Barrières, attention danger !

Cyrielle Delisle. Réussir Bovins Viande Octobre 2011

Eleveur et son troupeau charolais.
10 % des 6000 accidents du travail dont sont victimes chaque année les agriculteurs sont dus à des chocs provoqués par des barrières. (C. Delisle)

On estime qu’en moyenne, chaque année, les exploitants agricoles sont victimes de près de 6000 accidents du travail, avec ou sans arrêt, causés par les bovins… (source national MSA). Ce qui représente environ 16 % du nombre total des accidents du travail de la profession. La filière bovine est celle qui enregistre le plus de déclarations d’accidents. Au travers de ces chiffres, les MSA Orne, Sarthe et Mayenne se sont rendues compte que 10 % d’entre eux étaient la conséquence de chocs provoqués par des barrières. Au vu de ces données, un groupe de travail sécurité (GDS, centre d’insémination, MSA, Agrial et EDE de l’Orne) a été formé. Son rôle, réaliser une enquête terrain sur les accidents liés aux barrières pour ensuite pouvoir sensibiliser les éleveurs sur ce risque.

Des chocs parfois importants

Les résultats, témoignages recueillis dans 24 exploitations par les élèves de troisième de la Maison familiale et rurale d’Haleine dans l’Orne, ont été présentés lors des prairiales au Haras du Pin dans l’Orne.
« Une barrière est un outil présent dans tous les élevages et les accidents qui lui sont liés sont les plus dangereux », rappelle Dominique Lamour, technicien bâtiment du Groupement de défense sanitaire du cheptel ornais (GDSCO), avant de débuter la présentation. De cette étude, il ressort que les accidents du travail surviennent principalement dans les bâtiments (42 % des cas en stabulation), lors d’activités sur les animaux vivants (28 % avec des taurillons et 24 % avec des vaches allaitantes). Au moment de l’accident, les interventions sanitaires (25 %) et le tri des taurillons (21 %) sont les deux activités principales effectuées par les exploitants. Dans 50 % des cas, le choc avec la barrière a donné lieu à un arrêt de travail allant de quelques jours à un an. Les personnes sont souvent bousculées. Mais, il arrive également qu’elles soient projetées, coincées ou encore écrasées. Par exemple, une porte d’entrée arrière traditionnelle peut être violemment renvoyée contre l’agriculteur sous la pression des animaux consécutivement à une réaction de crainte.
Les blessures relevées touchent majoritairement les membres (plus de la moitié des person- nes interrogées). Viennent ensuite les blessures à la tête et au thorax. Les exploitants sont essentiellement victimes d’hématomes, de fractures ou de fêlures, de coupures voire de traumatisme crânien.

Mieux vaut prévenir que guérir

« C’est par la sensibilisation des éleveurs et la prévention que ce type d’accidents pourra être réduit. La prévention passe à la fois par la connaissance du comportement des animaux, une vigilance constante, un bon positionnement sur la barrière et sa mécanisation pour la maintenir (barrières anti-retour, frein…) », commente Dominique Lamour. Il est possible d’installer différents équipements qui doivent être choisis en fonction des besoins de travail de l’éleveur (production, nature et fréquence d’interventions, lieu d’intervention) et de tous ceux qui interviennent sur les bovins dans l’élevage.

Image 3

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires