Enquête bâtiments : L'élevage consomme la moitié de la paille disponible

Bernard Griffoul

Pour la première fois, on a une idée des besoins globaux en paille pour le logement des animaux et de la quantité de paille disponible. L'élevage en consomme la moitié.

Douze millions de tonnes. Tels sont les besoins théoriques en paille pour le logement des animaux d'élevage à l'échelle de la France, toutes espèces confondues. Cette estimation a été présentée lors du dernier Sommet de l'élevage par l'Institut de l'élevage et le service statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste).
Les trois quarts de cette paille sont utilisés par les bovins. Ce chiffre est à rapprocher de la quantité de paille disponible pour l'élevage et les autres usages, à savoir 25 millions de tonnes. L'élevage consomme donc la moitié de la paille produite. Mais, les régions d'élevage utilisent la totalité de la production de proximité tandis que les zones céréalières en consomment peu sur place. Il aurait été intéressant de connaître les flux entre régions, mais ce chiffre n'a pas été évalué.
Cette confrontation entre besoins et production est certes assez théorique, mais c'est la première fois qu'elle est réalisée.

Renchérissement du prix

La bonne marge de sécurité apparente entre production et consommation fait néanmoins l'effet d'un trompe-l'oeil, car l'élevage entre en concurrence de plus en plus frontale avec les autres utilisateurs, pour satisfaire notamment des besoins énergétiques. « Si se développent de très gros projets énergétiques drainant des volumes de paille très importants sur une région de la taille d'un ou plusieurs départements, comme cela semble devoir être le cas, la tension va être très forte, avertit Jacques Capdeville, de l'Institut de l'élevage. Il faut s'attendre à l'avenir à un renchérissement très important du prix de la paille. »
Et le spécialiste bâtiments de regretter que lors des mises aux normes, les projets ont majoritairement privilégié des stabulations avec aire paillée intégrale, notamment dans les régions peu productrices. « Des bâtiments qui ont été mis aux normes en passant au tout paillé devront, pour une partie d'entre eux, évoluer vers moins de paille », prévoit-il.

 

Source Réussir Bovins Viande 2011

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