Essai jeunes bovins de 12 mois : De meilleurs résultats avec une distribution biquotidienne

Bernard Griffoul

Un essai d'engraissement de jeunes bovins de 12 mois montre que la distribution biquotidienne d'une ration sèche est plus favorable qu'une distribution à volonté au nourrisseur.

Stimuler l'appétit de jeunes bovins par une distribution biquotidienne semble profitable. Telle est la conclusion que l'on peut tirer de l'essai d'engraissement de jeunes bovins limousins de 12 mois réalisé l'an dernier au lycée agricole la Peyrouse de Périgueux (Dordogne). L'objectif était de comparer l'efficacité de trois rations sèches avec paille à volonté différant à la fois dans leur composition et dans leur mode de distribution. L'une était composée de maïs grain humide inerté (28 % d'humidité) distribué deux fois par jour en grain entier (lot 1). Les deux autres comprenaient un mélange de céréales sèches laminées (70 % de maïs et 30 % de blé), la seule différence consistant dans le mode de distribution : deux fois par jour dans un cas (lot 2), à volonté au nourrisseur dans l'autre (lot 3). La complémentation azotée était identique pour les trois rations : un mash composé de 55 % de tourteaux (soja, colza, tournesol), 19 % de pulpe de betterave, 12 % de maïs grain, et enfin de coton, vinasse, carbonate, minéral et additifs. La ration présentait une concentration énergétique de 1,10 UFV par kilo de matière sèche et un équilibre azoté de 105 PDI par UFV.

L'essai a été réalisé au lycée agricole de Périgueux avec la participation de la chambre d'agriculture de Dordogne et de l'Institut de l'élevage. (B. Griffoul)

L'essai a été réalisé au lycée agricole de Périgueux avec la participation de la chambre d'agriculture de Dordogne et de l'Institut de l'élevage. (B. Griffoul)

Comportement différent

Voilà pour ce qui était offert aux animaux (huit par lot) d'un bon niveau génétique, après une transition alimentaire de 20 à 25 jours. Nés à l'automne 2007, ils sont sortis à l'herbe début avril et ont été sevrés fin mai ou début juin vers 7 à 8 mois et à des poids sensiblement différents (voir tableau). Les deux premiers lots (deux rations différentes mais distribuées deux fois par jour) ont fait quasi jeu égal avec des GMQ respectifs de 1,98 kilo et 2,1 kilos ; le premier (maïs humide), mené jusqu'à 13 mois, a tout de même décroché un mois avant l'abattage, ce qui est assez logique. En revanche, le troisième lot (distribution à volonté) était nettement en retrait, ne dépassant pas 1,66 kilo de croissance journalière. « Ces écarts de performances ne sont a priori pas liés au niveau génétique des veaux mais à un comportement différent face à la consommation ou à la valorisation de l'aliment : longueur d'auge plus réduite (environ 30 cm par animal) en distribution au nourrisseur, attrait d'une distribution deux fois par jour… », analyse les responsables de l'essai. Les consommations sont pourtant sensiblement les mêmes. Un constat donc qu'il ne faut peut-être pas généraliser trop vite mais qui confirme cependant des observations de terrain faites par des éleveurs et des distributeurs d'aliments, à l'origine de cette comparaison entre modes de distribution.

Source : Lycée la Peyrouse, CA 24, IE.

Source : Lycée la Peyrouse, CA 24, IE.

 

Avec une vente en cours d'automne, ces animaux ont dégagé une plus-value allant de 115 euros à 175 euros avec des céréales récoltées en 2007 et estimées à 190 euros par tonne. A l'échelle d'une exploitation de 60 vaches, et pour des vêlages d'automne, l'engraissement de jeunes bovins de 12 mois peut donc apporter un gain de revenu, par rapport à une vente de broutards, de 3200 à 4900 euros.

Source Réussir Bovins Viande Octobre 2009

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