Bilan 2008, orientations 2009 : Les bases de l'action sanitaire collective. Les meilleurs voeux du GDSCC pour 2009

Dr Didier GUERIN

L'épizootie de fièvre catarrhale a fortement marqué l'année 2008. Dans cette période difficile et mouvementée, un rappel des principes de base de l'action sanitaire collective semble utile pour mieux comprendre la démarche.

L'action sanitaire collective qu'elle soit intra ou inter cheptels repose sur des fondamentaux incontournables, gages de son efficacité. D'une part, l'arrivée de l'épizootie de fièvre catarrhale, phénomène non-connu depuis 50 ans avec l'épisode fièvre aphteuse, a entraîné un certain nombre de décisions dont la pertinence n'a pas toujours été comprise. D'autre part, les nouvelles obligations (décret relatif à la prescription des médicaments et rénovation de la visite sanitaire obligatoire en élevage bovin) constituent, au delà des contraintes réglementaires, une opportunité de bilans et d'analyses sanitaires approfondis au sein de son troupeau.

Les bases de la lutte contre les maladies animales infectieuses

Par rapport à une maladie qui va être considérée comme une menace économique et/ou sanitaire, l'objectif va être de se protéger ou de lutter contre ce danger. En fonction des caractéristiques épidémiologiques de cette maladie (contagiosité, mode de diffusion, virulence…), vont être déterminées les modalités de la lutte. Celle-ci s'organise autour :
• de trois choix d'objectif : laisser-faire, contrôler ou éradiquer,
• de deux stratégies : défensive (empêcher la maladie de pénétrer dans la zone ou l'élevage) ou offensive (éliminer ou contrôler la maladie dans la zone ou l'élevage),
• avec deux types de méthodes qui peuvent être combinées : sanitaire (hygiène générale, isolement, assainissement) ou médicale (vaccination, chimioprévention).

Une prophylaxie individuelle ou collective facultative ou obligatoire

La prophylaxie se constitue de l'ensemble des mesures médicales et sanitaires visant à prévenir ou limiter le développement ou faire disparaitre une maladie. Elle peut être individuelle (au niveau d'un élevage) ou collective (au niveau d'une zone). La lutte collective peut être obligatoire ou facultative en fonction des caractéristiques de transmission de la maladie.

Les composantes de la prophylaxie sanitaire

Une prophylaxie sanitaire offensive passe par le dépistage des cheptels infectés avec :
• si possible, le repérage des foyers d'origine et secondaires ;
• la mise en place de mesures de précaution (blocage et isolement de l'élevage : aucune entrée et aucune sortie) ;
• l'assainissement des cheptels infectés, généralement par abattage des individus suspects, exposés ou atteints. L'abattage est privilégié lors d'absence de traitement efficace et rapide, de présence de risque élevé de contagion, de gravité du danger, d'absence de réservoir (en particulier sauvage) ;
• la désinfection après l'assainissement.
La prophylaxie sanitaire défensive repose sur l'isolement de la population indemne de façon à éviter l'exposition à une population atteinte. Les mesures d'isolement sont diverses : interdiction des importations, confinement, dépistage et contrôle d'introduction, quarantaine.
La prophylaxie sanitaire a prouvé son efficacité mais présente des limites lors de grande contagiosité, de réservoir sauvage ou de transmission vectorielle.

Une vaccination d'utilisation adaptée selon la stratégie individuelle ou collective

La prophylaxie médicale par immunisation active (vaccination) est à privilégier lors de maladies virales. Les objectifs de la vaccination peuvent être de trois ordres :
• Protéger contre les signes cliniques. Elle peut s'effectuer au plan individuel. Elle ne permet pas d'éviter l'infection et réduit seulement l'excrétion.
• Faciliter les mouvements d'animaux au niveau national et communautaire. Dans le cadre d'une prophylaxie défensive, les zones non-contaminées ne vont permettre que l'entrée d'animaux considérés comme sans risques infectieux. Les animaux reconnus correctement immunisés peuvent rentrer dans ce cadre.
• Faire disparaitre les épizooties. Cela demande une vaccination généralisée de la quasi-totalité des animaux des espèces sensibles présents sur une zone donnée (80 à 90%, loi de Charles Nicolle). La vitesse de réduction de circulation de l'agent pathogène sera fonction de la proportion d'individus immunisés d'où la nécessité de vaccination collective généralisée pour atteindre cet objectif.

Pour la fièvre catarrhale, en 2009, un choix de vaccination généralisée…

• Du fait de son inscription à la liste A (maladies transmissibles qui ont un grand pouvoir de diffusion et une gravité particulière dont les conséquences socio-économiques et sanitaires peuvent être graves et dont l'incidence sur le commerce international des animaux et produits animaux est importante) de l'OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale,) avec l'impact économique correspondant,
• du fait de sa nature virale avec transmission vectorielle,
il a été fait un choix de vaccination obligatoire et simultanée contre les sérotypes 1 et 8 de la fièvre catarrhale.

… d'où la nécessité d'implication de chacun avec la vaccination de l'ensemble des animaux sensibles qui seront présents pendant la période d'activité vectorielle

La réussite de cette action nécessite la mobilisation de chacun avec la vaccination de l'ensemble des animaux sensibles qui seront présents pendant la période d'activité vectorielle pour que l'objectif de limitation de circulation des virus soit obtenu. La réussite d'une prophylaxie de ce type ne peut être que collective d'où son caractère obligatoire. C'est ce schéma de gestion sanitaire (le détail sera explicité dans un prochain article) qui a permis les luttes passées contre d'autres maladies d'envergure comme la fièvre aphteuse, la brucellose, la tuberculose…

La modification de la réglementation sur le médicament vétérinaire, préoccupations de santé publique et gestion sanitaire de son troupeau

2007 a vu la mise en place de deux importantes modifications réglementaires en matière de gestion sanitaire du troupeau : le décret relatif à la prescription des médicaments et la rénovation de la visite sanitaire obligatoire en élevage bovin. Une même logique a guidé ces adaptations réglementaires : au delà de la santé animale, une extension des préoccupations au champ de la santé publique vétérinaire. Au delà des contraintes réglementaires réelles que cela va engendrer, ces évolutions vont permettre un bilan de la situation sanitaire et des conseils sur les bonnes pratiques sanitaires générales appuyé un an sur deux sur la visite sanitaire obligatoire prise en charge par l'Etat. 2008, avec la problématique fièvre catarrhale, n'a permis qu'une mise en place partielle de ce schéma.

Le GDSCC poursuit sa mobilisation au service de tous les élevages

Dans cette période difficile, le GDSCC reste mobilisé pour une gestion sanitaire collective, adéquate et rationnelle basée sur les fondamentaux qui ont prouvé leur efficacité technique et économique à moyen terme. En ce début 2009, le Président, les Administrateurs et l'ensemble des agents techniques et administratifs du GDSCC se joignent à moi pour vous présenter leurs meilleurs voeux pour cette nouvelle année, notamment en matière sanitaire et restent à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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