Etats des lieux sur la viande bovine bio : Une production en hausse face à une demande soutenue

Cyrielle Delisle

Les produits bio résistent à la crise ! En effet, sur l'année 2008, le marché alimentaire du bio n'est pas touché car il affiche une croissance de 25 % par rapport à 2007. Selon l'Agence nationale Bio, 44 % des Français ont consommé une fois par mois au moins, un produit biologique en 2008. Soit une augmentation de 2 % en un an. La demande en produits biologiques est soutenue, avec 74 % des consommateurs-acheteurs qui ont déclaré avoir l'intention de maintenir leur consommation et 22 % qui envisagent même de l'augmenter.
Cependant, l'offre en viande bovine biologique reste faible. Ainsi, en 2007 même si elle a augmenté de 2,5 % par rapport à 2006, seules 20 800 carcasses de gros bovins ont été valorisées avec le signe officiel de qualité Agriculture Biologique, sur l'ensemble du territoire français dans les filières organisées, soit 1 % du marché conventionnel. « Dans un contexte général, l'agriculture biologique est en plein développement et c'est également vrai pour la filière viande bovine », souligne Elisabeth Mercier, la directrice de l'Agence Bio.

Augmentation de la production de viande bovine, structuration de la filière et meilleure valorisation des mâles caractérisent la filière bio. (P. Cronenberger)

Augmentation de la production de viande bovine, structuration de la filière et meilleure valorisation des mâles caractérisent la filière bio. (P. Cronenberger)

Une tendance à la hausse de la production

En 2008, le nombre cumulé de vaches laitières et de vaches allaitantes s'élève à 123 742 têtes, selon la répartition suivante : 62 356 vaches allaitantes sur plus de 1800 exploitations et 61 386 vaches laitières dans près de 1 500 exploitations. Le nombre de bovins certifiés bio a très légèrement augmenté en 2008, après une légère baisse l'année précédente. « Un nouveau décollage est clairement annoncé en agriculture biologique en France et est appelé à s'intensifier en 2009 pour tous les secteurs de produits avec des délais de relance plus ou moins longs », explique Elisabeth Mercier. Une meilleure valorisation des cheptels existants a été observée en raison d'un effort de structuration de la filière. « On observe un réel esprit de développement du territoire ainsi qu'une volonté de plus en plus forte des acteurs de l'ensemble de la filière biologique de la faire évoluer et un engagement très important, depuis 2008, en particulier d'Unébio et de l'EBF (Eleveur bio de France) », ajoute Elisabeth Mercier. Les vaches allaitantes biologiques représentaient 1,5 % du cheptel bovin français en 2007 et la même proportion pour le cheptel laitier.

La répartition sur le territoire français des vaches allaitantes est disparate. La majorité des bovins de races à viande biologiques sont produits dans les régions productrices de vaches allaitantes, Pays de la Loire, Massif central, Midi-Pyrénées, Bourgogne et Basse-Normandie (voir carte ci-contre), alors que les vaches laitières bio se situent dans les Pays de la Loire, en Bretagne, Basse-Normandie et Franche-Comté.
Seuls 60 % des bovins de races à viande sont engraissés, car la majeure partie des broutards rejoint le circuit conventionnel et est donc vendue sans la plus-value bio. Seulement 12 à 15 % des mâles sont valorisés dans des filières bio. L'offre en animaux finis se compose principalement de génisses et de vaches de réforme. Les gros bovins représentent 20 % du nombre d'animaux biologiques abattus dans le cadre des filières organisées en 2006 et 2007, soit respectivement 10 796 et 10 874 têtes. En ce qui concerne les veaux, le nombre d'animaux abattus a légèrement évolué de 2006 à 2007, passant de 2970 à 3112 têtes.

 

Le veau bio, numéro un des boucheries artisanales

Selon l'Agence nationale Bio/CSA, trois raisons principales poussent le consommateur à acheter de la viande biologique. La qualité, pour 60 % des consommateurs qui estiment qu'elle a un meilleur goût, la santé (23 %) et l'absence de traitements. La consommation de viande bio (toutes espèces) se classe au cinquième rang des produits consommés, après, dans l'ordre de consommation, les fruits et légumes, le lait, les oeufs et les huiles et épicerie. La viande bovine représente 24 % des produits consommés sur l'ensemble du territoire mais ce chiffre cache de grosses disparités. En effet, 39 % du boeuf bio sont consommés en Normandie/Centre et 37 % en Bretagne/Pays de la Loire. Les actes d'achat de viande bovine bio s'effectuent majoritairement dans les GMS (34 %), puis chez les artisans (24 %), à la ferme (21 %) et sur les marchés (11 %), mais la répartition par type de viande bovine est différente au sein de chacune de ces catégories. Ainsi, la viande de veau bio est numéro un en boucheries artisanales avec 71 % des tonnages commercialisés principalement sous forme de carcasse, alors que la viande de gros bovins allaitants est principalement achetée par les grandes surfaces, suivi de loin par les boucheries artisanales, les magasins spécialisés bio et la restauration hors domicile.

Ces gros bovins sont majoritairement distribués sous forme d'« unité vente consommateur » (barquettes par exemple) et « troisième transformation » (steak haché par exemple) et dans un second temps sous forme de carcasse. En ce qui concerne les gros bovins laitiers, ils sont majoritairement commercialisés en grandes et moyennes surfaces et en restauration hors domicile. Ces viandes sont essentiellement distribuées, à 68 %, en « troisième transformation et en « unité de vente consommateur ». La valeur totale des ventes de viande bovine biologique en GMS est estimée à 60 % du marché en 2008, devant les boucheries traditionnelles et la vente directe (17 % chacun). Les éleveurs de bovins bio se sont en effet tournés vers la vente directe, débouché rémunérateur pour leur production. « La valoriation de l'ensemble de la carcasse passe par l'organisation de la filière, afin d'assurer le meilleur équilibre carcasse possible. Pour les acteurs de la filière, l'ajustement de l'offre en fonction de la demande reste un défi constant », conclut Elisabeth Mercier.

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de juin 2009 (RBV n°161, p. 14 à 28).

 

Source Réussir Bovins Viande Juin 2009

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