BVD ou maladie des muqueuses. Une gestion fortement évolutive

Dr Didier GUERIN

BVD ou maladie des muqueuses. Une gestion fortement évolutive

Journée nationale BVD de GDS France => La gestion de la maladie des muqueuses ou BVD connait des évolutions tant en matière d’outils diagnostiques disponibles, d’apport de garantie à l’animal que d’approche collective.

La maladie des muqueuses ou BVD Explication de la maladie, conséquences cliniques

BVD ou maladie des muqueuses. Une gestion fortement évolutive

La maladie des muqueuses est due à un virus capable de franchir la barrière placentaire et d’infecter le fœtus pendant la gestation. De plus, pendant une 1ère phase, il diminue les défenses immunitaires des animaux contaminés et permet ainsi le développement de pathologies intercurrentes. Si le virus traverse la barrière placentaire, on distingue 4 phases principales :

  • Infection avant le 40ème jour de gestation, risque de mortalité embryonnaire.
  • Infection entre le 40ème et le 125ème jour de gestation, risque de création d’IPI.
  • Infection entre le 40ème et le 150ème jour de gestation, avortement ou malformations.
  • Infection après le 150ème jour de gestation, comme après la naissance, de façon asymptomatique, infection transitoire et développement d'une immunité protectrice.

La BVD connait des avancées en matière d’analyse (PCR), de suivi de troupeau (sérologies de mélanges sang et lait en série), de matrice d’analyse (cartilage auriculaire), d’approche collective (programmes d’éradication dans certains pays, programmes de maîtrise de la circulation virale en France)… Devant ces évolutions récentes, ce 14 juin, GDS France a organisé une journée technique nationale BVD.

Une large circulation du virus BVD dans une majeure partie de la France avec un impact clinique variable

Diverses enquêtes épidémiologiques, que ce soit en Limousin, Bourgogne, Normandie, Lorraine…, montrent une large circulation du virus BVD. Alors qu’une enquête limousine avait montré en 2004 que 8% des cheptels se contaminaient par an, en Bourgogne, c’est 1 bovin sur 7 qui rencontre le virus chaque année, en Lorraine, c’est 1 cheptel sur 5 qui est concerné. L’impact clinique est variable suivant le stade de gestation du bovin contaminé (cf. encadré). Les structurations d’élevages (lots différents en élevage laitier et allaitant), les périodes de vêlages et donc de gestation, leur modification, les niveaux de production… constituent autant de variables influant de manière très significative l’impact de la maladie dans un élevage.

Une maîtrise de la circulation virale BVD alliant mesures sanitaires et médicales

Le Professeur François Schelcher, de l’Ecole Vétérinaire de Toulouse, a indiqué que la maîtrise de la circulation BVD se constitue des composantes suivantes :

  • L’assainissement des troupeaux infectés avec dépistage et élimination des IPI et vaccination des gestantes à risque.
  • Certification individuelle des bovins non-IPI. Cette garantie ne couvre pas les risques liés à l’introduction du virus BVD par un excréteur transitoire et n’annule donc en rien la nécessité d’un isolement minimum de 15 jours de tout bovin introduit.
  • Protection vis à vis des nouvelles infections : sécurisation des échanges de bovins et maîtrise des points à risque.
  • Certification des troupeaux : suivis des critères d’infection (suivis sérologiques de mélanges sang et lait).

Des demandes internationales en évolution…

Françoise Dion de Races de France a indiqué que, dans le cadre des échanges internationaux, la BVD ne fait pas partie de la liste de l’OIE et aucune exigence n’est prévue par l’Union Européenne. L’OIE recommande l’identification de l’agent dans le cadre des discussions bilatérales. Ainsi, l’éradication engagée dans certains pays (depuis 1994 en Norvège, Suède, Danemark, Finlande ; depuis 2011 en Allemagne, Suisse, Autriche) entraine des demandes de garantie pour les animaux entrant sur ces territoires.

… avec des orientations régionales adaptées aux situations locales

Du fait d’une situation épidémiologique favorable (prévalence plus faible liée à la très forte structuration laitière) et d’un impact clinique relatif plus important (impact sanitaire BVD plus important en élevage laitier), la Bretagne s’est engagée dans un plan collectif de maîtrise de la circulation virale. Face aux contraintes de frontière qui vont évoluer, le Grand Est (5 régions, 17 GDS) met en place un programme collectif de réduction des IPI avec, à terme, un objectif d’éradication de la BVD. Pour les zones allaitantes, comme la Bourgogne, une évaluation technico-économique est en cours afin de prendre en compte les spécificités des élevages allaitants, évaluer les coûts de la maladie, confronter différentes stratégies de maîtrise collective.

BVD ou maladie des muqueuses. Une gestion fortement évolutive

Un nouvel outil : le prélèvement de cartilage avec la boucle auriculaire avec une étude de faisabilité par GDS France

La boucle auriculaire préleveuse de cartilage permet le dépistage précoce du virus BVD chez le veau nouveau-né. Ce dispositif constitue l’outil opérationnel d’un programme d’éradication collective dans plusieurs pays européens. Cet outil est aussi très intéressant pour améliorer l’efficacité des plans individuels d’assainissement. C’est dans ce double contexte que GDS France a décidé de conduire, avec plusieurs partenaires, une étude afin de mettre à la disposition des éleveurs un nouvel outil pour la lutte contre la BVD. 139 éleveurs, 8 GDS (01, 69, 25, 39, 70, 90, 15, 50), l’ANSES, l’ISAE 35 et le LVD 25, Allflex et GDS France, ainsi que les vétérinaires et les laboratoires départementaux des élevages concernés ont participé à cette étude.

Contrôle à l’introduction avec isolement, protection des génisses avant la 1ère mise à la reproduction, bases majeures de la prévention

Quelle que soit l’orientation choisie, la prévention de l’impact clinique de la maladie des muqueuses passe d’abord par une stricte application de la maîtrise des points à risque. Dans les élevages avec peu d’introductions ou de facteurs de risques de contamination (mélanges d’animaux, participation à des rassemblements…), cela demande :

  • Un contrôle des animaux introduits avec un isolement strict pendant 15 jours, d’où le dépistage systématique mis en place et pris en charge par GDS Creuse et la nécessaire utilisation du billet de garantie conventionnelle.
  • Une protection spécifique de la 1ère moitié de gestation des génisses avec une vaccination systématique avant la 1ère mise à la reproduction.
  • Une protection ciblée pendant la 1ère moitié de gestation des vaches par rapport au contact avec le voisinage.

Dans les élevages avec de nombreux facteurs de contamination, cela implique une vaccination annuelle de toutes les gestantes. Face à la difficulté d’appréhension de cette maladie, devant les implications économiques qu’elle peut engendrer, GDS Creuse et votre vétérinaire restent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

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