Changements climatiques : Sécuriser la production fourragère

Sandra Roupnel

Le semencier Jouffray-Drillaud présente un éventail de solutions pour adapter les systèmes fourragers à un nouveau contexte climatique.

Il ne fait plus de doute que le réchauffement climatique en cours aura des conséquences sur la production agricole. Moins de pluies au printemps et en été, températures plus élevées, sécheresses et autres événements extrêmes plus fréquents… les facteurs qui vont influer sur la croissance des cultures dans les années à venir sont nombreux. « Le choix d'espèces résistantes au sec, comme la luzerne, la fétuque élevée ou le dactyle, est loin d'être la seule solution, estime Philippe Gratadou, chef de marché semences Jouffray-Drillaud. D'autant qu'on ne connaît pas, en Europe, de graminées fourragères capables de fortes croissances à plus de 28 °C. »
Pour tirer au mieux parti de son système fourrager, malgré les variations annuelles ou saisonnières du climat, l'éleveur peut, par exemple, mettre en place des cultures à double fin — du maïs ou des céréales — à utiliser en grain ou immatures en pâturage ou ensilage. Mais attention, dans les zones où l'irrigation ne sera pas possible, le maïs risque de connaître de fortes baisses de rendement. Les couverts d'interculture à base de fourragères (colza, navette, rave) présentent également une double fonction.

La gestion des stocks fera partie des adaptations à mettre en oeuvre. Il s'agira de constituer davantage de stocks les bonnes années. À noter que la distribution de ces stocks risque d'être répartie sur deux périodes, avec une moindre utilisation au cours de l'hiver mais davantage de besoins au cours d'étés au déficit hydrique marqué. Dans ce cadre, nul doute que les dérobées d'été (trèfle d'Alexandrie, sorgho, moha), un peu oubliées, mériteront d'être redécouvertes. Parmi les espèces constitutives de stocks, citons encore la luzerne, les mélanges graminées-légumineuses, les ray-grass d'Italie et hybrides, les festulolium.

Une adaption de la gestion des stocks de fourrage sera nécessaire dans les années à venir : des vaches à l'herbe en hiver permettront de faire des économies de fourrage pour l'été. (E. Durand)

Une adaption de la gestion des stocks de fourrage sera nécessaire dans les années à venir : des vaches à l'herbe en hiver permettront de faire des économies de fourrage pour l'été. (E. Durand)

 

Nouvelle gestion des stocks

Le mode d'exploitation de la ressource herbagère devra aussi évoluer. Il faudra compter sur un rendement augmenté au déprimage (départ en végétation plus précoce) et en dernière exploitation (repousses tardives), peu de modifications pour les coupes de printemps et une forte baisse de rendement dès le début de l'été. Plus aléatoire, la gestion de l'herbe demandera certainement à l'avenir davantage de technicité et de réactivité.

Source Réussir Bovins Viande Mars 2008

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