Etats-Unis : Accord trouvé après quinze ans de conflit sur le boeuf aux hormones

Un accord préservant le principe d'interdiction en Europe des hormones pour la production de viande bovine est acté. Une signature moyennant contre-partie.

Début mai, les États-Unis et l'Union européenne sont sortis de ce qui était l'un des plus anciens différend commercial. Au terme de quinze ans de procédure, un accord a été signé entre les deux parties. Les taxes à l'importation aux États-Unis de certains produits alimentaires européens seront réduites pendant trois ans. En contrepartie, l'Union européenne accordera aux États-Unis un nouveau contingent d'importation de 20 000 tonnes de viande sans hormones par an. Pour la quatrième année, toutes les taxes seront supprimées et le contingent portera sur 45 000 tonnes de viande sans hormones. De nouvelles négociations seront alors envisagées.

Equilibre économique

La FNB conteste fermement la logique de cet accord « Il est incompréhensible que l'Union européenne ne puisse se donner les règles qu'elle souhaite ou soit contrainte comme dans ce cas d'accorder des concessions considérables. » Ce nouveau contingent de 45 000 tonnes pourrait bien peser sur l'équilibre économique de la filière viande bovine européenne. Actuellement, l'Europe peut en effet importer un total de 60 000 tonnes en Hilton Beef(1). « Ces 45 000 ton- nes représentent ainsi les trois quarts de l'actuel contingent total de Hilton Beef, calcule Philippe Chotteau de l'Institut de l'élevage. Elles représenteront 15 % des importations actuelles de l'Union européenne. Ce n'est donc pas négligeable. »
En outre, il s'agira presqu'exclusivement de steaks à griller issus de l'aloyau et du globe. Ces 45 000 tonnes représenteront donc à peu près 4 % de la production européenne de pièces nobles.

« Les importations en provenance des États-Unis augmentent fortement depuis deux ans. Ce décollage est très lié à la baisse des prix, largement due, elle-même, à la dévaluation du dollar. » Pour le spécialiste, une demande croissante aux États-Unis pour des produits plus naturels (lait bio produit sans somatotropine, viandes sans hormones ni antibiotiques) pourrait aussi jouer un rôle sur cette augmentation. Les exportations deviennent une opportunité pour cette niche de production en fort développement. « Sans accord à l'OMC, ce nouveau contingent pourrait être rempli. En revanche en cas d'accord à l'OMC, tel qu'il se présentait dans les négociations de 2008, ces 45 000 tonnes rajouteraient un facteur de forte baisse des prix sur le marché intérieur européen », conclut Philippe Chotteau.

(1) Contingent de 60 000 tonnes de découpes de qualité produites sans hormones, importées en Europe à droits de douane réduits en provenance d'Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay, USA, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande.

Source Réussir Bovins Viande Juin 2009

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