Avec « Le sanitaire… j’adhère ! » Poursuivons ensemble pour l’excellence sanitaire

Marien BATAILLE - Dr GUERIN Didier - GDS Creuse

A la tribune de cette Assemblée Générale de GDS Creuse, se trouvaient autour du Président Philippe Monteil, Jean-Philippe Viollet, Président de la Chambre d’Agriculture, Jean–Marie Colon, Président de JA23, Bernard Andrieu, Directeur de la DDCSPP, Jacques Le Bivic, Directeur technique de Kerbl France, le Dr Nicolas Athanassiadis, Président du GTV 23 et le Dr Didier Guérin, Directeur de GDS Creuse.

Assemblée Générale de GDS Creuse => Le Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse (GDS Creuse) a tenu, ce 12 avril, son Assemblée Générale sous la Présidence de Philippe Monteil.Nous vivons une période contrastée. Ainsi, en matière de production, nous observons une augmentation départementale annuelle des naissances de 3 % sur ces deux dernières campagnes dans un contexte de commercialisation très difficile. En matière sanitaire, nous sommes impactés par la résurgence de la fièvre catarrhale, sérotype 8 au centre de la France, confrontés à la grippe aviaire dans notre nouvelle région ALPC et menacés par la présence persistante de tuberculose dans certaines zones avec une situation départementale particulièrement favorable vis à vis des dangers sanitaires de 1ère et 2ème catégories. En matière d’organisation, la nouvelle gouvernance sanitaire se finalise à l’échelon régional avec une signature des conventions entre la FRGDS… et le Préfet de chaque département !

Nouvelle gouvernance sanitaire et mise en place de la FRGDS ALPC en renforçant notre proximité grâce à notre échelon départemental

Pour la nouvelle gouvernance sanitaire, la prochaine échéance concerne l’accréditation COFRAC du GRASL et de ses sections départementales pour le 1er janvier 2017 pour la période 2015/2019. La réforme territoriale relative aux régions est effective depuis le 1er janvier 2016 avec notre région qui passe de 3 à 12 départements, la plus vaste de France. La FRGDS ALPC a été créée le 15 mars 2016, elle sera l’interlocutrice des services de l’Etat (DRAAF/SRAL) et du Conseil Régional. Elle va coordonner et harmoniser des actions sanitaires conduites dans la région. La nouvelle configuration régionale renforce notre orientation de maintien d’un échelon départemental fort, facteur de proximité.

Une éradication IBR avec un renforcement des mesures dans les cheptels positifs

Vis à vis de l’IBR, un arrêté ministériel ayant pour objet son éradication vient d’être adopté par le CNOPSAV et devrait être effectif pour le 1er juillet. Les actions vont être renforcées dans les cheptels positifs. Les bovins positifs et vaccinés n’auront plus comme destination que l’abattoir ou un atelier d’engraissement dédié. Les circuits de transport et de commercialisation devront être séparés. Avec notre situation très favorable (< 3 % de cheptels positifs en IBR), ce nouvel arrêté devrait nous aider à finaliser rapidement l’éradication de l’IBR en Creuse permettant une limitation des contaminations et un allègement des prophylaxies.

Une stratégie nationale collective d’éradication du BVD

Face à cette maladie d’impact économique pouvant être très important, une stratégie nationale collective d’éradication a été décidée. En 2016, le plan d’action va se concentrer sur la finalisation des différents schémas à mettre à disposition des régions avec les composantes techniques et financières. Nous sommes fortement investis. Nous vous tiendrons informés au fur et à mesure de l’avancée de ces travaux.

Fièvre catarrhale, des vaccins pour le cheptel de souche depuis le 1er avril

L’Anses nous indique une diffusion inexorable du virus fièvre catarrhale sérotype 8 avec des impacts cliniques conséquents si le pouvoir pathogène du virus n’a pas changé. Dans ce contexte, la vaccination peut être considérée comme le seul outil de gestion efficace de la nouvelle épizootie à venir. De plus, la surveillance sérologique mise en place en début d’année montre que moins de 20 % de la population bovine est immunisée. Comme GDS Creuse, le CNOPSAV recommande donc de vacciner les cheptels pour les protéger. Ainsi, l’Etat met à disposition gratuitement du vaccin pour 8 millions de bovins et 2,5 millions d’ovins. La vaccination est volontaire, chacun peut donc se positionner individuellement.

Modalités pratiques pour la commande de vaccin

Nous avons transmis à chaque éleveur un courrier avec bon de commande le 16 mars pour la vaccination du cheptel souche. Pour les commandes transmises à GDS Creuse avant le 15 avril, si vous êtes concernés, rapprochez-vous de votre vétérinaire sanitaire qui dispose des doses de vaccin correspondantes. Vous pouvez effectuer ou faire effectuer (besoin de certification) la vaccination de votre cheptel souche dès maintenant. La prochaine date de fourniture des fichiers de commandes est le 02 mai. Donc, si vous souhaitez protéger votre cheptel de souche et que vous n’avez pas encore retourné votre bon de commande à GDS Creuse, faîtes-le rapidement.

Le plan Ecoantibio 2017

Autre actualité importante en matière de lutte contre les maladies contagieuses, c’est l’entrée en vigueur, à compter du 1er avril 2016, de nouvelles mesures réglementaires encadrant le recours aux antibiotiques critiques en médecine vétérinaire. C’est une des composantes du plan national de lutte contre l'antibiorésistance en médecine vétérinaire (plan Ecoantibio2017) mis en place depuis 2012. Un prochain article sera consacré à cette actualité. Un autre axe du plan Ecoantibio2017 est la diminution des pathologies dans les élevages. C’est notamment la mesure 14 de ce plan dont la finalité est de favoriser la prophylaxie sanitaire et zootechnique et les mesures de biosécurité. Les actions visent à prévenir l’introduction d’une maladie, l’apparition ou l’extension d’une maladie dans les élevages et la transmission d’une maladie d’un élevage infecté à d’autres cheptels (ou d’autres ateliers). C’est le fondement de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». C’est pourquoi nous allons poursuivre notre sensibilisation en direction de cette démarche « Le sanitaire… j’adhère ! » et de sa « boite à outils GDS Creuse ».

Une adaptation du PSE du GRASL

En matière de médicaments pour la prévention, en relation étroite avec les vétérinaires, nous avons développé au niveau régional un outil original, le plan sanitaire d’élevage (PSE) du GRASL. Après 25 ans, il est toujours largement utilisé. Avec les profonds changements de l’environnement technique, sociétal et réglementaire, il nous a semblé important de savoir si le mode de fonctionnement « historique » de notre PSE était toujours conforme aux attentes des adhérents (éleveurs), des membres fondateurs (GDS) et des membres associés principaux (vétérinaires). Pour répondre et adapter le PSE du GRASL aux nouvelles orientations, un audit a été réalisé auprès des éleveurs, vétérinaires, laboratoires pharmaceutiques fournisseurs et salariés du GRASL. Un plan d’action a été défini avec deux urgences : la mise en place du comité de pilotage pour les négociations avec les laboratoires et la communication à mettre en place en direction des vétérinaires et des éleveurs.

Le « mutualisme » : valeur fondatrice et pérenne des GDS

Par rapport à cette mission historique, valeur fondatrice et pérenne des GDS, deux éléments sont à relever.

Au niveau national, une section spécialisée ruminants du Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE) a été mise en place. Les indemnités versées par le FMSE et ses sections spécialisées sont financées par les cotisations des agriculteurs, et par les fonds publics provenant de l’Etat et de la communauté européenne, qui remboursent jusqu’à 65 % des indemnités accordées par le Fonds. Il est intervenu pour les blocages liés aux suspicions tuberculose en 2015 (2 dossiers en Creuse) et va contribuer en 2016 aux indemnisations liées aux blocages fièvre catarrhale de septembre/octobre 2015.

Au niveau départemental, du fait, d’une part, de la loi NOTRe et, d’autre part, des évolutions au niveau du Laboratoire Départemental d’Analyses d’Ajain, un travail important de concertation avec le Conseil Départemental va être mené pour que notre collaboration historique au service de la santé animale et, par voie de conséquence de la santé humaine, puisse se poursuivre.

Le nombre de visites en 2015 avoisine les 35.000 contre 21.000 en 2014 avec un pic de consultations lié à la résurgence de la fièvre catarrhale en septembre et en octobre. Retrouvez sur notre site le rapport complet de cette AG 2016 de GDS Creuse.

L’information des éleveurs et partenaires : une mission en développement constant

Cette mission poursuit son évolution en relation avec l’inflation des connaissances, de la réglementation, de l’actualité…, en fonction de vos besoins et avec l’intégration des nouveaux moyens. Notre site Internet avec sa lettre d’information hebdomadaire (665 abonnés) confirme ses succès et impact. Le nombre de visites en 2015 avoisine les 35.000 contre 21.000 en 2014. Le site s’organise autour de la « boite à outils » vis à vis des différentes espèces et s’enrichit en fonction des nouveaux éléments mis à disposition. GDS Creuse Mémo revu complètement a reçu un bon accueil. Nous renforçons sa diffusion et son utilisation. Le rapport complet de cette AG est disponible sur le site, n’hésitez pas à le consulter.

Les réunions d’automne à préparer dès à présent

2016 est une année de réunions cantonales de GDS Creuse à destination de tous les éleveurs avec le renouvellement des délégués cantonaux. Nous comptons sur les délégués qui souhaitent renouveler leur mandat, sur les éleveurs qui souhaitent s’impliquer pour les zones où c’est nécessaire et sur la mobilisation de vous tous pour participer à ces réunions. Nous allons solliciter vos délégués cantonaux au cours de cette année, n’hésitez pas à leur faire part de vos besoins.

Les grandes exploitations « nord-européennes » se sont adaptées en mettant en place des protocoles en fonction des cycles de production (vêlage, mise à l’herbe, tonte bovin…) et des saisons (printemps, été, automne et hiver) avec de très bons résultats en matière de production, reproduction, longévité et résultats sanitaires.

L’élevage, une activité humaine depuis 10.000 ans, de l’empirisme au protocole

Dans son intervention de fin d’assemblée, Jacques Le Bivic, Directeur technique de Kerbl France, a présenté l’importance de l’observation des animaux, le retour sur investissement induit et l’apport de la rationalisation avec les protocoles.

Une activité humaine depuis 10.000 ans

Il a débuté son exposé en expliquant que l’élevage, dès sa naissance, par son développement, a entrainé l’apparition de réseaux commerciaux pour le déplacement des troupeaux, pour la vente de ses productions (lait, viande, fromage, laine) et pour l’approvisionnement en matériels et produits nécessaires aux éleveurs comme le sel, les outils, l’échange de reproducteurs…

Une évolution constante depuis des siècles

Après l’apparition des principes de l’agriculture moderne avec la zootechnie au 18ème siècle, l’arrivée du modèle anglais avec la race durham au 19ème siècle, le 20ème siècle, a vu le développement des productions de masse pour faire face aux besoins des populations et au 21ème siècle émerge le bien-être animal.

La France, une terre d’élevage

La France, c’est aujourd’hui 19,3 millions de bovins, 7,2 millions d’ovins, 1,2 million de caprins et 13,3 millions de porcs. Le cheptel bovin montre une hausse de ses effectifs (+0,7 % 2014/2013), une baisse du nombre d’exploitations (-7 % 2014/2010) et donc un agrandissement des cheptels.

De l’empirisme au protocole

Face à cette situation, le temps consacré aux animaux est de plus en plus contraint. Or, la productivité numérique est une composante essentielle du revenu, d’où l’importance de l’investissement de temps auprès des animaux et de sa rationalisation. C’est ce que nous observons dans les grandes exploitations « nord-européennes » avec la mise en place des protocoles en fonction des cycles de production (vêlage, mise à l’herbe, tonte bovin…) et des saisons (printemps, été, automne et hiver). Jacques Le Bivic a expliqué que l’accent est à mettre sur le bien être animal car des animaux qui évoluent dans un environnement favorable, ce sont des capacités de production améliorées et des problématiques sanitaires diminuées.

Des protocoles pour chaque grand rendez-vous

La conduite des animaux peut être dissociée en 7 grands rendez-vous afin d’optimiser son temps de travail et limiter les problématiques : la mise bas car c’est un moment délicat, l’élevage des jeunes car c’est l’avenir du troupeau, l’hygiène et l’entretien du cheptel pour prévenir les déséquilibres, l’identification et le marquage pour une bonne efficacité du suivi, la contention pour le confort de l’animal et la sécurité de l’Homme, la qualité de la production laitière et l’entretien et l’hygiène de l’exploitation. Pour chaque domaine, des protocoles sont ainsi rédigés qui permettent à chaque intervenant (associés ou salariés) de connaître la méthodologie à suivre lors de chaque intervention. Les résultats sont très favorables. Cela correspond à ce que nous essayons de développer avec notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ».

GDS Creuse, avec « Le sanitaire… j’adhère ! » pour renforcer la coopération pour un troupeau sain, sûr et rentable

Fort de son expertise sanitaire animale collective au service de tous les élevages et à travers ses missions « d’apport de garanties de cheptel et d’image des élevages », « de lutte contre les maladies contagieuses », de « mutualisme » et « d’information », GDS Creuse a fait évoluer son action et continuera à la faire progresser en fonction des modifications des élevages, des besoins des éleveurs et de leur environnement, tout en conservant les bases fondamentales de la lutte collective et sanitaire, indispensables pour sa réussite. D’une lutte contre les maladies contagieuses, nous nous sommes orientés vers notre démarche plus globale, « Le sanitaire… j’adhère ! », permettant un renforcement de notre coopération pour un troupeau sain, sûr et rentable. Au nom de tous les éleveurs, Philippe Monteil a tenu à remercier nos partenaires : les vétérinaires, l’administration, en particulier la DDCSPP et son Service Santé Animale, le Laboratoire Départemental d’Analyses, le Conseil Départemental, le Conseil Régional, les Organisations Agricoles, notamment la Chambre d’Agriculture, le Crédit Agricole, nos instances régionales (GRASL… et maintenant FRGDS ALPC !) et nationale (GDS France), les délégués cantonaux et l’ensemble des salariés de GDS Creuse et de Farago Creuse.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires