Garder foi en la génétique : Vente de taureaux issus de station d'évaluation

François d'Alteroche

Les résultats des premières ventes de taureaux issus de stations d'évaluation pour la campagne en cours s'avèrent correctes compte tenu du contexte.

Dans le contexte économique tendu, comment vont se dérouler les différentes ventes de jeunes taureaux organisées à l'issue de leur passage en station d'évaluation ? Quelle que soit la race concernée, nombreux sont ceux qui se posent cette question. Les ventes organisées en décembre et janvier pour la race Limousine constituent un premier baromètre. Elles font état de tarifs un peu inférieurs aux années précédentes, mais confirment l'intérêt pour des animaux offrant un maximum de garanties, tant sur le plan génétique que sanitaire, si les caractéristiques morphologiques et le potentiel génétique sont en phase avec les attentes des éleveurs. Le 29 novembre, la vente des animaux qualifiés RJ à la station de Lanaud a ainsi permis d'adjuger 65 des 70 animaux proposés à une moyenne de 4500 €. Un chiffre inférieur de 300 € à la même vente de la campagne précédente. Des résultats malgré tout encourageants compte tenu du niveau des trésoreries de beaucoup éleveurs. Pour la vente de Gévial organisée le 22 janvier dernier à La Souterraine dans la Creuse, Jean-Pierre Poujaud, technicien en reproducteurs limousins à la Celmar parle de résultats corrects au vu du contexte : « 47 des 53 veaux proposés ont été vendus à une moyenne de 2991 € et la moyenne s'est établie à 3505 € pour les veaux qualifiés RCV. La meilleure enchère est de 7000 € pour un veau acheté par la famille Grimal, dans l'Allier. »

Les 7000 € de la meilleure enchère à la vente de la station de Gévial (23) attestent de la volonté de certains éleveurs de ne pas remettre en cause leurs investissements dans la génétique. (Celmar)

Les 7000 € de la meilleure enchère à la vente de la station de Gévial (23) attestent de la volonté de certains éleveurs de ne pas remettre en cause leurs investissements dans la génétique. (Celmar)

Difficiles prévisions

Dans la zone charolaise où la plupart de ces ventes d'animaux issus de stations sont concentrées sur un court intervalle de temps à la fin de l'hiver, le climat d'affaires bien timide actellement, sur le marché des reproducteurs suscite quelques appréhensions. « Il est difficile de prédire comment les ventes vont se dérouler. Certes les éleveurs sont face à la nécessité de renouveler leurs taureaux, mais il y a aussi pour certains une nuance entre vouloir et pouvoir. Les ventes aux enchères qui ont eu lieu l'automne dernier dans la région, ont souvent été laborieuses », explique Marylène Madassamy, en charge du suivi technique de la station d'évaluation de Jalogny en Saône-et-Loire. « Nous avons eu des demandes de catalogue dans des proportions assez similaires aux années précédentes », tempère Isabelle Lelièvre, technicienne à la Cialyn et en charge du suivi des ventes organisées par l'Union Charolais Croissance à Migennes, dans l'Yonne. « Notre vente attire chaque année autour de 400 éleveurs et c'est un peu un thermomètre qui donne la température pour les ventes de reproducteurs juste avant la mise à l'herbe. L'an dernier, nous avions eu beaucoup de craintes par rapport à l'arrivée de la FCO et puis finalement la vente s'était bien passée. Nous faisons une analyse de sperme pour diagnostiquer une éventuelle infertilité. Cela offre une garantie supplémentaire qui est très appréciée », souligne Florence Marquis, en charge du suivi de la station de Créancey, en Côte d'Or.

La possibilité de voir en un même lieu, un large choix d'animaux présentant beaucoup de garanties sur le plan du suivi technique et sanitaire est tout particulièrement apprécié des fidèles acheteurs en station. « La plupart de nos acheteurs font d'abord chez eux un pré-tri sur catalogue, puis viennent voir les animaux lors des visites organisées avant la vente. Certains vont aussi chez les naisseurs lorsque les élevages ne sont pas trop éloignés. Pour apporter un complément d'information supplémentaire, nous avons aussi cette année mis en ligne un site internet - www.stationevaluation21.com - avec une photo et différentes informations sur chacun des veaux disponibles à la vente. »

Garanties pour les vêlages

Reste qu'il est difficile de faire un portrait type de l'éleveur qui achète en station. « 85 % des acheteurs qui se rendent à Migennes sont d'abord des producteurs de viande. Soit ils font beaucoup d'IA et veulent juste un taureau de rattrapage, ou si la part de monte naturelle est plus importante, ils veulent un taureau qui offre un maximum de garanties. Pour cela, à côté du niveau d'indexation du père et de la mère du veau, ils accordent beaucoup d'importance à l'index de synthèse de sortie de station. Les éleveurs qui viennent à Migennes viennent pour un tiers de la Nièvre, puis des autres départements bourguignons de la Lorraine et du Centre. Ils regardent aussi de très près les aspects croissance, développement squelettique et facilités de naissance », souligne Isabelle Lelièvre. Pour la Côte d'Or, une bonne part des acheteurs sont là aussi, des éleveurs hors base de sélection. Ils recherchent des animaux avec de la viande, mais avec des vêlages faciles. Pour les animaux qui répondent à certains critères côté indexation parentale et qui pesaient moins de 50 kilos à la naissance, la mention « conseillé pour vêlages faciles » est indiqué sur le catalogue de vente.
Comme pour bien des choses, les responsables des stations soulignent que la meilleure des publicités qui peut leur être faite est d'avoir des clients pleinement satisfaits par la qualité de la descendance d'un taureau qu'ils auront acheté en station. L'amélioration génétique est un travail de longue haleine.

Source Réussir Bovins Viande Février 2009

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