas un élément diagnostic interprétable compte-tenu de la proportion importante de vaches séropositives qui transmettent à leur veau des anticorps d'origine colostrale. Par contre, une sérologie sur le veau avant la prise de colostrum ou une recherche virologique par PCR de mélange sur l’ensemble des veaux nés seront riches d’enseignements.

L’apport du contrôle des sentinelles (veaux de plus de 10 mois) en élevage allaitant

Le virus BVD, lors de la contamination, infecte certaines cellules du système de défense immunitaire et diminue les capacités de défense de l’animal. A l’inverse, après cette 1ère phase, le virus provoque l'élaboration d'anticorps capables d'éliminer le virus de l'organisme. L’identification d’animaux séropositifs, en l’absence de vaccination, signe la circulation du virus BVD au sein de l’effectif. En élevage allaitant, les veaux, constamment en contact avec l’ensemble des animaux du lot, vont constituer des sentinelles à utiliser pour la détection d’une circulation virale BVD. Cependant, il faudra attendre l’élimination complète des anticorps d’origine colostrale qui intervient vers l’âge de 10 mois. Ainsi, face à toute alerte, un diagnostic simple de circulation virale BVD au sein d’un cheptel allaitant consiste à réaliser une sérologie BVD sur 25% des veaux par lot, les veaux prélevés étant âgés de 10 mois minimum. Pour des lots importants ou un ensemble de lots ayant des relations épidémiologiques, l’effectif maximum à prélever est de 25 veaux. Si l’ensemble des sérologies s’avère négatif, cela annonce l’absence de circulation virale BVD. A l’inverse, la présence de résultats positifs marque une circulation virale BVD. Un plan d’assainissement sera alors à mettre en place.

Une stricte application du plan de prévention BVD de GDS Creuse

L’adage d’action de base de GDS Creuse : « le respect des mesures sanitaires de base permet d’éviter 95% des problèmes sanitaires » trouve encore, dans la prévention de la BVD, sa pleine illustration. C’est la stricte application des mesures de maîtrise des points à risques qui engendre une prévention efficace. Les résultats observés sur le terrain en sont une preuve marquante. Face à la difficulté d’appréhension de cette maladie, devant les implications économiques qu’elle peut engendrer, GDS Creuse et votre vétérinaire restent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. Vous avez également à votre disposition à GDS Creuse ou sur notre site www.gdscreuse.fr, point 08 3 « Maîtrise des risques en BVD », un article récapitulatif sur la maladie des muqueuses ou BVD. Vous retrouverez les plans d’assainissement et de prévention BVD que GDS Creuse vous propose avec ses apports techniques et financiers.

Alerte maladie des muqueuses ou BVD. Le contrôle des sentinelles au sevrage

Encadré 2

La maladie des muqueuses ou BVD. Explication de la maladie, conséquences cliniques

La maladie des muqueuses est due à un virus capable de franchir la barrière placentaire et d’infecter le fœtus pendant la gestation. De plus, pendant une 1ère phase, il diminue les défenses immunitaires des animaux contaminés et permet ainsi le développement de pathologies intercurrentes.

Dans la plupart des cas, l'animal s'infecte de façon quasi asymptomatique. On observe une légère fièvre et une baisse transitoire du taux de leucocytes dans le sang d'intensité variable qui explique des symptômes digestifs ou respiratoires sur de jeunes animaux ne possédant pas ou peu d'immunité colostrale. Le point essentiel concerne les bovins gestants du fait de la capacité du virus à traverser la barrière placentaire et contaminer l’embryon ou le fœtus. Lors de la phase préalable de fièvre et de dissémination virale dans l'organisme il peut y avoir, du fait de l'augmentation de la température ou d'une placentite, mort embryonnaire avec retour en chaleur (infection à moins de 40 jours de gestation) ou fœtale avec avortement (lorsque l'infection intervient plus tard au cours de la gestation).

Si le virus traverse la barrière placentaire, on distingue 4 phases principales :

  • Infection avant le 40ème jour de gestation, risque de mort embryonnaire.
  • Infection entre le 40ème jour et le 125ème jour de gestation, risque de création d’IPI. Les IPI jouent un rôle majeur dans la circulation du virus. Au cours de leur vie, un certain nombre d’IPI, le plus souvent entre 6 mois et 2 ans, vont développer une diarrhée incurable avec évolution mortelle.
  • Infection entre le 40ème jour et le 150ème jour de gestation, en fonction de la pathogénicité de la souche et de la période d'infection, avortement ou malformations.

Infection après le 150ème jour de gestation, en général, comme après la naissance, de façon asymptomatique, infection transitoire et développement d'une immunité protectrice persistante. 

La maladie des muqueuses est due à un virus capable de franchir la barrière placentaire et d’infecter le fœtus pendant la gestation. De plus, pendant une 1ère phase, il diminue les défenses immunitaires des animaux contaminés et permet ainsi le développement de pathologies intercurrentes.

Dans la plupart des cas, l'animal s'infecte de façon quasi asymptomatique. On observe une légère fièvre et une baisse transitoire du taux de leucocytes dans le sang d'intensité variable qui explique des symptômes digestifs ou respiratoires sur de jeunes animaux ne possédant pas ou peu d'immunité colostrale. Le point essentiel concerne les bovins gestants du fait de la capacité du virus à traverser la barrière placentaire et contaminer l’embryon ou le fœtus. Lors de la phase préalable de fièvre et de dissémination virale dans l'organisme il peut y avoir, du fait de l'augmentation de la température ou d'une placentite, mort embryonnaire avec retour en chaleur (infection à moins de 40 jours de gestation) ou fœtale avec avortement (lorsque l'infection intervient plus tard au cours de la gestation).

Si le virus traverse la barrière placentaire, on distingue 4 phases principales :

·  Infection avant le 40ème jour de gestation, risque de mort embryonnaire.

·  Infection entre le 40ème jour et le 125ème jour de gestation, risque de création d’IPI. Les IPI jouent un rôle majeur dans la circulation du virus. Au cours de leur vie, un certain nombre d’IPI, le plus souvent entre 6 mois et 2 ans, vont développer une diarrhée incurable avec évolution mortelle.

·  Infection entre le 40ème jour et le 150ème jour de gestation, en fonction de la pathogénicité de la souche et de la période d'infection, avortement ou malformations.

Infection après le 150ème jour de gestation, en général, comme après la naissance, de façon asymptomatique, infection transitoire et développement d'une immunité protectrice persistante.

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