Fest’IA 2012 : 1 € investi = 3 € gagnés

Créateur de Génétique Charolaise UCATRC

Fest’IA 2012 : 1 € investi = 3 € gagnés

Fest’IA 2012 1 € investi = 3 € gagnés : la génétique charolaise fait la preuve de son efficacité économique.Économistes, techniciens, scientifiques, éleveurs, généticiens, tous en conviennent : les élevages qui dégagent les meilleurs résultats techniques et économiques utilisent l’insémination animale. C’est pourquoi, sure de sa génétique, l’UCATRC, en partenariat avec les coopératives d’élevage Urcéo, Génoé et Amelis, organisateurs de Fest’IA, “l’événement génétique et économique charolais”, qui s’est déroulé le 28 juin, à Chenillé-Changé, dans le Maine-et-Loire, a largement donné la parole aux utilisateurs de ses produits. Georges David, président de l’UCATRC : «Génétique et économie vont de pair. Le schéma de sélection de l’UCATRC est centré sur les résultats économiques, avec une facilité de naissance renforcée ; des croissances rapides pour des durées d’engraissement plus courtes ; des carcasses lourdes et parfaitement adaptées à la demande du marché. Les nouvelles technologies, mises en œuvre au sein de l’UCATRC (semence sexée, génomique), vont aussi dans le sens d’améliorer les performances des animaux et des élevages.» Tout au long de la journée, les présentations techniques, économiques, scientifiques se sont succédées, avec, en point d’orgue, le fameux “show génétique”, qui illustre le travail de sélection réalisé au sein de l’UCATRC, avec la présentation de quatre-vingt animaux de très haute qualité génétique.

Compte-rendu des constats et échanges de l’atelier pop’up « Un levier pour la rentabilité ».

La génétique n’est pas une charge, mais un investissement.
Pour ne pas être à la fois juge et partie, l’UCATRC a demandé à des conseillers de centres de gestion et à des techniciens de groupements de producteurs de passer au crible des élevages charolais du département du Maine-et-Loire.

Première étude. Premiers enseignements. Le CER du Maine-et-Loire a étudié 137 élevages naisseurs-engraisseurs charolais. Deux sous-populations ont été distinguées. La première – 102 élevages – ne recourt pas à l’IA. La seconde – 35  élevages, dont 18 en VA4 – utilise l’IA et au moins 45 % des veaux sont issus d’IA, une proportion qui peut atteindre 90 % à 100 % pour 25 élevages.

Premier constat : « Les résultats techniques des éleveurs
n’utilisant pas l’IA sont en retrait par rapport à ceux utilisant l’IA et bénéficiant d’un appui technique », explique Julien Fortin, conseiller de Chambre d’agriculture. Un constat qui, explique-t-il, vaut quel que soit le paramètre considéré : taux de renouvellement des troupeaux (22 % vs 30 %, et jusqu’à 32 % pour le groupe VA4), pourcentage de veaux nés vivants (95 % vs 97 %). Une surprise, au passage, et une idée reçue balayée, puisque l’intervalle entre vêlages est sensiblement inférieur dans le groupe IA (390 jours vs 386 jours, voire 378 jours pour le groupe VA4). Un paramètre synthétise ces différences : le nombre de vêlages par vache présente. 86 % pour le groupe “monte naturelle”, 95,5 %  pour le groupe “IA” : « 10 % de vaches présentes en plus pour un nombre équivalent de vêlages, cela équivaut à 5 475 € (10 X 1,5 €/jour X 365 jours) », commente Julien Fortin. Globalement, donc, plus d’improductivité dans les troupeaux n’utilisant pas l’IA.

Autres constats, économiques et chiffrés ceux-là : « Les résultats techniques se traduisent dans les performances économiques : la rentabilité des élevages du groupe IA est supérieure », tranche Yoann Bouget, conseiller de gestion au CER. Et il détaille : d’un côté, des charges opérationnelles plus élevées, de 130 €/UGB, dans les élevages pratiquant l’IA (487 € vs 356 €) ; de l’autre, un chiffre d’affaires « maximisé », autour de 30 % supérieur, pour le groupe IA (580 € vs 750 €, jusqu’à 780 € pour les élevages VA4). Commentaire de Yoann Bouget : « Les charges opérationnelles sont certes plus élevées, sauf que cet investissement, et l’on peut vraiment parler d’investissement, se traduit dans les prix de vente. Un constat que nous avons fait sur différentes catégories. » Prix de vente des vaches en monte naturelle : 1 300 € ; prix de vente en IA : 1 500 € ; génisses : 960 € vs 1230 € ; taurillons : 1 260 € vs 1 320 €, voire 1 400 € en VA4. « Au final, souligne-t-il, la marge brute est de 31 % supérieure dans les élevages VA4 et de 14 % supérieure, en moyenne, pour le groupe IA » (227 €/UGB dans les élevages pratiquant la monte naturelle, 260 €/UGB pour les élevages pratiquant l’IA, 297 €/UGB dans les élevages suivis en contrôle de performances et pratiquant l’IA).

Ce qui permet à Jean-Luc Besson, de Bovins croissance Pays de la Loire, de conclure que « la génétique, couplée au suivi technique, permet une efficacité maximale de l’atelier viande ». Confirmation de Yannick Bialade (Créavia) : « Les éleveurs qui sont en suivi technique et utilisent l’IA améliorent très nettement la précocité de leurs animaux, et améliorent du même coup leur marge brute. Il y a bien sûr la génétique, mais la conduite des animaux et la technicité de l’éleveur entrent en ligne de compte. »

Deuxième étude. Deuxième série d’enseignements. Vêlage à 30 mois ou vêlage 36 mois ? Romain GUIBERT de la Chambre d’Agriculture : « Certes, il y a un léger surcoût alimentaire dans le vêlage à 30 mois, mais, d’une part, le profil génétique des animaux permet de faire du vêlage à 30 mois sans détériorer le poids de carcasse des vaches de réforme ; d’autre part, l’économie est supérieure à 150 € par génisse vêlée. » Aujourd’hui, dans un contexte de charges galopantes, la rentabilité de l’élevage passe notamment par les économies sur les charges, et « le meilleur moyen de diviser les charges, c’est d’optimiser la rentabilité de chaque UGB présente ». Première cause d’improductivité : les génisses. « Il s’agit de réduire le temps d’improductivité, le temps avant vêlage. C’est autant de charges économisées. » Sur ce plan, la marge de progrès est importante, puisque, dans les Pays de la Loire, un tiers des génisses vêlent au-delà de trois ans et l’âge moyen de ces génisses vêlant au-delà de trois ans est supérieure à 37 mois. 

Aujourd’hui, le progrès génétique, les qualités maternelles et les gabarits des animaux rendent cette technique à la portée de tous ceux qui veulent travailler dans ce sens, estime Romain GUIBERT, qui, comme Yannick Bialade, veut balayer un a priori, selon lequel « le vêlage à 30 mois, c’est plus difficile qu’un vêlage à 36 mois ». Autre crainte parfois exprimée par les éleveurs, celle de perdre sur la morphologie et le poids de carcasse, crainte qui ne s’exprime pas dans les chiffres. Le vêlage à 30 mois impose toutefois une contrainte : deux périodes de vêlage... à moins d’opter pour des vêlages à deux ans. La sélection réalisée sur la race charolaise, particulièrement dans les Pays de la Loire, a été axé sur la croissance et le développement squelettique, ce qui a permis d’obtenir des gabarits de femelles tout à fait compatibles avec un vêlage à deux ans. La clé : la conduite de cet animal, une conduite exigeante jusqu’à la mise à la reproduction, mais aussi après le premier vêlage.

Quelle incidence ? Quel intérêt économique ? Pas d’étude sur le sujet, mais pour Romain GUIBERT aucun doute : « En réduisant au maximum les UGB improductives, on crée du revenu. » Les poids de carcasses sont-ils inférieurs ? « Très légèrement. » Sa recommandation : « Dans toutes ces techniques, l’essentiel est de respecter le mode d’emploi. Certes, il est rigoureux, mais on est gagnant au bout, si l’on fait bien cette croissance après vêlage et si l’on est bien conscient que l’on fait vêler une génisse en croissance et non un animal adulte. On peut aussi vendre le veau à la naissance pour mettre l’accent sur la croissance de l’animal. »

Troisième étude. Trosième série d’enseignements. Le groupement de producteurs Caveb, lui aussi, a comparé deux groupes d’éleveurs, pour analyser, « au bout du bout », selon l’expression d’Anne Porchet, l’impact économique de l’utilisation de l’IA dans les ateliers de jeunes bovins (3 500 JB au total). L’étude repose sur deux groupes, l’un qui utilise l’IA (plus de 70 % d’IA), l’autre moins de 30 %. 

À la sortie, les poids de carcasse des animaux sont quasi identiques (435 et 436 kg). Mais c’est sur la durée d’engraissement, et donc sur les GMQ, que l’IA creuse la différence : 17,3 mois au lieu de 18,8 mois. Soit 46 jours en moins. Soit 71 € d’économie alimentaire par jeune bovin. Cette étude, menée sur 3 500 bovins, montre que la croissance des jeunes bovins issus d’élevage pratiquant massivement l’IA est de 125 g supérieure aux élevages pratiquant peu l’IA (1 336 g contre 1 261 g/j). 

Pour les vaches, même tendance : le groupe IA de la Caveb affiche un poids de carcasse de 451 kg, contre 435 kg pour le groupe pratiquant peu d’IA. Soit, à 3,50 €/kg de carcasse en 2011, une plus-value de 56 € par vache.

Au fait, d’où vient la marge ? Une étude de l’Institut de l’élevage montre que « c’est surtout la croissance qui paie », insiste Serge MILLER. Aux deux extrêmes de la comparaison pour un même poids de carcasse (430 kg) : 347 jours dans un cas, 264  jours dans l’autre, soit 83 jours de différence.  L’écart de marge brute sur la croissance est de -31 € par jeune bovin dans le premier cas et +30 € dans le second. Son conseil : « Travailler sur la croissance avant de travailler sur la conformation. » 

Même logique, lorsque l’on raisonne, non pas seulement sur la période d’engraissement, mais sur la vie de l’animal. Une étude a révélé un GMQ par jour de vie de 770 g/j dans un groupe et de 830 g/j dans l’autre, soit une différence de quelque 55 g de carcasse par jour de vie. Précision de Yannick Bialade : « Quand on ramène ça à 17 mois, on obtient une différence de l’ordre de 120 à 150 €  par jeune bovin. » 

Une simulation réalisée sur un troupeau de 100 femelles (70 vêlages), montre que « 1 € investi en génétique se traduit par 3 € de produits gagnés sur l’engraissement des jeunes bovins et sur la finition des vaches. »

« Pour être complètement objectif, remarque un éleveur, il faut toutefois considérer que l’IA exige une meilleure maîtrise technique et un plus grand suivi du troupeau. » Ce que confirme Anne Porchet : « Les éleveurs 100 % IA ont un suivi technique plus pointu. Ceux qui pratiquent l’IA sont des éleveurs bien plus techniques. » Pour Julien Fortin , l’IA fait partie du « package technique » de l’éleveur pour assurer la rentabilité de son élevage : « Les éleveurs qui utilisent l’IA et en contrôle de performances ont de meilleurs résultats au niveau de la reproduction et arrivent à gérer mieux les périodes d’improductivité des animaux. » 

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires