Arrivée des vaccins fièvre catarrhale : Le passage à la vaccination de masse

Dr Didier GUERIN

L'arrivée des doses pour la vaccination du cheptel de souche était prévue pour juin. Cela va être le cas avec une première livraison annoncée début du mois pour les bovins et en deuxième moitié pour les ovins.

Face au « tsunami sanitaire » que représente la fièvre catarrhale, l'objectif principal est la mise en place de la vaccination sur l'ensemble du cheptel de souche. Cela va pouvoir se réaliser progressivement avec l'arrivée d'une première dotation pour notre département. Pour les bovins, une livraison de 30% des doses devrait intervenir la 1ère semaine de juin, un complément est prévu deux semaines plus tard. Pour les ovins, un approvisionnement de 60% des doses est attendu durant la 2nde quinzaine de juin, le complément début juillet.

L'objectif sanitaire à court terme, éviter la maladie dans son élevage en vaccinant rapidement

En raison de la course poursuite engagée entre la reprise de la circulation virale (avec les risques sanitaires importants que cela implique) et la mise en place de l'immunité apportée par la vaccination, il existe une nécessité de pouvoir mettre en place une vaccination rapide et massive de chaque troupeau pour une protection individuelle de chaque élevage contre la maladie de la fièvre catarrhale dès la disponibilité du vaccin. Les départements du nord déjà largement engagés dans cette vaccination ont pu montrer l'engagement massif des éleveurs et l'innocuité de cette vaccination.

L'objectif sanitaire à moyen terme, gérer collectivement en vaccinant massivement

La transmission inter-cheptels par les culicoïdes implique une gestion collective avec une nécessité de vaccination d'au moins 80% des animaux sensibles à cette maladie pour limiter dans un 1er temps, puis annuler dans un 2ème temps, la circulation virale. Cela demande un passage en prophylaxie obligatoire qui nécessite une certification par le vétérinaire sanitaire. Ce passage d'une prophylaxie volontaire actuelle pour le cheptel de souche à une prophylaxie obligatoire est prévu pour novembre 2008.

 

Les conséquences

Pour des raisons d'efficacité collective sanitaire et économique de manière directe et indirecte, à court et moyen terme, le schéma courant de vaccination de l'ensemble des animaux (cheptel de souche et broutards ou autres animaux à exporter) dans le cadre d'une prophylaxie dirigée par l'Etat, à savoir par le vétérinaire sanitaire de l'exploitation a été mis en place en urgence en intégrant les spécificités de cette situation exceptionnelle.

Une campagne de vaccination avec un mode d'emploi à lire attentivement

En raison des conditions de disponibilité du vaccin (la mise à disposition des doses n'est que progressive), des difficultés engendrées par la saison et de la course poursuite engagée entre la reprise de la circulation virale et la mise en place de l'immunité, l'organisation de la campagne de vaccination nécessite un schéma précis et une mobilisation de tous. Chaque vétérinaire disposera d'un quota de doses fonction du pourcentage d'animaux situés dans les élevages pour lequel il est vétérinaire sanitaire.

 

D'abord, s'inscrire auprès de son vétérinaire sanitaire

Dans un premier temps, chaque éleveur doit s'inscrire auprès de son vétérinaire sanitaire afin d'indiquer le nombre d'animaux à vacciner. Pour les bovins, les animaux à vacciner en priorité sont les animaux reproducteurs femelles de plus de 24 mois, les taureaux utilisés pour la monte naturelle et les veaux de plus d'un mois susceptibles d'être destinés aux échanges. Pour les ovins, c'est l'ensemble des animaux reproducteurs. Par ailleurs, l'annonce du nombre des veaux à vacciner se fera désormais directement auprès des vétérinaires et plus au GDSCC.

Un listing des bovins fourni par le GDSCC aux vétérinaires pour chaque éleveur

Pour faciliter l'identification de chaque animal vacciné, le GDSCC fournira à votre vétérinaire sanitaire le listing des bovins de plus d'un mois présents à l'inventaire. Les opérations de vaccination seront reportées sur ce document qui servira de compte-rendu de vaccination. Il sera réalisé en 3 exemplaires : un pour l'éleveur (à insérer dans le registre d'élevage), un pour le vétérinaire et un pour le GDSCC qui l'utilisera pour le suivi des vaccinations à l'animal et la gestion du tiers payant.

Un Arrêté Préfectoral pour une harmonisation des coûts d'intervention

La cadre général des prophylaxies collectives dirigées par l'Etat permet la mise en place de tarifs harmonisés applicables à tous. L'Arrêté Préfectoral portant sur l'organisation des opérations de prophylaxie collective de la fièvre catarrhale dans le département de la Creuse a donc définit les tarifs de cette vaccination, ils sont les suivants :
Pour les bovins : une vacation à 20,22 € H.T.et une injection à 1,60 € H.T.
Pour les ovins : une différenciation a été faite en ce qui concerne la vacation en fonction du nombre d'animaux dans le cheptel. Pour les cheptels de moins de 50 ovins, la vacation est de 30,00 € H.T., elle est de 20,22 € H.T. dans les cheptels de plus de 50 ovins. L'injection est de 0,50 € H.T.
Pour les élevages mixtes, une vacation sera considérée si la réalisation de la vaccination des deux espèces se fait en même temps.

Une déduction des aides avant facturation

Le GDSCC va assurer le tiers payant comme dans le cadre des autres prophylaxies. Cela permet de faciliter les remontées d'informations auprès de l'ONIEP (Office National Interprofessionnel Elevage et Production) en charge du règlement de la subvention qui sera effectuée directement auprès des vétérinaires, l'éleveur n'ayant pas à faire l'avance de cette prise en charge. Cependant, pour octroyer ces aides, l'ONIEP demande au maximum une facture par espèce et par exploitation, une fois réalisée la totalité des injections vaccinales du cheptel considéré, quelque soit le nombre de visites effectuées. Il est souligné que la réglementation communautaire n'autorise à la prise en charge par l'Etat de la prestation de vaccination d'un animal lorsque celui-ci a été valablement vacciné, c'est-à-dire a subi le nombre d'injections défini pour chaque espèce et sérotype. En conséquence lorsque la facture fera apparaître des écarts entre le nombre de premières injections et le nombre de secondes, un justificatif de l'éleveur motivant l'écart (par numéro individuel d'identification pour les bovins) devra être joint. Rappelons que le coût du vaccin est pris en charge à hauteur de 100% par l'Europe et l'Etat Français et l'acte vaccinal à hauteur de 50%, plafonné à 2,00 € par animal soit 1,00 € par injection, et 0,75 € par ovin. Par ailleurs, des demandes d'aide à la vaccination ont été réalisées par le GDSCC auprès du Conseil Généra.et le GRASL auprès du Conseil Régional.

En conclusion, se mobiliser, s'informer pour agir vite

Comme je vous l'ai déjà indiqué à de nombreuses reprises, nous sommes face à une situation sanitaire exceptionnelle que nous n'avons pas connue depuis 50 ans. Cet été 2008 va constituer une phase critique pour chaque élevage. C'est donc à chaque éleveur de préparer la mise à disposition des animaux pour qu'ils puissent être vaccinés. Cela demande une mobilisation forte de tous (deux fois à trois semaines d'intervalle plus ou moins trois jours pour les bovins). Pour plus de renseignements, n'hésitez à contacter votre vétérinaire sanitaire, la DDSV ou le GDSCC.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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