Boeufs de Pâques : des formes pour les yeux et du goût dans les assiettes

Laurent Chupin (Texte et Photos)

Boeufs de Pâques :   des formes pour les yeux et du goût dans les assiettes
Romenay : les 4 championnes du concours

Apporté du plaisir à une clientèle qui apprécie la bonne viande, c’est le défi qu’on réussi à relever les 16 concours d’animaux de boucherie de Pâques qui se sont déroulés ces quinze derniers jours.

Comme il est maintenant de tradition une quinzaine de jours avant Pâques de nombreuses festivités sont organisées autour du Bœuf sur ces concours où chaque éleveur ou engraisseur peut confronter ses meilleurs spécimens. Préparées avec soin depuis de long mois, ces championnes sont la fierté des éleveurs et feront le bonheur des gourmets pour les fêtes pascales.

3.400 animaux présentés et échangés sur 16 concours

marché Rethel.jpg -web(Photo Actiouest)

Rethel : Grande Championne Parthenaise appartenant à Jean Christophe Lequinois de Machault (77) accompagné du président du jury Jean Yves Renard et acheté par la boucherie Meullier à EU (76) @ActiOuest

Ces manifestations sont également importantes pour montrer, au grand public et surtout aux enfants, la beauté de nos animaux, et la diversité des races françaises. Selon Monsieur Jean-Yves Renard, président de la FNCAB (Fédération Nationale des Concours d’Animaux de Boucherie de haute qualité), « les apports sont en légers replis pour cette année 2015 avec un peu plus de 3.400 animaux présentés et échangés sur les 16 concours de Pâques soutenus par la Fédération ». On peut ajouter 600 à 800 animaux en comptant toutes les manifestations de moindre envergure qui ont également primé les bovins de qualité bouchère.

Un concours, c’est le moment où les éleveurs peuvent confronter leurs meilleurs animaux avec souvent des surprises pour ceux qui débutent et se confrontent au très haut de gamme. Comme le souligne un éleveur de Rethel « je vois que ma bête manque de finition pour faire partie des championnes, je ferai mieux l’an prochain ».

Les jurys bénévoles, mais tous très professionnels sont souvent intraitables sur la finition des animaux. Jean-Yves Renard président de la FNCAB le rappelle à chaque fois « Vous juger des animaux pour qu’ils soient abattus demain et non pas dans deux mois ». La conformation, la finesse de cuir et l’élégance (finesse d’os, homogénéité..) sont les points majeurs que retiennent les juges. De super animaux en manque de finition sont souvent écartés, mais le classement est parfois ardu dans des sections homogènes. Les jugements sont parfois agrémentés de palabre usant d’un langage technique et fleuri. Les experts jaugent, manipulent et tâtent les championnes. "T’a vu la finesse du cuir" "elle n'a de boyau"... chacun donne son avis.

Une demande de proximité et de terroir

La qualité mise en œuvre cette année reste exceptionnelle, et met à l’honneur le travail et  la passion des éleveurs et des engraisseurs.

Rouen-web- copie

Rouen : Meilleure femelle du concours, une superbe Rouge des près appartenant à Monsieur Pierre Courseaux à la Cerlangue.@ActiOuest

Amener un animal haut de gamme à son top niveau le jour J, n’est pas une science exacte, mais une affaire d’expert.  Le repli des commandes confirme la tendance observée en 2014. Selon un responsable d’abattoir « Il faut se battre pour motivé des magasins ou les bouchers pour qu’ils prennent un animal de concours, et quand ils acceptent ils restent très tempérés sur les prix à mettre».

La recherche de produit de terroir et de proximité  reste une constante pour attirer le consommateur. Une belle plaque et une communication bien pensée seront des atouts pour drainer les ventes autour des regroupements familiaux de Pâques. Mais la rentabilité reste au cœur des négociations, car peu de magasin ou de bouchers peuvent valoriser des animaux au-dessus de 7,50€.  

Les GMS toujours présentes

Les grandes enseignes de la distribution restent largement présentes sur les concours. Les Leclerc, Carrefour, Auchan, System U… ont fait de belles acquisitions, mais le champion toute catégorie demeure le groupement Intermarché avec 493 achats sur 15 des 16 concours de Pâques (+14%).

De leur côté, si les bouchers ont des moyens financiers nettement moins importants que les GMS ou une partie du prix est faite de publicité, ils ont été très nombreux sur les concours et très actifs à l’achat comme la boucherie Joël Mellier de EU dans (76) avec l’achat de la Parthenaise championne de Rethel ou de bien d’autre Claude Azémard de Rodez (12), Jacques Henry Thomas de Créteil (94),  la boucherie Moine-Badet à  Givry (71) et bien d’autres passionnés que l’on ne peut citer. 

Un léger recul des prix

St Yrieix la Perche-web

Saint Yrieix la Perche : La lauréate du concours : une génisse de 40 mois et de 900 kilos appartenant à Georges RESTIER de la SCEA Restier à Saint Julien le Vendômois (Corrèze) et vendu aux enchères (10600 €) à Edouard Lesvêque pour le compte de Carrefour Merignac.

Au niveau des ventes, mis à part quelques grands prix de championnat toujours très bien valorisés comme à Rethel (19,40€), Baraqueville (20€) ou Saint Yrieix (10.600€), les vendeurs constatent un recul plus ou moins marqué des prix sur l’an passé. La SVA Jean Rozé (Intermarché) enregistre une moyenne d’achat en recul de 0,30€ carcasse sur l’an passé.

La gamme tarifaire la plus souvent constatée  va de 5,00€ à 8,00€ pour les génisses et de 4,50€ à 7,50€ pour les vaches  et de 4,80€ à 6,10€ dans les bœufs (ces chiffres laissent part à une très grande variabilité en fonction du sexe, des races et de la notoriété du concours). La seule note négative de cette édition 2015 est une dépréciation des animaux non primés notamment sur les concours multi-races, des tarifs au même niveau des prix pratiqués en campagne dans le commerce conventionnel. 

Malgré cette note finale, de nombreux éleveurs se disent près pour 2016, car la passion engendrée par ces manifestations ne peut que tirer la filière vers le haut, pour le plaisir de servir une viande succulente pour les fêtes Pascales.                                                                          

Source ActiOuest

Sur le même sujet

Commentaires 4

cscn12

tous ces concours n'ont rien à voir à la réalité du marché malheureusement!!

Bazilou

Ne nous plaignons pas et emboitons le pas à ces éleveurs qui obtiennent ces bons résultats.

Sylvie

Pour une fois que c'est dans ce sens, on va pas se plaindre.

Averonet

Déjà que la viande est chère...alors là c'est de la folie. On comprend bien qu'il y a un enjeu de communication; quand même ça peut donner l'impression que les agri font des super marges sur les ventes d'animaux...c'est loin d'être le cas.

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires