GDS Creuse : 60 ans de lutte contre les « grandes maladies » vers la « sanitaire’ attitude »

GDS 23 GDS Creuse

A la tribune de cette Assemblée Générale de GDS Creuse, se trouvaient autour du Président Philippe Monteil, Yves Henry pour la Chambre d’Agriculture, Jacky Guillon, Vice-président du Conseil Général, Jocelyn Snoeck, Directeur de la DDCSPP, Marc-Henri Cassagne, Directeur de GDS France, le Dr Nicolas Athanassiadis, Président du GTV 23 et le Dr Didier Guérin, Directeur de GDS Creuse.

Le Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse (GDS Creuse) a tenu, ce 5 avril, son Assemblée Générale sous la Présidence de Philippe Monteil.Créé en 1953, GDS Creuse a soixante ans dans un cadre d’évolution de l’environnement des élevages, de la gouvernance sanitaire et donc des GDS. Dans son intervention, Philippe Monteil a indiqué que les axes d’action se situent dans la continuité des orientations de GDS Creuse, ils peuvent se résumer de la manière suivante.Le « modèle français de gestion sanitaire collective » se trouve conforté par les textes réglementaires publiés suite aux Etats Généraux du Sanitaire avec une organisation dédiée au sanitaire articulée autour des partenaires historiques (cf. encadré) : l’Administration Centrale et les services décentralisés en lien avec les vétérinaires sanitaires, les laboratoires départementaux d’analyses et les Organismes à Vocation Sanitaire que sont les GDS.Notre adage « L’éleveur, acteur majeur de la santé animale » est renforcé avec le rôle que joue et peut jouer l’éleveur, les besoins de suivi collectif de son troupeau, d’où la nécessaire (r)évolution de l’offre vétérinaire de services et, parallèlement, la relation éleveur – vétérinaire, la focalisation sur les points à risques avec une limitation des réglementations, une suppression de celles devenues inutiles et une recherche de retour significatif pour l’éleveur de ces obligations.

L’excellente situation de la Creuse par rapport à l’IBR se confirme donc avec une progression continue, 95% des cheptels sont négatifs, 93% sont certifiés. Cela représente un impact très favorable par rapport à la commercialisation. En 2012, 289 attestations de cheptel ont été délivrées pour des exportations.

La tuberculose : une vigilance particulière à maintenir

La tuberculose : une vigilance particulière à maintenir

La tuberculose bovine montre un retour marqué dans certaines zones depuis 2004. En dehors des zones à risque bien établi, d’autres départements connaîssent aussi une résurgence de la maladie. Le statut indemne de la France est menacé. Devant cette situation, il est à rappeler à tous l’importance d’être vigilant et rigoureux par rapport aux mesures prescrites. Certes, les demandes peuvent être parfois lourdes. La tuberculination de tout un cheptel, parce qu’il a un lien épidémiologique avec un foyer, peut sembler excessive. Mais, face à une maladie chronique avec des techniques de dépistage peu sensibles, seule la rigueur dans le suivi permet de limiter fortement les résurgences.

 

L’IBR : un atout commercial départemental, un statut favorable à amplifier

L’excellente situation de la Creuse par rapport à l’IBR se confirme avec une progression continue. 95% des cheptels sont négatifs, 93% sont certifiés. Cela représente un impact très favorable par rapport à la commercialisation. En 2012, 289 attestations de cheptel ont ainsi pu être délivrées pour des demandes de commercialisation, notamment vers l’Afrique du Nord et l’Europe de l’Est. Au-delà de ces atouts commerciaux, l’atteinte des critères de zone à statut épidémiologique favorable (<1% de cheptels positifs) va être recherchée de manière plus poussée. Ce statut va permettre le passage au seul contrôle de 20% des bovins de plus de 24 mois pour les cheptels certifiés indemnes. Le groupe de travail constitué lors de la précédente Assemblée Générale, en attente des évolutions réglementaires nationales, va relancer cette réflexion pour la prochaine campagne. Il sera également amené à réfléchir sur les orientations à donner en matière de statut paratuberculose et BVD.

La protection animale : un schéma spécifique pour les cas récurrents

Une réflexion a été menée en matière de protection animale. La commission « protection animale » GDS Creuse, créée au printemps 1999 en raison de problèmes importants et récurrents de maltraitance et de divagation d’animaux de rente dans quelques élevages, montre des résultats favorables en matière de précocité d’intervention et de sensibilisation avec un taux de résolution de situation en augmentation. Par contre, pour les cas persistants nécessitant une verbalisation et, donc, une action en justice, la situation reste beaucoup moins favorable. Le Préfet et le Procureur de la République ont été alertés. Ils ont répondu favorablement et ont chargé le Directeur de la DDCSPP de proposer un mode opératoire. Celui-ci est en cours de finalisation. Philippe Monteil espère maintenant un passage rapide à la phase opérationnelle afin que ces quelques éleveurs ne puissent plus maltraiter leurs animaux et ternir l’image de l’élevage creusois.

Schmallenberg : une indemnisation pour la 1ère vague, une surveillance maintenue pour la 2ème vague

Les foyers recensés au 1er semestre 2012 découlaient de la 1ère vague de circulation. Nombre d’animaux se sont contaminés sans présenter de symptôme. Le virus a passé la période hivernale et une 2ème vague de circulation virale, plus conséquente, a débuté à partir de mai 2012, d’où les 1ers cas recensés en septembre dernier. Face à cette situation, la surveillance du SBV congénital a été poursuivie. L’Etat a arrêté sa surveillance au 31 août. Le réseau GDS s’est impliqué dans la gestion de la surveillance dans le cadre de la plateforme nationale de surveillance épidémiologique. GDS France a décidé la prise en charge forfaitaire des pertes sanitaires consécutives au passage du virus Schmallenberg (SBV) par la Caisse de Solidarité Santé Animale (CSSA). Pour pouvoir en bénéficier, l’élevage doit avoir fait l’objet de suivis, d’où l’importance des déclarations auprès de son vétérinaire sanitaire. Pour les élevages impactés par le SBV au 1er semestre 2012, les dossiers d’indemnisation sont en cours. Cela concerne 36 élevages creusois (27 bovins et 9 ovins) qui ont tous été informés.

La gestion sanitaire : de l’individuel et du curatif vers le collectif et le préventif

L’adage « L’éleveur, acteur majeur de la santé animale », avec pour son élevage, la maîtrise des risques sanitaires constitue un axe majeur de travail de GDS Creuse depuis 2000. Mis entre parenthèses de 2006 à 2010 à cause de l’épizootie fièvre catarrhale, cet axe a été relancé et va se poursuivre. Le monde de l’élevage a connu et connaît de profonds changements, tant en matière d‘évolution des effectifs que d’environnement sociétal, réglementaire et technico-économique. Les dernières crises sanitaires, les attentes des consommateurs en matière de sécurité alimentaire et de respect de l’environnement, les récentes mises en cause de l’utilisation du médicament vétérinaire, notamment vis à vis de l’antibiorésistance imposent de nous interroger sur nos pratiques pour associer impératifs techniques, rentabilité économique et attentes sociétales.

La « sanitaire’ attitude » : une réponse synergique aux besoins internes et externes

Une zone et un troupeau sain, ce sont des résultats économiques renforcés, un bien-être animal amélioré, des pathologies et, ainsi, des utilisations de médicaments diminuées. Avoir une « sanitaire’ attitude » (cf. article du 01/03/2013), c’est répondre de manière synergique aux besoins des élevages qu’ils soient internes (techniques et économiques) ou externes (besoins commerciaux, attentes sociétales pour lesquelles les éleveurs doivent être à l’écoute mais aussi acteurs). La « sanitaire’ attitude » associe bilan, analyse, apport de garanties et protection avec les outils disponibles, notamment la « boîte à outils GDS Creuse » développée et mise à disposition en relation avec les vétérinaires, le laboratoire départemental, le service santé animale de la DDCSPP. Elle participe au renforcement de la coopération pour un troupeau sain, sûr et rentable. Cela demande une implication particulière de l’éleveur et de son vétérinaire dans cette démarche. Les résultats sont patents… pourtant la marge de progression reste encore conséquente ! C’est pourquoi GDS Creuse s’implique fortement dans cet axe de travail.

Le « mutualisme » : une adaptation fonction des évolutions de la réglementation et de l’environnement

Une gestion sanitaire efficace demande une réalisation et un investissement collectifs intégrant tous les élevages, sans exception. Cela implique une nécessaire mutualisation des moyens humains, matériels et financiers. Les dernières crises et les récentes alertes l’ont encore illustrée. Philippe Monteil a souhaité que chaque délégué cantonal rappelle le bienfondé des choix mutualistes de GDS Creuse qui restent très réalistes et conformes aux besoins du monde rural et qui s’adaptent en fonction des évolutions de l’élevage, de son environnement épidémiologique et réglementaire. Au niveau national, deux outils se sont adaptés et sont mis à contribution : le Fonds de Mutualisation Sanitaire des GDS impacté, essentiellement, par la tuberculose et la CSSA mise à contribution pour le SBV.

GDS Creuse : 60 ans de lutte contre les « grandes maladies » vers la « sanitaire’ attitude »

Le partenariat Conseil Général/GDS Creuse : une efficience de la collaboration GDS Creuse/LDA

Le partenariat étroit de GDS Creuse avec le Conseil Général se poursuit. Pour la nouvelle convention relative au programme de prévention et de lutte contre les maladies non-réglementées de l'espèce bovine, l’aide n’est plus apportée au LDA (tarifs préférentiels) mais à GDS Creuse qui répercute ses aides à l’éleveur. Le Conseil Général a harmonisé ses taux d’intervention : 50% pour l’ensemble du programme IBR et pour les analyses à l’introduction, 20% pour les analyses BVD et paratuberculose en plan d’assainissement ou d’apport de garantie de cheptel. Cette aide apparait dorénavant sur les appels de prestation de GDS Creuse. L’efficience de la collaboration GDS Creuse/LDA (baisse des coûts administratifs) est traduite dans ce partenariat. Philippe Monteil souhaite fortement que cet élément ne soit pas oublié et qu’il perdure pour le bénéfice des éleveurs et de la situation sanitaire creusoise fortement favorable.

L’information des éleveurs et partenaires : une mission en développement constant

L’information par GDS Creuse se développe constamment, en relation avec l’inflation des connaissances, de la réglementation, de l’actualité… Le nouveau site Internet avec sa lettre d’information hebdomadaire connaît un réel succès. Les abonnés sont sollicités pour faire part de leurs remarques, commentaires, suggestions, les non-abonnés, invités à s’inscrire directement sur le site. GDS Creuse est allé à la rencontre de ses délégués cantonaux en novembre 2012. Ces échanges ont été nourris, particulièrement conviviaux et riches d’enseignements. Fin 2013 vont se dérouler, comme tous les 3 ans, les réunions cantonales qui seront électives. GDS Creuse compte sur la mobilisation de tous pour qu’elles soient une réussite.

GDS Creuse, vers la « sanitaire’ attitude » pour un troupeau sain, sûr et rentable

Fort de son expertise sanitaire animale collective au service de tous les élevages et à travers ses missions « d’apport de garanties de cheptel et d’image des élevages », « de lutte contre les maladies contagieuses », de « mutualisme » et « d’information », GDS Creuse a fait évoluer son action et continuera à la faire progresser en fonction des modifications des élevages, des besoins des éleveurs et de leur environnement, tout en conservant les bases fondamentales de la lutte collective et sanitaire, indispensables pour sa réussite. De 1953 à 2013, en 60 ans, d’une lutte contre les maladies contagieuses, GDS Creuse s’est orienté vers la « sanitaire’ attitude » avec un renforcement de la coopération pour un troupeau sain, sûr et rentable.

Au nom de tous les éleveurs, Philippe Monteil a tenu à remercier les partenaires : les vétérinaires, l’administration, en particulier le Service Santé Animale de la DDCSPP, le Laboratoire Départemental d’Analyses, le Conseil Général, le Conseil Régional, les Organisations Agricoles, notamment la Chambre d’Agriculture, les instances régionale (GRASL) et nationale (GDS France), les délégués cantonaux et l’ensemble des salariés de GDS Creuse et de Farago Creuse.

GDS Creuse : 60 ans de lutte contre les « grandes maladies » vers la « sanitaire’ attitude »

La nouvelle gouvernance sanitaire : une adaptation face à l’évolution des risques

Dans son intervention, Marc-Henri Cassagne, Directeur de GDS France, a replacé l’évolution de la gouvernance sanitaire dans le contexte historique du schéma sanitaire français mis en place dans les années 50. Comme l’a indiqué l’OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale), la France dispose d'une organisation sanitaire performante. Cela lui a permis de lutter efficacement contre les grandes maladies (tuberculose, fièvre aphteuse, brucellose, puis leucose, varron et récemment, fièvre catarrhale). La qualité de notre environnement sanitaire est le fruit d’investissements importants et d’une collaboration efficace entre services de l’Etat, vétérinaires, laboratoires, agences scientifiques et techniques et organisations professionnelles telles que les GDS.

Une évolution des risques avec un passage d’une éradication de maladies à une prévention de dangers sanitaires

L’accélération et la mondialisation des échanges et la modification des écosystèmes de certaines maladies imposent d’adapter notre dispositif aux nouveaux enjeux et nouvelles menaces. Nous sommes confrontés à de nouvelles attaques inattendues (fièvre catarrhale, virus de Schmallenberg), à des menaces (nombreux pays contaminés par la fièvre aphteuse), à des résurgences (tuberculose), à des contaminations environnementales (dioxine)… Cela  implique à un passage de lutte contre les maladies (maladies réputées contagieuses, maladies à déclaration obligatoire) à une maîtrise des dangers sanitaires avec une catégorisation (1ère, 2ème et 3ème catégories) et une modification de la catégorisation en fonction de l’évolution du danger zoonotique (risque pour l’homme) ou économique (risque pour l’ensemble de la filière). Cette maîtrise des dangers sanitaires s’appuie dorénavant sur le triptyque « Prévention, Surveillance, Lutte » avec une grille générale d’action pour tous les types de dangers sanitaires qu’ils soient dans le domaine animal ou végétal.

La région centre décisionnel avec un maintien du maillage départemental

Suites aux Etats Généraux du Sanitaire, les décrets du 30 juin 2012 ont défini nouvelle gouvernance sanitaire. L’échelon régional devient décisionnel (cf. illustration). Le CROPSAV placé sous l’autorité du Préfet de région va être le lieu de concertation pour la définition du schéma régional de maîtrise des dangers sanitaires et les programmes collectifs volontaires. Le souhait des GDS a été de garder le maillage départemental et donc les GDS départementaux, d’où la forte mobilisation nécessaire du CA de GDS Creuse afin que la voix des éleveurs soit pleinement entendue au sein de cette structure. L’installation des CROPSAV est prévue avant le 30 juin 2013.

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