L’export français tourné vers les animaux de boucherie

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Novembre 2012

L’export français tourné vers les animaux de boucherie
La demande de viande bovine émanant des pays du pourtour méditerranéen est grandissante.

Le Liban et la Turquie représentent les deux principaux clients de l’Union européenne. Mais il existe de nouveaux débouchés comme l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

Les exportations françaises vers le pourtour méditerranéen (2011)

L’export français tourné vers les animaux de boucherie

Sur une période récente, prédominance des exportations vers la Turquie.

Les secondes rencontres France - pays méditerranéens, organisées par FranceAgriMer et France Terre d’Élevage au Sommet de l’élevage, ont été l’occasion de faire le point sur les enjeux en matière d’élevage et de disponibilités en viande bovine, dans les pays du pourtour méditerranéen. « La demande émanant de ces pays est grandissante depuis trois ans », a noté Yves Trégaro, chef de l’unité produits animaux, pêche et aquaculture à FranceAgriMer. Toutes provenances confondues « le Liban est l’un des plus grands importateurs avec 350 000 têtes en 2011. La Turquie, grosse importatrice est également passée de quasiment zéro en 2009 à plus de 450 000 têtes en 2011, en raison de l’abaissement des droits de douane, jusqu’alors prohibitifs, sur la viande et les bovins vivants. Les exportations vers la Turquie sont essentiellement des animaux de boucherie. » La demande en 2011 a été plus modeste en provenance d’Égypte (60 000 têtes), d’Algérie (plus de 20 000 têtes), du Maroc et de Tunisie (moins de 20 000 têtes pour les deux). Cependant, du fait de nouvelles politiques gouvernementales, les importations de bovins ont augmenté dans ces trois derniers pays.

La France en bonne place pour les exports vers les pays tiers

Lors de son exposé, Yves Trégaro a également montré que la France a su se positionner sur ces marchés puisqu’elle est le leader des exportations européennes d’animaux de boucherie avec 37 % de parts de marché. « Les flux commerciaux de la France se développent souvent avec ce type d’animaux, avant de se reporter sur d’autres catégories. » Elle arrive également quatrième pour les reproducteurs et troisième pour les bovins destinés à l’engraissement avec 11 % de parts de marché pour chaque segment. « Certes, l’Union européenne reste le principal débouché de la France avec un million de têtes exportées vers l’Italie suivie par l’Espagne, la Grèce et l’Allemagne. Cependant les pays tiers représentent une diversification qui atteint 10 % des exportations françaises. » Le Liban et la Turquie sont les deux clients principaux de l’Union européenne. « Pour la France, exporter vers le Liban est une habitude historique (année 1990). Elle livrait chaque année 40 000 à 60 000 jeunes bovins finis (supérieurs à 300 kg). Mais en 2006-2007, la fin des restitutions à l’export et la FCO ont réduit les flux. Ils ont redémarré en 2008 avec le Liban et l’Algérie, suivis par la Tunisie en 2009 et la Turquie à l’automne 2011 », note Yves Trégaro. Depuis mi-2011, la France a doublé ses exportations vers ces destinations (158 000 têtes de bétail exportées en 2011 contre 82 800 en 2010) et ce notamment grâce aux envois vers la Turquie qui sont passés de zéro en 2010 à 54 000 en 2011. Et les chiffres du premier semestre 2012 affichent des volumes en croissance (+ 20 000 têtes) par rapport au premier semestre 2011 pour les expéditions vers les pays tiers.
Sur l’Algérie et le Maroc, le marché est assez diversifié. On trouve des animaux de boucherie, des génisses reproductrices et des animaux d’engraissement. Les races françaises sur ces deux destinations ont une carte à jouer, en raison de leur implantation historique et des liens existants avec ces pays, d’autant plus que les pouvoirs publics souhaitent y développer l’élevage.

L’Algérie réfléchit à constituer un troupeau allaitant

En 2011, en Algérie, 97 % des bovins d’engraissement et de boucherie provenaient de France de même que 48 % d’animaux reproducteurs. « Un nouveau plan visant le renouveau agricole et rural a été mis en place, afin d’assurer la sécurité alimentaire. J’étudie la possibilité de mettre en place des cheptels allaitants en Algérie, type d’élevage inexistant dans ce pays. Le choix des races dépendra des ressources fourragères, mais les rustiques françaises semblent bien adaptées et y sont connues. L’objectif est de passer de 320 000 tonnes de viande rouge à 400 000 en 2014 (soit 11 kg de viande/habitant/an) », a rapporté Tarek Abdelmoumen, vétérinaire et gérant d’une entreprise algérienne d’importations d’animaux vivants et de matériel d’élevage, avant d’ajouter « j’importe des animaux français, principalement des génisses laitières et des broutards. La dernière hausse du prix du maigre (+ 0,4 € du kilo vif rendu) freine les importations, mais en ce moment, il existe peu d’alternatives (animaux uruguayens de qualité inférieure avec sanitaire médiocre). Actuellement en Algérie, le prix du kilo carcasse pour un taurillon avoisine les 6 euros. »
Les acheteurs attendent des garanties sanitaires et un accompagnement technique des pays exportateurs pour les animaux destinés à l’élevage allaitant, filière peu connue dans ces pays. « Ce sont des marchés qui restent toutefois compliqués, en raison des évolutions du taux de change ou des statuts sanitaires et où les politiques des États pèsent fortement », a fait remarqué Marie-Frédérique Parant-Charenton, chef du bureau des exportations pays-tiers à la Direction générale de l’alimentation.

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