Fièvre catarrhale - L'épizootie envahit notre département : L'urgence pour tout élevage non-vacciné : désinsectisation et vaccination

Dr Didier GUERIN

Depuis le début juillet, la Creuse est confrontée à l'avancée du front de l'épizootie de fièvre catarrhale avec une apparition en nombre dans les élevages non-vaccinés.

Dans la progression de la fièvre catarrhale, sérotype 8, la Creuse se trouvait en limite du front de l'épizootie. Comme nous vous l'indiquions dans notre article du 16 mai 2008, la reprise de l'activité vectorielle mettait notre département en phase à haut risque. Depuis la semaine dernière, les premiers cas cliniques de fièvre catarrhale, sérotype 8 sont apparus dans notre département. Au 22 juillet, pour 70 élevages, la circulation virale a été confirmée (51 bovins et 19 ovins) avec des suspicions en cours sur un nombre équivalent de cheptels, ce qui montre que la pression virale est forte. Cette situation se trouve malheureusement conforme à ce que j'indiquais au printemps, notamment lors des réunions cantonales du GDSCC.

Un impact sanitaire conséquent en trois phases

Les conséquences de la contamination des ovins ou bovins par la fièvre catarrhale peuvent se scinder en trois phases :
• Au départ, l'atteinte clinique concerne les muqueuses les plus sensibles (nasales buccales, oculaires et podales). Cela entraîne des écoulements nasaux et buccaux, des ulcérations au niveau de la mamelle et des boiteries. Les animaux présentent alors des difficultés plus ou moins importantes pour manger et boire. De plus, chez les ovins, des raideurs musculaires peuvent se rencontrer. La synthèse des actions régionales d'évaluation de l'impact de la fièvre catarrhale en élevage bovin et ovin pour l'épisode 2007 effectuée par l'Institut de l'Elevage montre des taux moyens d'animaux malades de 15% pour les bovins et 25% pour les ovins, une surmortalité moyenne de 30% pour les bovins et 250% pour les ovins avec des variations importantes suivant les élevages. Pour plus de renseignement sur cette synthèse, consulter le point 08_9 fièvre catarrhale sur notre site www.gdscc.fr.
• La phase suivante découle directement de l'atteinte clinique des animaux avec de l'amaigrissement (qui peut être conséquent, jusqu'à 150 kg en 3 jours), des chutes de production laitière plus ou moins réversibles selon l'intensité avec les implications conséquentes possibles sur la croissance des veaux.
• Enfin, la fièvre catarrhale, sérotype 8, présente un impact important sur la sphère génitale, pouvant ainsi impliquer à terme des avortements, des mort-nés, des nouveau-nés nains, chétifs ou ayant un transfert immunitaire insuffisant entraînant des atteintes et des mortalités par les maladies néonatales supérieures. Cette 3ème phase s'est avérée la plus dramatique au cours de l'hiver dernier en Bourgogne.
Dans l'épisode actuel débutant de fièvre catarrhale dans notre département, nous avons déjà malheureusement pu observer tous ces éléments.

 

Une vigilance accrue pour une déclaration de toutes les suspicions auprès de son vétérinaire sanitaire

Etant donnée la situation épidémiologique actuelle, une surveillance accrue des animaux doit être effectuée surtout dans les élevages non-vaccinés ou pour les troupeaux vaccinés dont l'immunité n'est pas encore installée. Cela s'avère important à deux titres :
• Le taux de guérison est d'autant meilleur que l'intervention est précoce.
• La reconnaissance du statut infecté d'un cheptel (qui ouvre le droit aux indemnisations) nécessite un résultat virologique positif dans le cheptel.
En conséquence, lors de toute suspicion, il sera fait appel à son vétérinaire sanitaire qui réalisera des prélèvements sur le ou les animaux qu'il estimera réellement suspects. La visite du vétérinaire et la ou les analyses nécessaires sont prises en charge par l'Etat dans le cadre de la police sanitaire de la fièvre catarrhale.

Une indemnisation forfaitaire de l'Etat des mortalités et euthanasies

L'indemnisation forfaitaire des ovins, caprins et bovins euthanasiés ou mort de fièvre catarrhale ovine est versée au propriétaire des animaux. Elle ne peut concerner que les ovins, caprins et bovins de cheptels dûment enregistrés auprès de l'EDE et reconnus atteints de fièvre catarrhale. La date de référence pour le versement des indemnisations est la date de déclaration de la suspicion ayant conduit à la confirmation de l'infection. Les euthanasies ou mortalités intervenant entre la date de suspicion et la confirmation de la maladie pourront ainsi être indemnisées. La charge d'instruire les dossiers de demandes d'indemnisation a été confiée au GDSCC. Les demandes d'indemnisation des animaux morts ou euthanasiés sont donc à transmettre au GDSCC avec les justificatifs qui vous seront précisés. Les montants plafonnés applicables à tous les animaux éligibles sont de 45,73 € pour les ovins et caprins (91,47 € pour les cheptels de sélection) et 228,67 € pour les bovins. Des aides complémentaires qui étaient appliquées jusqu'au 30 juin devraient être reconduites pour les mois de juillet et août et permettent une aide totale de 100 € pour les ovins de plus de 6 mois (150 € pour ceux inscrits UPRA), 450 € pour les bovins de moins de 8 mois de race à viande, 600 € pour les bovins de plus de 8 mois (800 € pour ceux inscrits UPRA).

La Caisse de Solidarité Santé Animale des GDS pour une prise en charge des pertes sanitaires

Les GDS ont décidé d'assurer une prise en charge sur les pertes sanitaires dans les élevages atteints cliniquement par la fièvre catarrhale. L'indemnisation forfaitaire est calculée en fonction des pertes moyennes observées. Ainsi, les coûts moyens de traitement et autres pertes sanitaires se montent à 90 € par bovin et 15 € par ovin. La prise en charge est de 50% avec un plafond de 25% des animaux en élevage bovin et 35% en élevage ovin avec une franchise de 3% des animaux de l'élevage. Le GDSCC fera parvenir à tout élevage cotisant atteint par la fièvre catarrhale un dossier de demande de prise en charge.

L'urgence pour tout élevage non-vacciné : désinsectisation et vaccination

Face à cette épizootie en plein développement dans notre département, l'urgence pour tous les troupeaux ovins et bovins non-vaccinés est qu'ils soient désinsectisés (afin de limiter la pression virale dans l'attente de la mise en place de la protection immunitaire) et vaccinés le plus rapidement possible. Chaque éleveur concerné est donc invité à contacter son vétérinaire sanitaire le plus rapidement possible sachant que maintenant notre département dispose de suffisamment de doses pour les deux espèces. Pour tout renseignement ou face à toute difficulté, n'hésitez pas à nous contacter.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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