Elevage bovin belge : Le troupeau allaitant comporte 10 % de races françaises

François d'Alteroche

Certaines races françaises font des émules, tout particulièrement dans le sud du pays. Mais elles ne font pas encore beaucoup d'ombre à la Blanc Bleu.

D'après les données statistiques, plus de 90 % du cheptel allaitant belge est le fait de la Blanc Bleu. Dans un pays où on a l'habitude des carcasses lourdes et surtout très conformées, les races françaises sont parfois qualifiées avec un brin d'ironie de « gibier » par les inconditionnels de la race locale.
Quoi qu'il en soit et même si elles sont encore loin d'être en mesure de détrôner l'incontournable Blanc Bleu, Charolaises, Blondes, Salers et surtout Limousines font progressivement leur nid dans le plat pays, tout particulièrement en région francophone.
« Les premières Limousines sont arrivées en Belgique il y a une quarantaine d'années. Depuis, leur nombre progresse régulièrement. Le développement de l'agriculture biologique a favorisé cette évolution. Les producteurs de viande bovine qui passent en bio veulent des animaux plus simples à conduire. La Limousine est également souvent utilisée dans les démarches qualité qui mettent en avant une viande ‘naturelle' », explique Béatrice Mailleux-Ghyselen. Vice-présidente du herd-book Limousin belge, elle est à la tête d'un troupeau de 130 mères près de Namur dont les premiers animaux ont été achetés en France par son père au début des années soixante-dix.

Sur le concours de Libramont. la Limousine est la race française qui s'est le plus développée ces dernières années en Belgique mais reste essentiellement cantonnée en Wallonie. (F. d'Alteroche)

Sur le concours de Libramont. la Limousine est la race française qui s'est le plus développée ces dernières années en Belgique mais reste essentiellement cantonnée en Wallonie. (F. d'Alteroche)

En bio et dans les petites exploitations

Ce choix des races françaises en système bio est à relier au cahier des charges qui ne tolère qu'un pourcentage limité de césariennes, totalement incompatible avec un système Blanc Bleu. « Les races françaises rencontrent aussi un certain succès dans les exploitations de petites dimensions où beaucoup d'éleveurs sont par force devenus des doubles actifs ou ont développé une autre production à forte valeur ajoutée (maraîchage…), mais exigeante en temps de travail. Ils troquent alors les Blanc Bleu pour des animaux moins exigeants et plus faciles à conduire. »
« Si des éleveurs belges optent pour des races françaises et en particulier pour la Limousine, ce n'est pas pour gagner plus, mais c'est pour travailler moins et réduire aussi leurs coûts de production. A une époque, ils voulaient des Limousines très formées se rapprochant de la Blanc Bleu, mais ils sont vite revenus à des animaux principalement de type mixte pour ne pas s'écarter des fondamentaux de la race », explique Pierre Reilhac, commercial pour Superlim et régulièrement présent à la Foire de Libramont pour promouvoir la génétique limousine française.
Presque équitablement présente en Flandre et Wallonie, la Blonde d'Aquitaine est souvent jugée bien adaptée au marché belge avec ses carcasses lourdes à bon rendement et sa viande maigre. Autant de caractéristiques assez proches des carcasses Blanc Bleu.

 

Débouché moins conséquent

Mais avec des noyaux des principales races françaises désormais bien établis dans des élevages bien conduits, la Belgique ne constitue plus un débouché important en volume pour les reproducteurs venus de France. « Actuellement les éleveurs belges font naître la plupart des animaux nécessaires au renouvellement ou à l'accroissement des troupeaux. On achète encore quelques reproducteurs en France, principalement des taureaux, occasionnellement quelques bonnes génisses », précise Béatrice Ghyselen.

Source Réussir Bovins Octobre 2010

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