Détaupisation d'automne : LUTTE CONTRE LES TAUPES. L'AUTOMNE, UNE SAISON PROPICE POUR LA MAITRISE

Aurélien LEGRAND / Dr Didier GUERIN

La taupe représente une problématique importante dans une région herbagère comme la notre et nécessite donc une attention particulière. Les périodes favorables d'intervention se situent à l'automne et au printemps.

La gestion rationnelle nécessaire des exploitations implique de prendre en compte tous les facteurs pouvant entraîner des pertes de production, en particulier pour les fourrages. C'est pourquoi le problème de la taupe n'est pas à prendre à la légère.

Les taupinières, signe extérieur en périodes humides

Ce petit mammifère carnivore qui côtoie nos sous-sols ne parait pas inquiétant mais il cause beaucoup de désagréments en raison du bouleversement du sol et de la sortie de terre occasionnée par l'édification de son réseau de chasse. La taupe ne se constitue pas de réserves graisseuses, elle s'alimente continuellement. Elle possède un territoire parsemé de galeries dans lesquelles elle chasse, et qui dit galeries, dit évacuation de déblais d'où les taupinières. Lorsque la nourriture se fait rare, elle en crée de nouvelles pour mieux quadriller le terrain. Elle suit ses proies constituées à 80% de vers de terre. Ainsi, en période sèche, comme les vers gagnent les terres plus profondes, elle fait de même et est donc moins présente en surface.

 

Des pertes de production, une qualité réduite des récoltes, des impacts sanitaires, des dégâts matériels

Une taupinière fait de 30 à 50 cm de diamètre, multiplié par le nombre, la perte en herbe devient conséquente. Le préjudice peut aller de 5 à 30% de la surface, voire 50% pour certains enclos à moutons. De plus, les récoltes de foin et d'ensilage sont de moins bonne qualité. La présence de terre dans les fourrages entraîne des moisissures et la présence de butyriques avec des conséquences sanitaires sur le troupeau. Les dégâts matériels peuvent être eux aussi importants avec l'usure rapide des outils utiles aux différentes récoltes (fenaison, ensilages…) et le temps passé à écarter les taupinières. Il n'est pas aberrant de calculer une perte totale due à la présence de taupes pouvant atteindre 4.000 à 5.000 € sur une exploitation.

La nécessité d'une méthode de lutte adaptée

Pour une lutte efficace, oublions les méthodes basées sur d'anciennes croyances comme l'hémophilie de la taupe qui est fausse et arrêtons de “pleurer” la strychnine qui est interdite. Investissons dans des systèmes efficaces, agréés et reconnus. Le piégeage, le plus ancien, est toujours d'actualité, car s'il est réalisé avec savoir-faire et dextérité, est très efficace mais demande un investissement en temps important. L'empoisonnement par vers additionnés de chloralose s'avère efficace mais doit être utilisé avec méthode sous peine de non-consommation des appâts. Il faut, au préalable, tuer les vers et une fois le mélange réalisé, il faut l'utiliser immédiatement car la chloralose accélère le phénomène de putréfaction du vers.

 

Le phosphure d'hydrogène (PH3) : produit homologué, reconnu et efficace

Le retrait d'emploi, puis l'emploi par dérogation et enfin l'interdiction de la strychnine ont entraîné la recherche d'une matière active capable de pallier ce retrait. Après avoir testé les vers additionnés de chlorophacinone et de chloralose comme présenté ci-dessus, les essais ont été orientés vers l'utilisation de générateurs de phosphure d'hydrogène (PH3). Cette pratique, pour être efficace nécessite certaines conditions : travailler dans un sol suffisamment humide, éviter les sols sableux, craquelés, prévoir une quantité de gaz en relation avec l'importance du réseau à traiter. La méthode consiste à introduire dans les galeries des générateurs de gaz sous forme de pastilles qui, réagissant avec l'humidité du sol, forment des bouchons de PH3 allant jusqu'à 1 mètre. Quand la taupe passe dans ses bouchons, elle s'asphyxie et meurt. Celle-ci a été approuvée lors de recherches, il en ressort une efficacité de l'ordre de 80 à 90%. Malgré sa présence à l'état naturel, mais sans risque, car à concentration faible, l'emploi de spécialités génératrices du PH3 est réglementé par l'Arrêté Ministériel du 10 octobre 1988. Seuls les applicateurs agréés peuvent utiliser ces spécialités sous le contrôle d'agents du Service de la Protection des Végétaux.

Des interventions régulières en automne et/ou au printemps

En fonction de la biologie de la taupe, deux éléments déterminent les périodes d'intervention : d'une part, une période humide qui fait que les taupes se trouvent plus en surface et, ainsi, extériorisent leur présence, ce qui permet une pleine efficacité du PH3 ; d'autre part, la période de reproduction se situe au printemps et entraîne une augmentation de l'activité. Cela implique que la lutte contre les taupes sera plus indiquée à l'automne avant la période de reproduction afin de limiter la multiplication des individus. Des interventions répétées chaque année à l'automne et au printemps, permettent de réduire l'importance des chantiers en termes de temps passé mais aussi de limiter considérablement les coûts liés à cette lutte avec entre autre une quantité de produit utilisé moins importante. En pratiquant une lutte à ces deux périodes de l'année, il s'agit désormais d'une action basée sur le suivi et le contrôle et non plus assimilée à une destruction massive et contraignante.

Une équipe étoffée et qualifiée à votre disposition

GDS Services 23, structure agréée DAPA (Distributeur et Applicateur de Produits Antiparasitaires) est désormais composée de 7 techniciens certifiés pour intervenir. Dans le milieu agricole, la lutte est réalisée sur de grandes étendues avec des taux d'infestations parfois très variables. Dans un souci de rendre plus abordable ce service, GDS Services 23 a développé un système de collaboration avec l'agriculteur. Ce principe consiste à fournir de 1 à 5 personnes placées sous la responsabilité du technicien. A la lumière des chantiers réalisés la campagne dernière, les techniciens de GDS Services 23 ont calculé que, dans ces conditions, le coût se trouve compris entre 10 et 30 € par hectare pour un chantier réalisé à 6 personnes, selon le degré d'infestation par les taupes.

En cas d'infestation par les taupes, n'attendez-pas, contactez-nous

La lutte contre les taupes doit faire partie intégrante de la gestion des surfaces fourragères dans une exploitation. Des solutions fiables et rapides existent. L'utilisation du gaz PH3, qui date maintenant de plusieurs années, a apporté les preuves de son efficacité. Pour être concluante, une action importante est nécessaire au départ et doit être suivie d'une régularité dans la surveillance annuelle. De plus, là comme ailleurs en matière de prévention, le résultat sera renforcé par une implication collective des éleveurs d'une zone. Etant donnée l'implication sanitaire défavorable que peut représenter la taupe, le GDSCC s'investit dans cette mission, notamment à travers sa filiale de services GDS Services 23.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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