Corrèze : De la place pour l'installation de nouveaux éleveurs en veaux de lait

Emilie Durand

Lors du Festival de l'élevage à Brive-la-Gaillarde, les présentations concernant la production du veau de lait avaient pour but d'attirer consommateurs et éleveurs vers cette production.

« La Corrèze produit pas moins de 30 000 veaux sous la mère par an et 60 % de ceux-ci
seront effectivement labellisés. Le poids d'abattage moyen est de 140 kilos carcasse. Les
prix varient de 3 euros du kilo pour un veau de qualité moyenne à 6 euros 50 du kilo pour
un veau de qualité supérieure. En plein hiver les prix peuvent monter à 10 euros du kilo
pour un veau extra », commence Gilbert Delmond, président de l'Association pour le
développement de l'élevage corrézien (Adeco), mais aussi producteur de veaux de lait et
inlassable promoteur de cette production. Dans le contexte actuel, le veau de lait dispose
de sérieux atouts pour séduire de nouveaux producteurs avec un revenu et un marché
plutôt stables à l'opposé de ceux du broutard. De même, les cinq mois et demi de durée
d'engraissement ne laissent pas indifférent, avec aussi la possibilité de faire un pré-
engraissement des vaches de réforme simultanément à la période d'allaitement de leurs
veaux. Malgré cela, l'engouement des jeunes pour cette production reste limité. Les
contraintes de la tétée, similaires à celles d'un troupeau laitier, les investissements dans
des boxes collectifs pour les veaux à l'engrais ou dans la salle de tétée en refroidissent plus
d'un.

Pour Gilbert Delmond, président de l'Association pour le développement de l'élevage corrézien (Adeco), la production de veaux sous la mère est « une filière en manque de près de 25 000 veaux. »(E. D.)

Pour Gilbert Delmond, président de l'Association pour le développement de l'élevage corrézien (Adeco), la production de veaux sous la mère est « une filière en manque de près de 25 000 veaux. »(E. D.)

Un veau de 4 à 5 mois rapporte autant qu'un broutard

Les consommateurs du veau de lait corrézien se situent plutôt en Région parisienne, Côte
d'azur et Bretagne, là ou les bouchers disposent d'une clientèle à bon pouvoir d'achat. « Il
s'agit d'un des veaux les plus chers du marché car il représente un terroir, un savoir-faire. Il
possède une excellente image de marque. Certaines grandes surfaces commencent
d'ailleurs à s'intéresser sérieusement à ce produit », continue Gilbert Delmond. Mais la
production accuse toujours un déficit de novembre à janvier. « Il ne faudrait pas diminuer
encore cette production car l'effet rareté, au-delà du maintien d'un prix élevé, pourrait faire
perdre la valorisation du produit. La filière deviendrait alors inorganisable. Un boucher qui ne
peut être approvisionné régulièrement en veau sous la mère arrête ses ventes. Le
reconquérir reste difficile. » Pour Francis Rousseau, animateur au Comité
interprofessionnel du veau sous la mère, près d'un millier d'éleveurs pourraient encore
s'installer dans la filière et une production supplémentaire de 30 % pourrait être écoulée
chez les bouchers chaque année.

Source Réussir Bovins Viande Octobre 2008

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