Dépenses des Français : Les comportements d'achat modifiés par la crise de 2008

François d'Alteroche

Pour les biens alimentaires, la crise de 2008 s'est traduite par une plus grande volatilité entre enseignes, marques, conditionnements et familles de produits.

La dernière crise économique et la baisse du pouvoir d'achat ont eu un impact sur la répartition des dépenses des ménages. « Depuis 2008, les ménages ont tendance à réaliser des économies sur le poste alimentation, moins incompressible que d'autres charges, comme le logement. Ils adoptent de nouveaux comportements d'achat qui les conduisent à arbitrer davantage entre les enseignes, les marques, les conditionnements, mais aussi entre les familles de produits (viande ou poisson, légumes ou féculents…), voire à l'intérieur de chaque famille de produits (viande blanche plutôt que viande rouge, conserves plutôt que produits frais…) », explique FranceAgriMer dans une étude consacrée à l'impact de la crise sur l'évolution des comportements de consommation alimentaire des Français.

L'alimentation était il y a 50 ans le premier poste de dépenses des Français. Aujourd'hui la principale charge financière incombant aux ménages est celle du logement. (P. Olivieri/Union du Cantal)

L'alimentation était il y a 50 ans le premier poste de dépenses des Français. Aujourd'hui la principale charge financière incombant aux ménages est celle du logement. (P. Olivieri/Union du Cantal)

Économies dans tous les domaines

Ce travail a été réalisé en 2008 et 2009 auprès de différentes familles habitant Paris ou la région parisienne. Il apparaît d'abord que la baisse des revenus disponibles s'est traduite par des économies dans un peu tous les domaines. « Toutefois, des priorités se dégagent : l'alimentation, les vêtements, les sorties et les vacances sont les quatre postes où il est le plus facile de réduire ses dépenses. » Le temps consacré aux courses tend à être plus important avec l'établissement d'une liste d'indispensables et un montant à ne pas dépasser. Il apparaît également que les Français utilisent de façon plus importante les différents tickets de réduction, comparent les prix entre marques nationales et marques de distributeurs, font la « chasse aux promos » et tendent à effectuer un transfert de leurs achats du frais vers le sec et le congelé suivant le prix au kilo incluant au besoin d'éventuels changements de format d'achat.
Pour autant, les achats dits « d'impulsion » n'ont pas disparu. « Mêmes touchées par des baisses de revenu, les familles enquêtées continuent à se faire plaisir, notamment au travers des achats pour les enfants. De plus, certaines marques apparaissent comme des bastions de résistance, notamment dans l'alimentaire, et ce d'autant plus qu'elles disposent d'une symbolique marquée et/ou d'une spécificité gustative qui ont créé avec le temps un ‘lien affectif' avec les consommateurs. » C'est le cas de certains sodas et pâtes sucrées à tartiner.

La viande n'est plus incontournable à chaque repas

Si l'on analyse les évolutions de comportements d'achat pour les seuls produits carnés, la viande n'apparaît plus comme un aliment incontournable à chaque repas. « On enregistre un transfert de la viande rouge, jugée chère au profit de la viande blanche qui se révèle pour ces familles plus économique, plus rassurante, plus saine, plus variée et qui offre une facilité d'utilisation. Chez les ménages de l'étude, on note également un transfert au sein des produits carnés vers des produits dérivés : saucisses, nuggets, raviolis ou boulettes. On constate une augmentation des achats en promotion ou en quantités, destinés à être congelés », précise FranceAgriMer.

 

 

Source Réussir Bovins Viande Septembre 2011

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