Bilan de la surveillance de la tuberculose bovine : Une prévalence globalement faible, un renforcement de la lutte dans certaines zones

Marien BATAILLE

L'objectif de la surveillance est de détecter les foyers aussi vite que possible afin de poursuivre l'assainissement du territoire et de conserver le statut officiellement indemne pour les cheptels et le territoire. Du fait de la persistance de certaines zones infectées, la surveillance est localement renforcée.

La tuberculose bovine est une zoonose qui fait partie de la liste des maladies animales réputées contagieuses chez tous les mammifères. Toute suspicion est à déclarer aux services vétérinaires. Elle fait l'objet d'une qualification de cheptels nécessaire pour la commercialisation des animaux ou de leurs produits et dont le maintien est tributaire du respect de la réglementation associée.

Un dispositif de surveillance adapté en fonction des zones

La France est reconnue officiellement indemne de tuberculose bovine depuis décembre 2000. En tout, près de 3.000 exploitations ont été classées à risque de tuberculose, ce qui représente environ 1,3% des exploitations bovines françaises. Le dispositif de surveillance de la tuberculose repose sur deux méthodes :
• Le dépistage des animaux vivants par une prophylaxie obligatoire sur les animaux de plus de six semaines et selon les zones à risques. Le dépistage est effectué par intradermo-tuberculination (IDT). En fonction de l'évolution du taux de prévalence annuel départemental, des allègements du rythme de dépistage et de l'âge minimum des animaux dépistés sont réglementairement possibles.
• La surveillance à l'abattoir avec l'inspection systématique des carcasses. En cas de détection de lésions suspectes, les prélèvements des organes atteints et des noeuds lymphatiques sont transmis au laboratoire pour analyse histologique et bactériologique (culture et éventuellement PCR).

Une attention particulière lors des introductions

Les contrôles à l'introduction sont à réaliser systématiquement sur les animaux provenant d'exploitations classées à risque (par exemple en raison d'un lien épidémiologique avec un foyer) ou d'exploitations dont le taux de rotation annuel est supérieur à 40%. Les intradermo-tuberculinations sont effectuées dans les 15 jours précédant le départ ou suivant l'arrivée des animaux. Par ailleurs, les animaux de plus de six semaines dont la durée de transit entre deux exploitations est supérieure à six jours doivent également subir un contrôle d'introduction à destination (IDT).

Des investigations en cas de suspicion…

Un cheptel est considéré comme suspect lors de résultats positifs à l'IDT ou de lésions évocatrices à l'abattage. Le cheptel peut être placé sous arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS) et sa qualification est alors suspendue. Des investigations sont conduites en élevage : enquête épidémiologique et IDT. Le cheptel est requalifié lorsque toutes les IDT sont négatives. Dans certains départements, la mise en évidence d'un nombre élevé de foyers de tuberculose a conduit à adopter des stratégies spécifiques en combinant un abattage diagnostique des positifs. En cas de mise en évidence de lien épidémiologique avec un foyer avéré, l'élevage est considéré comme susceptible d'être infecté, sa qualification est suspendue et des investigations sont conduites par IDT et/ou abattage diagnostique.

…avec des mesures strictes d'éradication en cas de confirmation

Un troupeau infecté est placé sous arrêté préfectoral portant déclaration d'infection (APDI) et sa qualification est retirée. L'abattage total des bovinés de l'exploitation doit alors être organisé. Toutefois, dans certaines situations, le recours à l'abattage partiel a été rendu possible en raison de la conservation de races locales (Camargue), de la préservation d'une sélection génétique poussée ou en raison d'une pression d'infection plus élevée (Côte-d'Or, Dordogne). Des protocoles d'assainissement rigoureux, basés sur le contrôle périodique des animaux avec l'abattage des positifs, sont alors mis en oeuvre. Si la proportion d'animaux positifs est trop importante ou que le cheptel ne parvient pas assez rapidement à l'assainissement, un abattage total est, finalement, mis en place.

Une situation nationale globalement favorable…

La situation sanitaire de la France vis-à-vis de la tuberculose bovine en 2009 est globalement bonne, la prévalence n'étant que de 0,04%. Le dispositif de surveillance par tuberculination a été allégé en fonction de l'évolution de la situation épidémiologique. Des découvertes régulières d'animaux tuberculeux à l'abattoir doivent conduire à une plus grande vigilance et, le cas échéant, au renforcement des mesures de prophylaxie. Le maintien, voire l'amélioration, de la qualité de la réalisation des IDT de dépistage sur le terrain est également, dans certaines zones, une nécessité. Le renforcement des mesures de dépistage dans certains départements doit s'accompagner du maintien de la vigilance lors de l'inspection à l'abattoir dans les départements moins concernés. Dans un contexte où la maladie est devenue rare et où les cadences de chaînes d'abattage sont accélérées, des actions de formation et de sensibilisation sont nécessaires.

… avec une lutte intensifiée dans les zones à risques

Un des éléments essentiels pour le succès de cette lutte repose sur les efforts de coordination et de sensibilisation. La qualité des efforts de coordination, qui ont été mis en oeuvre en région Bourgogne, Aquitaine et Camargue sont à souligner. Les nouvelles techniques de dépistage comme le recours au dosage à l'IFN- (interféron) en complément des IDT ou à la PCR constituent des avancées technologiques indéniables, mais elles ne sont rien sans la volonté des différentes parties prenantes d'éradiquer la maladie. Enfin, des foyers de tuberculose dans la faune sauvage ont été détectés dans certains départements, ce qui suscite une inquiétude compréhensible, compte-tenu du rôle que tient la faune dans l'épidémiologie de la tuberculose dans d'autres pays (Grande-Bretagne, Irlande). Toutefois, la situation française n'est pas comparable à celle de ces pays et la tuberculose demeure en France avant tout un problème d'élevage.

Une vigilance pour le département de la Creuse

De réelles inquiétudes persistent concernant 2 zones touchées qui sont la Côte d'Or et la Dordogne. Pour la Creuse, compte-tenu des nombreux échanges avec ces régions, il est important de prendre certaines mesures de précaution, notamment dans le cas des introductions d'animaux en provenance de cheptels à risques de la Bourgogne ou de la vente à destination de la Dordogne. Cela demande un renforcement des mesures de précaution qui passe par :
• Un contrôle à la vente sur les animaux à destination de zones à risque (ex. de la Dordogne). La tuberculine doit être réalisée dans le cheptel d'origine afin de sécuriser les échanges.
• Pour les bovins en provenance de cheptels à risques, la mise en quarantaine dès leur arrivée en Creuse et leur tuberculination systématique.

Source GDS Creuse

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