Jeunes bovins : Des mélanges de matières premières pour engraisser en ration sèche

Sophie Bourgeois

Plusieurs mélanges de matières premières, en particulier des coproduits d'éthanolerie, ont été testés par Arvalis Institut du Végétal pour l'engraissement en ration sèche de jeunes bovins charolais et donnent de bons résultats.

Pour engraisser des jeunes bovins en ration sèche, schématiquement trois solutions se présentent : vendre la récolte de céréales et acheter un aliment complet, faire consommer ses propres céréales et acheter un aliment complémentaire unique, ou bien acheter des matières premières disponibles sur le marché pour constituer soi-même une ration en y incluant les céréales produites sur l'exploitation. Sur trois ans, entre 2006 et 2009, Arvalis Institut du Végétal a testé à la Jaillière en Loire-Atlantique plusieurs rations sèches de ce type sur des jeunes bovins charolais produisant des carcasses de 420 kilos. « Nos essais montrent que les mélanges de matières premières sont une alternative intéressante pour faire baisser le coût alimentaire, à condition de ne pas se tromper dans la construction de la ration », explique Gildas Cabon, d'Arvalis Institut du Végétal.

De bonnes valorisations par les jeunes bovins

Compte tenu des valorisations réalisées par les animaux, 8 kilos de MS de concentré ont été nécessaires pour faire 1 kilo de carcasse, aussi bien pour le régime témoin blé et aliment complémentaire unique qu'avec l'aliment complet riche en céréales. Cela représente 9,3 kilos d'aliment brut. « Ce résultat est retrouvé très régulièrement dans les essais. On peut faire aussi bien avec les mélanges contenant une drêche de blé d'éthanolerie ou un coproduit d'éthanolerie, voire un peu mieux avec un mélange contenant du tourteau de colza, ou un peu moins bien avec un mélange contenant du tourteau de tournesol non décortiqué », résume Gildas Cabon. A l'occasion de ces essais, des analyses ont montré que la valeur alimentaire du blé pouvait varier fortement d'une année à l'autre. « Pour une des quatre années testées, la teneur en MAT du blé s'est révélée de 22 % supérieure à celle rapportée dans les tables. » Cela pose la question de l'intérêt d'une analyse du blé, en particulier quand il représente la base d'une ration sèche. « Le coût des analyses représente le bénéfice dégagé par un, voire deux jeunes bovins », explique Gildas Cabon.

« En tenant compte de la valorisation des différents aliments et de leur coût, les drêches à teneur réduite en protéines sont intéressantes pour faire baisser le coût de production. » (A. Conté)

« En tenant compte de la valorisation des différents aliments et de leur coût, les drêches à teneur réduite en protéines sont intéressantes pour faire baisser le coût de production. » (A. Conté)

 

Coût alimentaire de 347 euros de moyenne

L'approche économique doit faire intervenir le GMQ obtenu, l'indice de consommation, et le coût des aliments. Avec des hypothèses de prix correspondant au dernier trimestre 2009(1), le coût du concentré s'est élevé pour les mélanges de matières premières testés ici en moyenne à 347 € par jeune bovin, avec peu de différence entre les différents régimes. Le coût le plus élevé était celui du mélange avec tourteau de tournesol (371 c et le plus bas celui avec tourteau de colza (319 €). « Le prix de vente permettant d'équilibrer les dépenses se situe à environ 3,23 €/kg C pour les rations ‘mélanges de matières premières'. Pour arriver à ce même prix de revient, les aliments composés devraient se situer à des prix inférieurs au prix de marché : 155 € la tonne pour l'aliment complet et 207 € la tonne pour l'aliment complémentaire. »
Le recours aux aliments composés du commerce relève aussi du choix de déléguer la tâche de formulation et fabrication de la ration, ce dont il faut tenir compte dans la lecture de ces résultats.

(1) Par tonne de produit brut fin 2009 : blé : 135 €, maïs grain : 135 €, orge : 115 €, triticale : 129 €, pulpe de betterave : 130 €, tourteau de tournesol non décortiqué : 134 €, tourteau de colza : 173 €, tourteau de soja : 311 €, drèche blé produite à l'usine de Lillebonne en 2007 : 186 €, Milurex BE : 163 €, aliment complet 155 €, CAMVc : 207 €, CMV : 500 €.

Source Réussir Bovins Viande Avril 2010

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