Assemblée Générale de GDS France. Résurgence, émergence et organisation sanitaire

Dr Didier GUERIN

Pour cette AG de GDS France du 14 mars dernier, autour de Michel Combes, président, étaient, notamment, présents, pour GDS France, Louis Blandel et Jean-Pierre Jacquemin, vice-présidents, Daniel Delentaigne, secrétaire général et Jean-Bernard Fauconnier, trésorier et, pour la DGAl, Patrick Dehaumont, directeur général et Jean-Luc Angot, directeur général adjoint .

AG GDS France => Ce 14 mars, les GDS de France étaient réunis pour leur assemblée générale. Résurgence, émergence et organisation sanitaire ont dominé les échanges.

2011 n’a pas connu de ces crises sanitaires majeures qui ont frappé, ces dernières décennies, l’élevage français et européen. Cependant, le retour ou l’apparition de maladies et l’évolution de l’organisation sanitaire avec toutes les conséquences possibles constituent des facteurs de risques majeurs.

Des facteurs de risques importants en matière de résurgence et d’émergence de maladies

2011 et ce début 2012 sont marqués par des résurgences possibles ou avérés et une émergence virale vraie :

  • En matière de fièvre catarrhale, malgré les efforts de tous, le taux de couverture vaccinale risque d’être insuffisant pour nous mettre à l’abri d’un retour.
  • Les mêmes éléments qui ont permis l’introduction de la fièvre catarrhale au nord de l’Europe (globalisation des échanges, réchauffement climatique, mais aussi, priorité donnée aux intérêts économiques) sont toujours présents. L’Europe reste sous la menace de dangers sanitaires majeurs, soit avec le retour de maladies exotiques, soit avec l’apparition de maladies émergentes comme le virus de Schmallenberg.
  • L’excellence de notre situation sanitaire ne nous met pas à l’abri de la réapparition de maladies que nous pouvions penser éradiquées comme la tuberculose.
Des adaptations du plan de lutte historique contre la tuberculose, comme l’instauration de l’abattage total en 1999, ont permis de réduire considérablement la prévalence pour atteindre 0,02% en 2004 (Figure 1). Une augmentation de l’incidence des foyers bovins est observée depuis 2004 (Tableau 1). Cette tendance semble progresser régulièrement depuis 2004. Ces foyers récents restent localisés à certaines zones (Figure 2), ce qui milite en faveur d’une rémanence historique localisée (Côte d’Or, Dordogne, Sud-Ouest, Camargue). En dehors des zones à risque, la situation appelle à la vigilance.

La tuberculose bovine, le statut indemne de la France menacé ; une vigilance à renforcer

La tuberculose bovine se rencontre de nouveau de manière significative depuis 2004. Les départements confrontés (Côte d’Or, Dordogne, Camargue) luttent avec vigueur. Les mesures de surveillance et de lutte ont été progressivement adaptées, aux prix d’efforts importants consentis par les éleveurs et 2011 a vu mis en œuvre le nouveau plan national. En dehors des zones à risque bien établi, la vigilance doit être de rigueur car d’autres départements connaissent aussi une résurgence de la maladie. Une inspection de l’Office Alimentaire Vétérinaire, en septembre 2011, a relevé des irrégularités de gestion de la tuberculose en France. Les écarts considérés comme majeurs par l’OAV, portent sur :

  • L’utilisation du test « interféron gamma » pour maintenir la qualification de certains cheptels.
  • L’irrégularité des suspensions de qualification suite à des lésions suspectes à l’abattoir.
  • La lecture des tuberculinations sans cutimètre.
  • Le mélange des animaux destinés au commerce national et en partance pour l’étranger sans nettoyage et désinfection systématique.
  • La remise en cause du respect des conditions de maintien du statut Officiellement Indemne dans certains départements.

Des mesures correctives ont été mises en place fin 2011. Il est clair que les conséquences pourraient être lourdes en cas de perte du statut Officiellement Indemne de la France. GDS France qui a été particulièrement actif sur ce dossier continuera d’accompagner et soutenir les GDS des zones les plus touchées.

La plateforme Nationale de surveillance épidémiologique en santé animale (www.survepi.org/cerepi/) opérationnelle

La Plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale est née des réflexions menées lors des Etats Généraux du Sanitaire. La surveillance épidémiologique est essentielle à toute politique de prévention et de lutte contre les maladies. Dans ce cadre, les grandes missions opérationnelles de la Plateforme sont les suivantes :

  • Améliorer et élaborer les dispositifs de surveillance épidémiologique.
  • Faciliter la centralisation, la valorisation et le partage des données sanitaires.
  • Contribuer à l’analyse des données sanitaires et à leur diffusion.

Dans la perspective tracée par la nouvelle organisation de l’action sanitaire, articulée autour du triptyque : surveiller-prévenir-maîtriser, la Plateforme est appelée à jouer un rôle fondamental. Elle rassemble six membres titulaires (DGAl., ANSES, SNGTV, GDS France, Coop de France et ADiLVA) auxquels pourront s’adjoindre sur des sujets ciblés d’autres partenaires en tant que membres associés comme l’ONF ou la Fédération Nationale des Chasseurs pour la surveillance de la tuberculose dans la faune sauvage. Pour 2012, les thématiques sanitaires concernent la tuberculose bovine, les avortements chez les ruminants, l’influenza porcine, les pestes aviaires, la fièvre catarrhale ovine, la mortalité des mollusques et, évidemment, la maladie de Schmallenberg.

L’Ordonnance sur la Gouvernance sanitaire pour une réforme en profondeur avec un maintien du modèle français d’organisation sanitaire

Reprenant les conclusions des Etats Généraux du Sanitaire, l’Ordonnance sur la Gouvernance sanitaire, publiée le 22 juillet, introduit une véritable révolution dans l’organisation de la politique sanitaire, avec notamment :

  • La classification des dangers sanitaires en trois catégories.
  • La détermination du périmètre de l’action publique et de la responsabilité respective des pouvoirs publics et des parties prenantes.
  • La modernisation du rôle des Organismes à Vocation Sanitaire, des Organismes Vétérinaires à Vocation Techniques et des Associations Sanitaires Régionales.

Cette réforme en profondeur de la politique sanitaire, tant publique que collective, n’est pas terminée, puisqu’au niveau européen, la future Loi de Santé Animale est toujours en chantier. Directement ou au travers de la Fédération européenne des GDS, GDS France fait entendre les propositions des éleveurs français dans les échanges européens.

Une réflexion en profondeur sur les « dangers sanitaires de 2ème et 3ème catégorie », IBR, BVD, paratuberculose…

Un important travail a été conduit sur l’IBR, alors même que le taux national de qualification atteint les 60% en hausse de deux points par rapport à la campagne précédente, tant en matière de suivi des nouveaux kits d’analyse sérologique que de reconnaissance au niveau européen du programme français de certification.

En ce qui concerne la BVD, 2011 aura vu la publication au Journal Officiel du cahier des charges techniques qui définit les conditions d’attribution de la garantie bovin non IPI, garantie qui sera portée sur l’ASDA. En outre, sur financement CSSA, GDS France a initié une expérimentation à grande échelle devant permettre les analyses à partir d’un prélèvement auriculaire, à l’instar de ce qui se passe déjà en Suisse et en Allemagne.

Pour la paratuberculose, des travaux de recherche visent à explorer de nouvelles pistes de diagnostic.

Une excellence de la situation sanitaire actuelle à poursuivre dans l’intérêt de l’élevage et des éleveurs

D’autres dossiers ont été abordés au cours de cette AG. Pour les connaître, vous pouvez consulter la totalité du rapport d’activité 2012 de GDS France sur notre site, www.gdscreuse.fr. Daniel Delentaigne, secrétaire général de GDS France, a conclu ainsi son intervention : « Aux côtés de l’Etat et des vétérinaires sanitaires, en liaison avec les autres organisations professionnelles, le réseau des GDS a su contribuer largement à l’excellence de la situation sanitaire actuelle, parce qu’il a toujours su cultiver ses principes fondamentaux de compétence et d’expérience, de mutualisme et de solidarité, de respect de la diversité de nos situations d’élevage dans le respect de l’unité nécessaire de notre action. Continuons, continuez dans l’avenir de cultiver ces principes, nos principes dans l’intérêt de l’élevage et des éleveurs ! »

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