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Réussir Bovins Viande

22/10/10
Bovins viande

Elevages belges : Bienvenue en pays Blanc Bleu

Qui dit Belgique, répond Blanc Bleu. Parfois sujette à critiques, la vedette de l'élevage belge fait presque partie des institutions locales. Petit détour au pays des bovins à « cul de poulain ».

Dans sa version « viandeuse », la Blanc Bleu Belge est de création récente. Issue à l'origine du croisement entre une laitière locale et la Durham, celle qui fut à une époque appelée la « Bleu du Limon » était à l'origine une race à double fin viande et lait. Après avoir été initiée au début des années cinquante, la véritable évolution vers sa morphologie actuelle si particulière date des années 70. En 1973 la race prend officiellement le nom de Blanc Bleu Belge. Il est alors créé deux rameaux : le culard « très viandeux », et le mixte qui regroupe les adeptes des animaux à double fin. La demande accrue pour des carcasses à fort rendement associée à la vulgarisation de la césarienne va servir de catalyseur pour accélérer l'évolution morphologique et faire de cette race la championne des aptitudes bouchères. Tous les taureaux d'IA actuellement utilisés pour la souche viandeuse sont homozygotes pour le gène de l'hypertrophie musculaire (gène mh) et la plupart des vaches le sont aussi. D'ailleurs, si le premier veau d'une génisse n'est pas culard, il est bien rare que sa mère soit remise à la reproduction.
Si l'objectif était d'arriver à tailler des steaks dans les muscles des avants avec une viande à la fois maigre et très tendre, presque susceptible d'être coupée à la fourchette, les sélectionneurs belges sont parvenus à leurs fins. Ils ont surtout répondu à la demande qui leur avait été formulée. En favorisant l'extension de la découpe avec une viande correspondant aux préférences gustatives belges, cela a aussi favorisé la consommation de viande à griller dans beaucoup de familles. Le fort rendement des carcasses permettait de mettre à disposition des steaks à un prix abordable.

Présentation des premiers prix de section mâles adultes à la Foire de Libramont. (F. d'Alteroche)

Piètres qualités d'élevage

Du côté du prix des animaux extériorisant le fameux « cul de poulain », l'actuelle contraction de l'offre liée au passage de la FCO fait que les éleveurs affichaient une relative satisfaction fin juillet à l'occasion de la foire de Libramont, rendez-vous estival incontournable de l'élevage allaitant belge. Le prix des taurillons finis franchissait alors le seuil des 4,50 € le kilo de carcasse. Celui des vaches se situait quelques centimes en-dessous. Enfin, il fallait compter autour de 1 200 € pièce pour de bons broutards de 250 kilos. « En Belgique, le terrain est cher. Nous devons faire à la fois des volumes et du chiffre sur des exploitations de taille limitée. La Blanc Bleu est la meilleure réponse pour résoudre cette équation », argumentait Pierre Mallieu, secrétaire général du herd-book Blanc Bleu Belge.
Le revers de l'hyperspécialisation sur les aptitudes bouchères réside dans de piètres qualités d'élevage. La morphologie bien particulière de l'animal blanc bleu avec son bassin fortement incliné et l'arrière main en « cul de poulain » ne permet pas de remettre en cause l'utilisation quasi systématique de la césarienne. D'ailleurs cette dernière n'est pas jugée comme une réelle contrainte. Moins coûteuse (autour de 90 €) qu'en France, cette intervention fait partie du quotidien. Elle est parfaitement planifiée, intégrée et raisonnée dans la conduite des troupeaux. L'intervention a lieu juste avant que la vache ne commence à pousser. Compte tenu de la valeur des animaux, les éleveurs belges ne prennent aucun risque et ne se posent donc pas la question de savoir s'ils vont pouvoir s'épargner le coût de cette intervention. « Et d'ailleurs, pourquoi devrions-nous priver nos vaches des techniques modernes de reproduction ? », interroge Pierre Mallieu.

Cette généralisation du culard ne semble pas soulever d'objections particulières en Belgique. Il n'en est pas forcément de même à l'étranger et plus particulièrement dans le nord de l'Europe. Là, les détracteurs du culard avancent que ce recours systématique au bistouri pour faire naître les veaux est de nature à entraîner des souffrances. Cela n'irait donc pas dans le sens d'une meilleure prise en compte du bien-être de l'animal.
Une vision des choses qui a le don d'irriter Jean-Paul Jaspart le président du herd-book. Il s'est d'ailleurs ému « des multiples pressions, manoeuvres et attaques vicieuses anti-BBB et anti-césarienne », dans le dernier numéro du livre annuel de la race. « Alors que la législation prévoit que la césarienne pratiquée par un vétérinaire constitue un droit et est intégrée dans une réglementation, toutes les occasions sont utilisées par des représentants d'un pays où le BBB est très présent pour s'en prendre à notre race. (…) Plus que jamais, la vigilance est de mise ; l'incroyable succès de la race BBB n'est pas accepté par tous, et nous devons rester mobilisés pour défendre nos droits et la rentabilité de nos entreprises. »

L'allaitante n'allaite plus

Quand on observe avec un oeil critique les systèmes blanc bleu, la conduite et l'alimentation des veaux au cours de leurs premiers mois est en droit de susciter certaines interrogations. Certes, la Blanc Bleu fait partie des races dites allaitantes, mais force est de constater qu'elle allaite de moins en moins. Dans les prairies belges, la plupart des lots sont composés de vaches gestantes non suitées. Toutes d'autant plus en état qu'elles n'ont pas eu à allaiter leurs veaux. D'après les chiffres du herd-book blanc bleu seulement 30 % des veaux têtent leur mère. Et cette proportion serait en régression régulière. La durée de cet allaitement est aussi limitée à quelques semaines. Elever les veaux comme des génisses laitières représente un surcoût et accroît également le travail d'astreinte lié au troupeau. Ce choix est en fait souvent une obligation avec des niveaux de lactation généralement insuffisants pour nourrir convenablement les veaux. Certains d'entre eux sont aussi maladroits et trop peu débrouillards pour aller téter leur mère seuls. Les arguments régulièrement mis en avant pour justifier cet allaitement artificiel sont de dire que cela permet un meilleur suivi et l'optimisation des croissances. De leur côté, les vaches taries précocément reviennent en chaleur plus rapidement.
Si la Blanc Bleu se vend cher au kilo, ce sont aussi des kilos qui coûtent cher à produire tant sur le volet des intrants que pour le temps de travail. Pour améliorer la situation, le herd-book de la Blanc Bleu Belge a fait évoluer ses objectifs de sélection en 2004. « Il s'agit de maintenir la conformation pour laquelle nous sommes arrivés à un optimum et d'améliorer les aptitudes fonctionnelles. Nos efforts doivent porter sur les qualités d'élevage (fertilité, aptitude des veaux à boire) pour lesquelles nous avons la volonté de mettre en évidence les meilleures lignées », expliquait Jean-Paul Jaspart, lors du dernier concours de Libramont.

Source : Réussir Bovins Octobre 2010

François d'Alteroche
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