Conseil d'Administration de GDS Creuse : Déséquilibres sanitaires, fièvre catarrhale et autres dossiers au Conseil d'Administration

Marien BATAILLE / Dr Didier GUERIN

Conseil d'Administration de GDS Creuse : Déséquilibres sanitaires, fièvre catarrhale et autres dossiers au Conseil d'Administration

Ce 05 août, GDS Creuse a réuni son Conseil d'Administration afin d'élire son bureau et faire le point sur les différents dossiers sanitaires.

Suite à son Assemblée Générale du 16 avril 2010, le Conseil d'Administration de GDS Creuse s'est réuni ce 05 août. La campagne de vaccination fièvre catarrhale et les forts déséquilibres sanitaires rencontrés dans certains élevages ont constitué le coeur de cette réunion. Sont présentés ici ces deux dossiers principaux. Concernant les nombreux autres dossiers sanitaires étudiés, des informations vous ont déjà été apportées (Farago Creuse, section ovine, faune sauvage, …) ou seront détaillées (IBR, paratuberculose,...) dans d'autres articles.

Un bureau de GDS Creuse dans la continuité

Le Conseil d'Administration se compose de 18 membres à voix délibératives : 12 délégués cantonaux (élus par les 102 délégués cantonaux lors de l'Assemblée Générale) et 6 représentants de structures (Groupement Technique Vétérinaire, Ordre des Vétérinaires, Syndicat Départemental des Vétérinaires d'Exercice Libéral, Conseil Général, Chambre d'Agriculture et Syndicat Départemental des Exploitants Agricoles majoritaire). Le nouveau bureau élu est dans la continuité.

Une campagne de vaccination de la fièvre catarrhale généralisée efficace

La forte implication de tous, éleveurs, vétérinaires, DDCSPP et GDS Creuse a contribué à ce que cette vaccination soit finalement une réussite sur le terrain avec un taux de couverture actuel supérieur à 80% pour les bovins et les ovins pour 2010. Rappelons que d'après la loi de Charles Nicolle, le seuil de 80% correspond au seuil à partir duquel l'ensemble de la population sensible (animaux vaccinés et non-vaccinés) est protégée par la vaccination. Ceci a permis de maîtriser la circulation virale et ainsi éviter les énormes problèmes sanitaires et commerciaux auxquels ont fait face les éleveurs en 2008 et début 2009. C'était l'objectif premier de ce fort engagement de GDS Creuse pour l'obtention de cette vaccination généralisée avec un fort retour collectif pour le bien de chacun. Ainsi, alors qu'il avait été déclaré, en 2008, plus de 32.000 cas cliniques au niveau national dont plus de 1.200 en Creuse, en 2009, moins de 90 foyers ont été signalés en France et aucun en Creuse, en 2010, à ce jour, un seul cas a été déclaré en France.

Une demande de prise en charge des accidents post-vaccinaux qui se poursuit

Selon l'Agence Nationale du Médicament Vétérinaire (ANMV), l'analyse des déclarations de pharmacovigilance a montré que moins d'un animal vacciné sur 50.000 est susceptible de présenter un effet indésirable et que moins d'un animal vacciné sur 200.000 est susceptible de mourir. L'ANMV considère ces incidences comme très rares. Ces taux correspondent à ce qui a été observé dans le département. Cependant, mêmes si ces conséquences sont très rares, elles existent et constituent de manière individuelle un impact non-négligeable. GDS Creuse s'est investi dans la reconnaissance par l'Etat de ces pertes afin d'obtenir leur indemnisation. Pour l'instant, la réponse est négative. Afin d'obtenir réparation tout en limitant la durée du préjudice pour les éleveurs concernés, le Conseil d'Administration de GDS Creuse a décidé, à l'unanimité, dans le cadre de sa mission mutualisme, d'assurer un relai d'indemnisation. Ainsi, dans un 1er temps, toute mortalité pour laquelle la conclusion de l'ANMV faisant suite à une remontée de pharmacovigilance indique une relation au minimum possible avec la vaccination fera l'objet d'une prise en charge par GDS Creuse. Le tribunal administratif sera ensuite saisi pour demander une reconnaissance de l'implication de l'Etat et ainsi, constituer une jurisprudence et obtenir réparation.

Pour la campagne 2010-2011, une vaccination volontaire « sans baisser la garde »…

Selon l'ANSES (ex AFSSA), étant donné la probabilité élevée de circulation du virus de la fièvre catarrhale en 2010 (estimée entre 8 et 9 sur une échelle de 0 à 9), cela demande le maintien d'un taux de couverture vaccinale le plus élevé possible chez tous les animaux réceptifs durant la campagne 2010-2011. GDS France et GDS Creuse considèrent donc qu'il est essentiel de ne pas « baisser la garde » et que, de manière volontaire, les éleveurs doivent continuer de protéger leur cheptel par une vaccination de masse de leurs animaux.

… des incertitudes persistantes pour les modalités d'échanges des animaux

Des incertitudes pèsent encore pour les modalités d'échange des animaux avec nos principaux partenaires. Pour les animaux en âge d'être vaccinés et destinés aux échanges (notamment les broutards), ils devront continuer d'être vaccinés par le vétérinaire sanitaire. Dans le cadre de l'accord bilatéral entre la France et l'Italie, l'évolution vers une vaccination volontaire n'obligerait plus à une vaccination des cheptels de souche par le vétérinaire sanitaire. Pour les jeunes animaux non encore vaccinables, la réglementation oblige à ce qu'ils proviennent de cheptels valablement vaccinés. Sur ce sujet, des discussions sont en cours avec un bon espoir que l'Administration française obtienne rapidement un accord permettant une fluidification des mouvements commerciaux tout en maintenant une garantie sur le haut niveau de sécurité sanitaire.

Face à l'état de déséquilibre profond de certains élevages, une action collective

A GDS Creuse, nous avons très largement été sollicité pour des pathologies d'élevage importantes, les visites effectuées ont révélé, d'une part, des carences très importantes en minéraux et d'autre part, des impasses sur les mesures de prophylaxie de base (traitement grande douve en particulier) avec des conséquences importantes. Certains élevages creusois se trouvent en état de déséquilibre important en raison de l'enchainement d'événements défavorables : hiver 2007/2008, mauvais fourrages ; 2ème semestre 2008, épizootie de fièvre catarrhale ; saisons de pâturages 2008 et 2009 humides, déminéralisations importantes ; difficultés économiques, impasses sur traitements et complémentations ; focalisation sur la fièvre catarrhale ou la vaccination, « limitation » du travail d'observation et d'analyse de certains éleveurs et développement d'autres problématiques... Bien que cette situation ait été identifiée et ait fait l'objet d'alertes au cours de l'hiver, notamment par GDS Creuse, la portée du message n'a pas été suffisante puisque certains élevages ont eu des pertes conséquentes. Face à cette situation, il a été décidé, d'une part, la mise en place d'un groupe de travail par GDS Creuse en relation avec les vétérinaires et la Chambre d'Agriculture pour affiner les éléments d'alerte et améliorer la sensibilisation des éleveurs et, d'autre part, fournir à chaque éleveur un bilan sanitaire prérempli reprenant les données de l'élevage et ainsi permettre une analyse individuelle pour une approche collective de son cheptel mieux maitrisée.

En conclusion, une forte cohésion nécessaire pour surmonter la crise actuelle mais aussi poursuivre le renforcement de la maîtrise des risques sanitaires

Philippe Monteil a tenu à rappeler la nécessité de forte cohésion du triptyque éleveur – vétérinaires – administration afin de surmonter cette crise et poursuivre le renforcement de la maîtrise des risques sanitaires, chantier essentiel, pour la gestion sanitaire de nos troupeaux, engagé ces dernières années.

Source Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse

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