Consommation d’antibiotiques en baisse dans les élevages français

SC avec AFP

Consommation d’antibiotiques en baisse dans les élevages français
Objectif : réduire de 25% l'usage des antibiotiques par les vétérinaires en cinq ans (DR)

La surconsommation d'antibiotiques et la multiplication des bactéries résistantes constituent un problème pour les animaux d’élevage, selon l'agence sanitaire Anses* qui a consacré lundi un colloque sur ce sujet et dévoilé des chiffres encourageants.

Une baisse marquée dans les élevages de porcs

Consommation d’antibiotiques en baisse dans les élevages français

Les volumes d'antibiotiques utilisés dans les élevages ont chuté de 31% entre 1999 et 2011, et de 10% pour la seule année 2011. Cette diminution reflète les progrès effectués par les fabricants en termes d'efficacité, avec des doses plus faibles, mais aussi les efforts des filières pour limiter l'usage de ces médicaments.

Un autre calcul, celui de "l'exposition animale aux antibiotiques", montre une baisse globale de 3,7% entre 2010 et 2011. Les  baisses d'utilisation les plus importantes ont été enregistrées pour les élevages de porcs (-8,6% sur un an et -29% sur cinq ans) et de lapins (-6,9% en un an). Les reculs sont moindres pour les volailles (-4%), les bovins (-3,6%) et les chats et chiens (-1,5%), selon l'Anses.

L'utilisation d'antibiotiques par les élevages d'animaux en France s'affiche globalement en baisse ces dernières années. "Les filières ont été sensibilisées au fait qu'on allait, pour certains antibiotiques, vers un vrai problème de santé publique et il y a eu une vraie prise de conscience des éleveurs et vétérinaires", explique Gilles Salvat, directeur de la santé animale et du bien-être des animaux à l'Anses qui s'exprimait en marge du colloque "L'antibiorésistance en santé animale".

Comme chez l'homme, la surconsommation d'antibiotiques dans les élevages accroît le phénomène de résistance des bactéries aux traitements, ce qui peut conduire à des impasses thérapeutiques.

Les résistances à un type d'antibiotique, les céphalosporines de troisième génération (C3G), ont ainsi fortement progressé dans les élevages de volailles ces dernières années, alors que l'usage de ce médicament explosait.  L'arrêt de l'utilisation des C3G chez les poussins à la fin 2011 a déjà eu  pour effet de faire reculer le phénomène de la résistance dans ces élevages.

Le bénéfice d'un "usage raisonné" des antibiotiques n'est pas seulement pour les éleveurs mais aussi pour la santé humaine.  Deux classes d'antibiotiques abondamment utilisés dans les élevages (céphalosporines et fluoroquinolones) sont aussi des traitements utilisés comme thérapie alternative chez l'homme pour certaines infections et leur sur-utilisation dans le monde animal n'est donc pas sans poser problème pour la santé humaine.

 La surconsommation d'antibiotiques par les animaux conduit en effet à la "sélection de gènes de résistance" qui peuvent ensuite migrer vers l'homme, soit par contact direct soit par l'intermédiaire des aliments, explique M. Salvat.  Fin 2011, les autorités sanitaires ont mis en place le plan "Ecoantibio 2017" dont l'objectif est de réduire de 25% l'usage des antibiotiques par les vétérinaires en cinq ans.

* Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail 

Publié par SC avec AFP

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Commentaires 1

scarlatine

en élevage bovin, ce plan est négatif car certaines de nos vaches seront malheureusement destinées à l'euthanasie faute de ne plus pouvoir utiliser occasionnellement un traitement efficace = le bien être animal.........de plus le prix de la visite sera largement augmenté (x3) du fait que les vétérinaires ne pourront plus prescrire et vendre des médicaments ..de plus, alors que les vétérinaires ruraux se font plus rares, plus aucun d'entre eux ne voudra s'installer en rural

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