FCO : Les vecteurs sont concentrés dans les étables

Emilie Durand

Eric Haubruge, chercheur belge, montre que les étables sont des lieux privilégiés pour la reproduction des culicoïdes, moucherons responsables de la transmission de la FCO.

Vingt-neuf sites différents ont été étudiés par Eric Haubruge, de la Faculté universitaire des
sciences agronomiques de Gembloux, en Belgique. « Entre mars et décembre 2007, nous
avons déterminé 27 espèces de culicoides dont 8 sont des vectrices potentielles de la FCO
sur ces sites. C. obsoletus représente 67,1 % des individus collectés, C. punctatus 6,1 %, C.
dewulfi 5,2 % et C. chiopterus 3,3 %. » L'étude indique aussi les dates d'apparition de
quelques-uns de ces vecteurs (février à avril) avec une activité qui dure jusqu'en novembre au
moins pour six espèces.

Survie en hiver

Par ailleurs, l'étude prouve que dans les étables ouvertes comme fermées, les culicoïdes
peuvent survivre aux hivers plus ou moins rigoureux de l'Europe du Nord et que l'apparition
d'adultes est possible à ces basses températures.
Eric Haubruge s'est aussi intéressé à la distribution des culicoïdes sur l'exploitation, en
suivant des populations en prairies et en bâtiment. « Ce sont plus de 3200 culicoïdes qui ont
été récoltés au sein d'une étable ouverte, pour environ 150 dans la prairie avoisinante.
Nous avons aussi constaté que les espèces vectrices potentielles de la FCO sont
représentées à 99 % dans les étables. »
La diversité des espèces de culicoïdes est également plus élevée en prairie (19 espèces
différentes) qu'en bâtiment (10 espèces). « La majorité de ces insectes préfère un milieu
humide pour la reproduction. En effet, le développement larvaire est optimal dans les
microhabitats semi-aquatiques, et principalement dans des substrats humides, chauds et
riches en matières organiques. En général, les larves vivent principalement dans la couche
supérieure du milieu. Les pupes sont également observées en surface, où le
développement larvaire a été effectué en 40 jours maximum. »




Lieux de ponte privilégiés

Contrairement aux moustiques, dont les larves vivent dans des eaux stagnantes claires,
les culicoïdes (larves et pupes) se trouvent dans des liquides ou des pâtes riches en
matière organique comme les résidus d'ensilage de maïs, les algues, les bouses… « C.
dewulfi et C. chiopterus passent l'hiver sous forme larvaire dans des bouses vieilles d'une
année. » Le chercheur propose donc pour renforcer le programme de lutte contre la FCO
d'utiliser des pièges à UV, d'éliminer les résidus d'alimentation, les vieux bois ou pneus, de
nettoyer annuellement les structures d'ensilage, les hangars ou tout autre site de
reproduction possible.


Source : Rôle des insectes dans la propagation des maladies animales et plus spécifiquement
dans le cadre de la maladie de la langue bleue - Professeur Eric Haubruge, Unité d'entomologie
fonctionnelle et évolutive, Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux,
Belgique

Source Réussir Bovins Viande Octobre 2008

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