L’écornage des veaux : le plus tôt possible et avec méthode

Aurélien LEGRAND & Dr Didier GUERIN

L’écornage des veaux : le plus tôt possible et avec méthode

Ecorner ses veaux => Pour différentes raisons d’ordre réglementaire ou de gestion du troupeau, l’écornage des veaux se développe. Il bénéficie d’améliorations permettant une pratique facile et fiable à condition d’intervenir précocement et avec méthode.

Guy Charioux, agriculteur à Grand Bourg : « Ecorner les veaux le plus tôt possible facilite l’intervention et entraîne moins de stress chez le veau »

L’écornage des veaux : le plus tôt possible et avec méthode

« Auparavant je réalisais l’écornage des adultes qui nécessitait des moyens humains et matériels conséquents. Désormais, je pratique l’écornage sur les jeunes car la contention est beaucoup plus facile et moins traumatisante. Une intervention régulière sur des veaux âgés en moyenne de 10 joursJ’utilise une cage à veaux avec un système anti-recul et un anneau d’immobilisation de la tête afin que l’animal ne puisse pas bouger lors de l’intervention. Avec ce matériel et une bonne organisation, je peux écorner seul mes veaux sans danger et dans de bonnes conditions aussi bien pour eux que pour moi. J’organise mes chantiers de façon régulière pour écorner une douzaine de veaux âgés entre un et 20 jours. Une mise en route avec mon technicien Farago CreuseSuite aux apports de mon technicien Farago Creuse à travers sa démonstration et ses conseils, j’utilise un écorneur à gaz et réalise cette action en respectant les étapes préconisées : tonte préalable, cautérisation rapide, vérification du cercle de cautérisation et désinfection après écornage. Celui-ci me permet d’intervenir de manière rapide et efficace. Depuis que je pratique cette méthode, aucun de mes animaux écornés n’a présenté de « repousse ». Des veaux non-stressés qui vont téter dès l’intervention finieJe rassemble les veaux dans leurs box avant l’intervention. Je suis toujours content de les voir rejoindre leur mère après l’écornage et de les voir téter aussitôt ! »

Diminuer les risques de blessure pour les animaux, améliorer la sécurité des éleveurs et autres intervenants, faciliter le passage aux cornadis et l’accès aux systèmes collectifs de distribution d’aliment… demandent l’intégration de l’écornage des bovins dans la gestion de son troupeau. Pour des raisons de facilité de réalisation, l’écornage des veaux représente une solution de plus en plus pertinente. Il sera d’une pratique facile et fiable si l’on intervient précocement et avec méthode.

Un écornage des veaux à réaliser avant l’âge de 4 semaines…

L’intervention est à réaliser avant que le cornillon ne soit sorti et avant 4 semaines pour des raisons réglementaires. Plus on attend, plus les cornes poussent et plus le veau devient difficile à contenir et le travail contraignant à effectuer. De plus, le stress est très limité avant l’âge d’un mois avec tous les impacts positifs que cela peut avoir en matière de bien-être de l’animal et de croissance. Cette action peut intervenir dans les premiers jours de vie sans problématique particulière s’il est effectué avec méthode. Cette pratique se réalise par voie chimique ou thermique. Certaines pratiques comme l’énucléation du cornillon sont à proscrire.

…en privilégiant l’écornage thermique…

Ce dernier est moins douloureux et moins dangereux pour l’opérateur et les animaux que l’écornage chimique. Il est plus facile à réaliser et permet grâce à un embout spécial dont le diamètre varie avec la taille du cornillon (15, 20 ou 25 mm) l’inactivation de la matrice périphérique du bourgeon par un sillon autour du cornillon.

 … une anesthésie au-delà de 4 semaines, après 6 semaines attendre l’écornage adulte

Au-delà de 4 semaines d'âge, pour respecter le bien-être de l’animal et la réglementation, une anesthésie locale ou une tranquillisation est nécessaire. Pour l'anesthésie locale, le lieu d'injection se situe dans la fosse temporale (à égale distance de l’angle externe de l'œil et de la base de la corne, à 1 cm au-dessous du bord arrondi du frontal et à 6-10 mm de profondeur). L’anesthésique local est obtenu par l’éleveur auprès de son vétérinaire avec une délivrance sur ordonnance dans le cadre du protocole de soins. Au delà de 6 semaines, l’écornage sur le veau n’est plus réalisable car trop traumatique, il faudra donc attendre l’âge adulte pour écorner. L’écornage se pratique alors sur des animaux âgés de plus de 24 mois. Il faut en effet attendre que la corne ait réellement poussé.

L’écornage des veaux : le plus tôt possible et avec méthode

Des étapes à respecter pour une qualité d’intervention optimale

1 – Immobiliser parfaitement le veau. Une contention adaptée demande une tête de contention autobloquante, une barre anti recul et un anneau pour la tenue de la tête. Les cages de contention veau ainsi équipées permettent à une personne seule de manipuler rapidement le veau et effectuer un écornage précis, rapide et fiable.

2 – Tondre la zone. Une tonte préalable permet de dégager la zone pour localiser précisément l'emplacement du bourgeon cornual dès le 1er jour de vie de l’animal. De plus, la tonte va limiter la présence de poils pouvant être à l’origine de contamination de la plaie engendrée par l’écornage.

3 – Cautériser et pas plus. Cela consiste à couper l'alimentation des veines périphériques qui alimentent le cornillon et non pas à le calciner tout en étant vigilant de ne pas mutiler la table osseuse profonde. Il suffit de couper la peau et les veines autour du bourgeon cornual pour que les cornes ne poussent plus. Pour un écornage rapide (moins de 10 secondes), la température de l’écorneur doit être élevée (> 650 °C). Il est important de ne pas éteindre l’appareil entre chaque veau afin de maintenir une chaleur constante. En respectant ces précautions élémentaires, le stress sera très limité.

4 – Vérifier le cercle de cautérisation. Les repousses partielles de cornes sont souvent la conséquence d’un travail imparfait. Soit parce que l’écornage a été réalisé trop tard, le diamètre de l’embout du cautérisateur était insuffisant et n’a pas détruit tous les tissus périphériques ; soit parce que la cautérisation n’a pas concerné la totalité des veines. Il est donc impératif de vérifier que le cercle de cautérisation autour du cornillon est parfaitement continu.

5 – Toujours désinfecter. La pulvérisation d’un spray désinfectant présente deux objectifs : éviter les infections par l’action désinfectante et limiter l’inflammation locale par l’action refroidissante du spray. Pour une cicatrisation dans les meilleures conditions, on rappellera l’importance du respect des mesures sanitaires de base, notamment en matière de propreté et de ventilation des bâtiments d’élevage.

Un appui technique, une large gamme de produits et de services proposée par Farago Creuse

L’écornage des veaux devient de plus en plus incontournable et s’intègre pleinement dans la « sanitaire’attitude ». Les techniques évoluent et permettent une adaptation aux élevages en fonction des nouveaux besoins. Les techniciens qualifiés et expérimentés de Farago Creuse (environ 950 écornages veaux réalisés par an) sont à votre disposition pour vous informer et vous conseiller sur la mise en place de cette pratique au sein de votre élevage. Ils peuvent vous proposer le service avec des passages pouvant être programmés de façon régulière ou le « kit écornage » avec cage de contention veau, petite tondeuse, écorneur et bombe désinfectante. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter et à venir nous rencontrer dans notre magasin au 26, rue Alexandre Guillon – 23000 GUERET, notamment lors de notre prochaine journée porte ouverte le 15 mars 2014.

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Commentaires 10

souterre

pas besoin d'écorner si vous achetez un taureau sans corne homozygote plus de corne mais a qu'elle prix ?,j'ai résolut le problème a 60% en achetant un taureau limousin hétérozygote 60%de veaux nées sans corne . je pourrais même vous vendre des reproducteurs sans corne. dans les cornadits les têtes passe sans problème,plus de coup de corne aux veaux ni à l'éleveur

chepe

...Les réactions sont toujours bienvenue...

chepe

Rebonjour,
A titre d’information : je suis agriculteur-maraîcher. Avant j’ai travaillé dans un élevage de vaches laitières (Holstein, avec cornes), et je connais donc la situation et elle n’est pas facile. (Et entre parenthèses : j’ai aussi eu un grave problème de santé lié directement à mon métier d’aujourd’hui ; peut-être ça m’a aidé à considérer la réalité d’une autre façon…).
En faite, ça sert à quoi les cornes ? (Apparemment personne ne se demande). Bien évidemment elles jouent un rôle dans l’orde social du troupeau. Mais elles sont aussi des organes très importants pour l’équilibre et l’orientation des vaches (Bio-Ring Allgaü, 2009). Intéressant de savoir aussi que pendant que les vaches broutent ou ruminent, les cornes chauffent (flux de sang plus élevé dans les cornes)( M. Klaver, Univ. Wageningen), et elles sont donc en relation avec la digestion. Une appréciation diminuée pour la qualité de l’alimentation est probable chez des vaches écornées (Seelbach, 1982).Des vaches avec des cornes sont rapportées d’être plus assertives (Bioveem, 2006). Recherche montre aussi des différences entre vaches écornées et avec cornes dans la qualité du lait, du sang et de l’urine (Wohlers 2003, Irion, 2002, Höfer 2003)..
Inutile de dire donc que la souffrance animale ne se limite pas à l’écornage, mais ça a des conséquences pour la vie.
Je signale qu’il y a bien des exemples de gestion de troupeau avec cornes et des systèmes alternatives déjà en marche(notamment Pays Bas et Allemagne).
N’écartons pas trop rapidement la question de la souffrance animale. Avec un peu plus d’empathie on y arrive. Informons nous, soyons créative, Il y a des pistes à explorer, des solutions à trouver et déjà des systèmes en marche. Par respect pour l’intégrité et pour le bien-être des autres, et donc aussi pour notre propre épanouissement.
PS Même sur certaines boites de lait les vaches n’ont pas de cornes ; et c’est ce que nos enfants apprendront.

Beber12

l'écornage est un bon sujet pour regrouper des avis divers et opposés: défenseurs des animaux, bobos parisiens, nostalgiques du passé, profesionnels de l'élevage....sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres, on doit pouvoir tomber daccord pour confirmer l'utilité de l'écornage; et pour dire aussi que que ce n'est pas une action barbare si on le fait bien.

fredo

Chepe,il y a trois ans, mon père qui avait 72 ans à cette époque s'est fait "encorner" dans un parc par un jeune taureau que je considérais comme gentil, mais qui l'a soudainement coursé pour lui donner un coup de tête. Mon père a été projeté à environ 10 mètres du point de départ, et à une hauteur d'environ 2 bons mètres.
Si ce "en apparence gentil taureau" n'avait pas été écorné, mon père ne serais plus de ce monde aujourd'hui, et j'aurais en plus sa mort sur la conscience.
Je suis agriculteur bio et j'estime qu'écorner mes veaux sous anesthésie générale est nullement traumatisant ou générateur de souffrance pour le jeune animal. Par contre, je considère que c'est absolument nécessaire pour la sécurité non seulement de ses congénères, mais aussi de l'éleveur et de toutes les personnes qui viennent sur mon exploitation... y compris pour les personnes extérieures ou vacanciers curieux qui viennent caresser les animaux.
Chepe, j'aurais pu te présenter et te faire caresser ce jeune taureau avant l'accident, mais plus aujourd'hui. Je l'ai en effet fait partir pour l'abattoir au lendemain de l'accident. On ne peut et on ne doit pas improviser ou plaisanter avec la sécurité et l'intégrité physique des personnes.
Mon père a aujourd'hui 75 ans et se porte à merveille. Merci à l'écornage des jeunes veaux !

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