Argentine : La culture du soja fait migrer l'élevage bovin

Emilie Durand

Pendant que les surfaces consacrées à la culture du soja progressent - plus de 60 % depuis 1990 - , le cheptel bovin subit une baisse importante. Il a perdu près de 4 millions de têtes entre 1990 et 2002.

A lui seul, le soja représente 92 % des volumes de grains produits en oléagineux en
Argentine et 85 % des surfaces, selon une étude du département économie de l'Institut de
l'élevage. « Le potentiel agricole de l'Argentine est considérable. Sur les 2,8 millions de
kilomètres carrés de territoire national, l'agriculture valorise 174 millions d'hectares avec
seulement 35 millions d'hectares de cultures en 2007. Le reste est constitué de pâturages
et de parcours. » Depuis 1990, la surface consacrée aux cultures a progressé de 60 %,
surface prise sur ces prairies temporaires et permanentes. L'arrivée des semences OGM
de soja a « boosté » la production en multipliant par trois les surfaces cultivées (16,5
millions d'hectares en 2007), soit plus de la moitié des surfaces consacrées aux grandes
cultures. « Près de la moitié des surfaces de soja sont cultivées par des sociétés qui louent
des terres à l'année, voire pour la durée de la mise en culture, moyennant une rémunération
au prorata de la récolte. Une part croissante du soja est réalisée en dérobée entre une
prairie temporaire (luzerne) et une culture de céréales. » Des sociétés de services réalisent
les travaux liés à cette culture, se déplaçant des régions les plus précoces vers les plus
tardives. Sans préoccupation agronomique, « elles se comportent comme des extracteurs
de matières végétales ». Le cheptel bovin allaitant, estimé à 50 millions de tête en 2006, a
subi une perte de 4 millions de tête entre 1993 et 2002.



Aujourd'hui, en Argentine, c'est le soja qui mène la danse en jouant aussi bien sur les cultures que sur l'élevage laitier et allaitant. (C. Gloria)

Aujourd'hui, en Argentine, c'est le soja qui mène la danse en jouant aussi bien sur les cultures que sur l'élevage laitier et allaitant. (C. Gloria)

Pressions sur l'élevage

Depuis, l'élevage étant considéré comme « un placement financier plus sûr que les
banques », les éleveurs ont recapitalisé. Mais la progression du soja a créé une certaine
pression sur l'élevage. « Les exploitations mixtes (cultures et élevage), au coeur de la
dynamique du soja, empruntent différentes voies, parfois de façon combinée : certaines
intensifient la conduite de leur troupeau allaitant, notamment en développant l'engraissement
en feed-lots à base de fourrages conservés et de céréales. D'autres réduisent leur cheptel
dans les régions de cultures et déplacent l'activité de naissage vers les régions
périphériques où la faible densité agricole permet le développement de l'élevage bovin,
parallèlement à la progression de la culture du soja. »
Une amélioration de la production est possible, selon l'Institut de l'élevage, particulièrement
dans la Pampa avec une meilleure gestion des pâturages, de la conduite alimentaire et du
sanitaire, « ce qui suppose une meilleure formation des gérants ainsi que des vachers ».

Source : La filière laitière en Argentine, sous la pression du soja - juillet 2008, Département
économie de l'Institut de l'élevage.


Source Réussir Lait Elevage Octobre 2008

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