Export et assainissement du marché : deux axes proposés par la FNB

Lise Monteillet

Export et assainissement du marché : deux axes proposés par la FNB

Un tiers des élevages allaitants serait en danger de disparition, selon Jean-Pierre Fleury, président de la fédération nationale bovine (FNB). Il réclame pour les producteurs de viande des mesures d’accompagnement spécifiques.

Aide européenne : un arbitrage attendu

"Toute décision prise pour le secteur laitier aura un impact sur la viande bovine: s'il y a une réduction de la production de lait, il y aura un afflux de vaches laitières dans les abattoirs et une déstabilisation des marchés de viande", avec des prix poussés vers le bas, redoute M. Fleury. Or Bruxelles a débloqué la semaine dernière une nouvelle enveloppe de 500 millions d'euros, dont l'un des objectifs est justement d'inciter les Etats-membres à réduire leur production de lait, alors que le secteur est complètement engorgé depuis la fin des quotas européens au printemps 2015, avec des prix en forte baisse.Le ministère de l'Agriculture doit rendre début septembre un arbitrage sur la répartition de l'aide européenne entre les éleveurs laitiers et bovins. AFP

« Nous avons lancé une alerte importante au ministre », annonce Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, à la sortie d’une rencontre de la filière bovine au ministère de l’Agriculture, le 26 juillet. « On ne veut plus de saupoudrage », poursuit-il, rappelant que les éleveurs souhaitent un redressement des prix et « revenir dans la chaîne des valeurs, confisquée par les outils industriels et de la grande distribution ». Selon la FNB, deux axes sont à approfondir : l’export et l’assainissement du marché.

« Je passe un message au président de la plateforme export : vous avez fait quoi en un an, monsieur Guineheux ? », interpelle Jean-Pierre Fleury. Il estime que « quelque chose ne fonctionne pas » concernant les exportations vers l’Egypte, l’Iran, la Turquie ou la Libye. En cause : les difficultés rencontrées pour les cautions, garanties, crédits, ainsi que la rédaction « trop longue » des certificats sanitaires. « Beaucoup de PME veulent aller à l’export, mais elles ont besoin d’être accompagnées », souligne le président de la FNB. Celui-ci insiste pour que les banques soient mises autour de la table, regrettant leur « frilosité ».

Assainir le marché

Jean-Pierre Fleury souhaite enfin un « assainissement du marché », consistant à sortir du marché les catégories d’animaux les plus basses, via un dispositif d’aide alimentaire, par exemple.

Depuis plusieurs mois, les producteurs de viande bovine sont confrontés à une chute des cours. En un an, le prix a chuté de 0,40 € le kilo pour les vaches et de 0,20 € le kilo pour les jeunes bovins. La situation est d’autant plus préoccupante que parmi les producteurs en grande difficulté, se trouvent des éleveurs qui sont « le fleuron » de la profession selon Jean-Pierre Fleury. Ces derniers sont aujourd’hui « rattrapés par des échéances » alors qu’ils ont beaucoup investi dans la modernisation de leur exploitation, rappelle le président de la FNB. 

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Commentaires 5

Beber12

Nous savons par où il faut commencer les réformes. Les élus et divers représentants sont suffisamment nombreux pour les mettre en route. Qu'attendons nous ? Dans l'intérêt de tous.

oli86

en effet comme dit AB changeons nos systèmes de producton , toutefois attention vu le nombre actuel de conversion pour de bonnes ou de mauvaises raisons ( malheureusement l'opportunisme des aides avec des systèmes à mille lieues du bio) le marché ne va t'il pas se desorganiser et lui aussi être en crise .
oui jusque là le prix de revient( l'autonomie!) a pu être travaillé mais jusqu'ou ? et pour vendre toujours plus difficillement ? . Beaucoup d'exploitation vont être malmenée par une année difficile tant en céréales qu'en elevage . Ou est notre beau syndicat qui se targait de victoire il y a un an alors que la situation etait bien meilleure qu'aujourd'hui ?

jeje50

Investir, ça fait parti du métier, produire plus et mieux et plus facilement aussi , sans pour autant bouffer ton voisin.si c est pour revenir en arrière avec 15 vaches traitent a !a main non merci

neuneu

he oui ! certains ont beaucoup investi, une fois qu'ils ont eu bouffé leurs voisins. Allez, encore un petit bâtiment, une petite dessileuse automotrice ?

viandeAB

ça fait des décennies que le prix de la viande est bloqué alors arrêtons la démago et jouons sur les prix de revient en modifiant les systèmes de productions; les agriculteurs ne peuvent plus faire vivre tous les organismes qui les entourent, point.

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