Des génisses primeures sous contrat avec CCBE

Sophie Bourgeois

Le prix des génisses primeures contractualisées est déterminé par le principe d'un prix « pivot » et d'une fourchette de plus ou moins 15 centimes d'euro. (F. d'Alteroche)
Le prix des génisses primeures contractualisées est déterminé par le principe d'un prix « pivot » et d'une fourchette de plus ou moins 15 cts. (F. d'Alteroche)

Il n'y a pas que les jeunes bovins qui peuvent faire l'objet d'un contrat. Les génisses de boucherie sont aussi concernées avec la concrétisation d'un marché qui s'avère régulier pour ce type d'animaux destinés à l'origine à l'exportation en Italie. Il s'agit de génisses abattues à un poids de carcasse de 285 à 330 kg après un engraissement de quelques mois, essentiellement réalisé en ration sèche.

L'organisation de producteurs CCBE (Creuse Corrèze Berry Élevage) propose à ses adhérents un contrat portant sur ces « génisses primeures ». Actuellement une centaine de génisses sont commercialisées chaque semaine. Un contrat a été signé en mai avec les établissements Puigrenier à Montluçon, qui ont eux-même contractualisé avec leurs clients de la restauration commerciale et de la grande distribution. Ce contrat est aussi approvisionné par l'organisation de producteurs Sicagieb dans l'Allier.

« La filière est créative au niveau de la découpe, et le montage du dossier s'est fait en bonne intelligence entre les différents maillons de la filière pour obtenir un produit parfaitement adapté au marché », explique Bruno Papineau, responsable de la production à CCBE. Au niveau de l'éleveur, l'engagement est annuel et porte sur un nombre de génisses définies par leur poids, âge et conformation, et sur une période de sortie.
 

Prix pivot négocié une fois par an

Le prix est déterminé par le principe d'un prix « pivot » qui est négocié une fois par an, et d'une fourchette de plus ou moins 15 centimes d'euro autour de ce prix. « Ce mécanisme permet de rester connecté au marché tout en sécurisant le prix que touche l'éleveur. La fourchette n'est pas très large, mais cela permet déjà un certain amortissement. » Une caisse de péréquation a été mise en place avec les établissements Puigrenier. Si le prix de marché au moment de la sortie des génisses est au-dessus du « prix pivot + 15 centimes d'euro », le surplus est prélevé et réparti pour moitié entre l'éleveur et la caisse de péréquation. Il y a donc finalement un prix minimum garanti (prix pivot – 15 centimes d'euro), mais pas vraiment de prix plafond. Cette année, pour inciter la sortie de génisses sur une période hivernale pendant laquelle la disponibilité en animaux est habituellement moindre, les – 0,15 euro ne seront pas appliqués grâce à la caisse de péréquation.

Le fait de contractualiser a permis de clarifier le produit et de progresser sur la technique d'engraissement de cette catégorie d'animaux. « C'est aussi une bonne façon de mettre le pied à l'étrier dans l'engraissement. » Ces « babynettes » ne sont en effet pas conservées beaucoup plus longtemps que des laitonnes repoussées et le dispositif permet d'évaluer la marge dégagée par animal dès le moment de sa mise en place avec un objectif de 1100 g de GMQ.

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