Fest’IA 2012 : 1 € investi = 3 € gagnés : la génétique charolaise fait la preuve de son efficacité économique

Créateur de Génétique Charolaise UCATRC

Après la Loire-Atlantique en 2008 et l’Allier en 2010, le Festival insémination avenir charolais (Fest'IA) s’est déroulé le 28 juin dernier,au coeur du Maine-et-Loire, à Chenillé-Changé. Il est organisé par l'Ucatrc, en partenariat avec les coopératives d'élevage Urcéo, Génoé et Amélis.

Économistes, techniciens, scientifiques, éleveurs, généticiens, tous en conviennent : les élevages qui dégagent les meilleurs résultats techniques et économiques utilisent l’insémination animale. C’est pourquoi, sure de sa génétique, l’UCATRC, organisatrice de Fest’IA, “l’événement génétique et économique charolais” qui s’est déroulé le 28 juin, dans le Maine-et-Loire, a largement donné la parole aux utilisateurs de ses produits.

Nouveauté de l’édition 2012 de Fest’IA: les pop’up cafés, moments d’échanges entre professionnels de l’élevage (éleveurs, techniciens,chercheurs, etc.) Les thèmes des trois pop’up organisés cette année : “La génétique, un levier pour la rentabilité”, “Performances et génomique”, “Valorisation des mâles reproducteurs charolais de qualité”.

+14% de marge brute par UGB, pour les élevages pratiquant l'IA

Intervalle entre vêlages : 391 jours en cas de naissances faciles, 425 en cas de césarienne. Soit 34 jours de plus. Soit, pour un cheptel de 70 vaches, 2 400 journées improductives. Soit, pour un coût alimentaire de 1,50 €/jour, 3 600 € « gaspillés ». C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Bovins Croissance et les Chambres d’agriculture des Pays de la Loire. Manière de dire que la chasse à l’improductivité est la première source de pro­ductivité. Manière, surtout, de montrer que cette productivité résulte d’abord de bonnes conditions de naissance, lesquel­les facilitent l’involution utérine, laquelle accélère le retour en chaleurs, lequel raccourcit l’intervalle vêlage-vêlage… Pour Patrice Dauffy, technicien à Génoé, aucun doute : « La facilité de naissance est le tout premier critère économique. Un veau né dans de mauvaises conditions est plus fatigué, tête moins sa mère, consomme moins de colostrum et résiste moins bien aux agressions microbiennes. Sans oublier, bien sûr, que les naissances faciles limitent la mortalité des veaux, voire celle des vaches. » Le constat réalisé sur ce plan, dans les Pays de la Loire, est cinglant : le taux de mortalité, en race charolaise, atteint 31 % en cas de naissances difficiles... Pis : ces naissances difficiles sont « répétables » et vont, en quelque sorte, se transmettre d’une génération à la suivante, puisque « les génisses nées difficilement vêlent plus difficilement », confirme Jean-Luc Besson, de Bovicap Conseils (contrôle des performances des Pays de la Loire). 

Le “show génétique” est le temps fort de Fest’IA, l’occasion de montrer ce que les utilisateurs de l’UCATRC font de mieux. Pascal Soulas, animateur génétique à l’UCATRC: «C’est une illustration grandeur nature du travail de sélection de l’UCATRC, au travers des différents paliers qui le composent : 1. la création, avec son panel de mères à taureaux et de donneuses d’embryons ; 2. un échantillon des taureaux en cours d’évaluation avec les génisses de testage ; 3. une présentation de descendance de Grands Géniteurs confirmés et diffusés ; 4. Un aperçu des dernières spécificités du programme que sont la semence sexée et les animaux génétiquement sans cornes.»

La génétique couplée au suivi technique, permet une efficacité maximale de l’atelier viande

Naissances plus faciles, mais aussi broutards plus lourds. Poids à 210 jours : 278 kg dans les élevages pratiquant peu l’insémination ; 290 kg dans les élevages dont plus de 75 % des veaux sont issus d’IA.
Vérité d’évidence pour l’UCATRC : la génétique n’est pas une charge, mais un investissement. Mais pour ne pas être à la fois juge et partie, l’UCATRC a demandé à des conseillers de centres de gestion et à des techniciens de groupements de producteurs de passer au crible des élevages charolais du département du Maine-et-Loire. 137 élevages ont été étudiés, dont une partie pratique l’IA (sur, au moins, 45 % du cheptel).
Premier constat : « Les résultats techniques des éleveurs n’utilisant pas l’IA sont en retrait par rapport à ceux utilisant l’IA et bénéficiant d’un appui technique », explique Julien Fortin, conseiller de Chambre d’agriculture. Un constat qui, explique-t-il, vaut quel que soit le paramètre considéré : intervalle entre vêlages, taux de renouvellement des troupeaux, pourcentage de veaux nés vivants, nombre de vêlages par vache présente, etc...

Autres constats, économiques et chiffrés ceux-là : « La rentabilité des élevages du groupe IA est supérieure », tranche Yoann Bouget, conseiller de gestion au CER. La marge brute atteint 227€/UGB dans les élevages pratiquant la monte naturelle, et 260€/UGB pour les élevages pratiquant l’IA (+14 %). Elle grimpe même à 297 €/UGB (+31 %) dans les élevages suivis en contrôle de performances, ce qui permet à Jean-Luc Besson, technicien à Bovicap Conseils, de conclure que « la génétique, couplée au suivi technique, permet une efficacité maximale de l’atelier viande ». 

Naissances plus faciles, broutards plus lourds, mais aussi animaux plus précoces. Autre étude, conclusion analogue. Le groupement de producteurs Caveb, lui aussi, a comparé deux groupes d’éleveurs, pour analyser, « au bout du bout », selon l’expression d’Anne Porchet, l’impact économique de l’utilisation de l’IA dans les ateliers de jeunes bovins.

A la sortie, les poids de carcasse des animaux sont quasi identiques (435 et 436 kg). Mais c’est sur la durée d’engraissement que l’IA creuse la différence : 17,3 mois au lieu de 18,8 mois. Soit 46 jours en moins. Soit 71 € d’économie alimentaire par jeune bovin. Cette étude, menée sur 3 500 bovins, montre que la croissance des jeunes bovins issus d’élevage pratiquant massivement l’IA est de 125 g supérieur aux élevages pratiquant peu l’IA (1 336 g contre 1 261 g/j).

Pour les vaches, même tendance : le groupe IA de la Caveb affiche un poids de carcasse de 451 kg, contre 435 kg pour le groupe pratiquant peu d’IA. Soit, à 3,50 €/kg de carcasse en 2011, une plus-value de 56 € par vache.

Naissances plus faciles, broutards plus lourds, animaux plus précoces, mais aussi produits bien adaptés aux marchés. La race charolaise, nombreux le disent, est aujourd’hui à la croisée des chemins. D’un côté, la part de marché de la boucherie traditionnelle, consommatrice d’animaux lourds, régresse. De l’autre, la grande distribution, qui écoule les deux tiers de la consommation de viande et qui, pour son “fond de rayon”, réclame des produits « homogènes », dans une fourchette de 400 à 450 kg de carcasse, explique Jacky François (Association Qualité Viande). Ce n’est pas tout, car, dans un marché où les achats de viandes à bouillir accusent une forte baisse, le rendement en muscles nobles pourrait s’imposer bientôt comme un nouveau critère de valorisation des animaux. Une étude, réalisée par Élivia, filiale du groupe Terrena, montre en effet que, pour des animaux de poids similaires (autour de 400 kg de carcasse) et de classement identique (R=, R+), la valorisation, pour le transformateur, varie très fortement (de l’ordre de 50 centimes par kilo, de 3,16 € à 3,67 €/kg) selon le rendement en muscles nobles (entre 38 % et 42,5 %). « Nous devons travailler sur ce point et retourner ces informations aux producteurs pour qu’ils sachent quel était le rendement de leurs animaux en muscles nobles et qu’ils puissent l’améliorer via la génétique », souligne Jacky François. Alors, les animaux bientôt payés selon le rendement en muscles nobles ? Vraisemblable.

Génomique, sexage… L’innovation scientifique au cœur de la création génétique

  • La révolution génomique : des perspectives prometteuses. L’UCATRC, depuis de nombreuses années, en lien avec l’UNCEIA et l’INRA, mobilise des moyens importants dans la recherche génomique, qui, grâce à des méthodes pointues d’analyse du génome des animaux, permettra bientôt d’estimer la valeur d’un animal dès sa naissance et de prévoir ses performances futures.

    Le génotypage va de pair avec le phénotypage et, donc, le contrôle de performances. « Le phénotypage, insiste Laurent Journaux, de l’UNCEIA, est un préalable indispensable à toute exploitation en génétique ou en génomique. » « C’est tout l’enjeu de la recherche, désormais, confirme Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l’INRA. Aujourd’hui, on sait déterminer les marqueurs génétiques, de façon routinière, rapide, standardisée. Mais le vrai enjeu majeur consiste à relier génotypage et phénotypage, c’est-à-dire les marqueurs génétiques et les performances des animaux. »

  • Sans cornes : une forte demande qui se confirme aussi bien en France que sur le plan international. Un impératif, toutefois, pour l’UCATRC : que la recherche ne dégrade pas les performances zootechniques (développement squelettique, développement musculaire, etc.) Pour la première année, un taureau est très favorablement indexé sur ses performances au sevrage : Dallas SC (113 en développement squelettique, 105 en potentiel de croissance). Pascal Soulas, UCATRC : « Des animaux sans cornes rivalisent aujourd’hui, sur leurs performances, avec des animaux cornus. Le gène sans cornes est désormais inclus dans nos programmes de sélection de façon plus importante. »
  • Semence sexée : une offre qui s’élargit. Semence sexée mâle, semence sexée femelle : le moyen, selon Pascal Soulas, d’« utiliser, à la carte, la génétique de l’UCATRC ». D’un côté, raisonner le renouvellement du troupeau avec les semences sexées femelle de Grands Géniteurs très typés “qualités maternelles” ; de l’autre, optimiser la production de viande avec la semence sexée mâle de taureaux caractérisés par leur potentiel de croissance et leurs qualités bouchères. 
Fest’IA 2012 : 1 € investi = 3 € gagnés : la génétique charolaise fait la preuve de son efficacité économique

UCATRC : 52 départements, 100000 vaches charolaises inséminées : une création génétique essentielle, collective, efficace 

Objectifs viande :

– broutards lourds au sevrage
– taurillons précoces et bien conformés
– génisses et réforme de qualité

 Objectifs élevage :
– troupeaux faciles à conduire
– naissances faciles
– femelles fertiles
– mères laitières

Georges DAVID, président de l’UCATRC

ILS ONT DIT...

« Génétique et économie vont de pair. Les chiffres présentés par les organismes techniques et économiques sont de nature à inciter les éleveurs à investir dans la génétique. Le programme de sélection de l’UCATRC est centré sur les résultats économiques, avec une facilité de naissance renforcée ; des croissances rapides pour des durées d’engraissement plus courtes ; des carcasses lourdes et parfaitement adaptées à la demande du marché. Les nouvelles technologies, mises en œuvre au sein de l’UCATRC (semence sexée, génomique), vont aussi dans le sens d’améliorer les performances des animaux et des élevages.»   [Georges DAVID, président de l’UCATRC]

« Fest’IA est, pour nous, le moyen d’apporter une information de proximité aux éleveurs et de leur présenter le dynamisme de notre entreprise de sélection, aussi bien en matière de création que de promotion ou de diffusion.»  [Laurent  HERVOUET, président de Charolais Mieux]

« Pour nous, la création génétique, est à la fois essentielle, collective, efficace. Essentielle d’abord, pour apporter à nos adhérents la génétique qu’ils attendent. Nous avons en effet l’ambition de ne pas être seulement des trieurs de génétique et de taureaux, mais des créateurs de génétique, pour ne pas avoir à dépendre d’un approvisionnement externe. Collective ensuite, car la création génétique se déroule au sein de nos coopératives et de l’union de coopératives qu’est l’UCATRC. Collective, aussi, car c’est tous ensemble que nous sommes plus intelligents. Les 160 éleveurs de notre noyau de sélection, qui mettent leurs capacités de sélection au service d’un projet commun, sont inscrits au herd-book charolais et adhèrent à Bovins Croissance. Efficace, enfin, car nous sommes organisés, structurés, peut-être parfois directifs, mais c’est le prix à payer pour obtenir un résultat.»  [Luc Chopard, directeur de l’UCATRC]

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